Le cdH plaide pour une "régénération" économique

©JONAS LAMPENS

Bruxelles, la formation, la ruralité et la réindustrialisation du pays sont les grands perdants du plan de relance belge, déplore Maxime Prévot.

La messe est quasiment dite. Le gouvernement fédéral s'apprête à rendre sa copie définitive à la Commission européenne en vue d'obtenir les 5,925 milliards d'euros de subsides proposés pour amorcer la relance économique belge. On l'a écrit et réécrit, le secrétaire d'État Thomas Dermines (PS), pilote du dossier, a compilé et rationalisé toute une série de projets fédéraux, régionaux et communautaires pour constituer ce plan. L'opposition cdH salue, mais entend en dénoncer les faiblesses et propose de nouvelles lignes directrices pour la suite.

"Ce plan se présente comme une somme de projets alignés selon une vision micro alors qu'il nous fallait une approche macroéconomique structurelle, attaque Maxime Prévot, président du cdH. C'est un bon plan d'investissements mais un mauvais plan de relance." Exemple? "Bruxelles reste maltraitée. On aurait dû profiter de cette occasion pour rassembler les forces politiques sur la manière de désengorger la capitale." Pour peser dans le débat, le cdH compte sur l'expertise de Mathieu Perin, bourgmestre des Bons Villers. Au mot relance, le tandem préfère la notion de "régénération économique".

Où est la résilience ?

"Je ne vois pas non plus en quoi l'objectif de résilience est atteint", poursuit Maxime Prévot. "Si une nouvelle catastrophe sanitaire devait se produire, quelles sont les leçons tirées de la pandémie pour une gestion plus agile de la crise, des problèmes de santé mentale ? Par ailleurs, nulle part on ne voit de réelle ambition industrielle pour rendre notre pays moins dépendant de l'étranger."

"Une commune wallonne sur deux est en zone rurale et nous n'avons rien trouvé sur la ruralité dans le plan de relance."
Mathieu Perin
Bourgmestre des Bons Villers

Que faire? "Nos pôles pharma, biotech, aéronautique, chimique, sont des atouts. Pourquoi ne pas décider de faire de la Belgique le royaume de l'Intelligence artificielle ? On est en train de se faire dépasser", répond le cdH. Sur l'économie de la santé, les enjeux du vieillissement de la population, qui va "bousculer tous les marchés, de l'aide aux personnes à la domotique", le cdH mettrait également l'accent.

Mathieu Perin relève que la crainte des pénuries de main-d'œuvre mobilise peu ce plan de relance. "On doit investir plus d'argent dans les formations et dans les réformes du Forem ou d'Actiris", dit-il. Le bourgmestre des Bons Villers met aussi en exergue la nécessité d'investir davantage pour les campagnes : "Une commune wallonne sur deux est en zone rurale et nous n'avons rien trouvé sur la ruralité dans le plan de relance." Le cdH plaide donc pour aider ces communes à développer des services tels que la fibre optique, restaurer des services bancaires ou y assurer l'accès aux réseaux mobiles.

Le résumé

  • Le cdH essaie de donner de la voix dans le débat sur la relance alors que la Belgique doit rendre sa copie pour obtenir près de 6 milliards de subsides européens.
  • Depuis l'opposition, il salue le travail du secrétaire d'Etat Dermine mais déplore un manque de vision macroéconomique.
  • Les humanistes plaident pour une approche plus structurelle axée sur la réindustrialisation, la formation et la ruralité notamment.
  • Plus de 7 milliards supplémentaires doivent encore être investis d'ici la fin de la législature.

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