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Le cdH remonte dans le train fédéral

Paul Magnette, ce lundi, pour sa deuxième communication en tant qu’informateur royal. ©Tim Dirven

Paul Magnette a fait un premier tour de table et identifié quelques enjeux clé. Des constats sur lesquels dix partis se retrouvent, dit l’informateur royal. Le cdH montre des signes de changement de cap.

Comme annoncé par lui au début de sa royale mission d’information, Paul Magnette a reçu la presse ce lundi, jour de commémoration de l’armistice de 1918. Et cela pour afficher "un peu plus" d’optimisme que les deux ou trois chances sur dix qu’il se donnait de réussir juste après avoir été désigné par le Palais royal. Il a vu d’une part les informateurs que furent durant quatre mois Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, de l’autre les représentants des dix partis qui s’étaient dits disponibles pour entrer dans une nouvelle coalition fédérale. Recitons les: N-VA, PS, sp.a, MR, Open Vld, Ecolo, Groen, CD&V, cdH et DéFI. Que retenir de cette deuxième communication?

1. Le poids des familles

Paul Magnette insiste sur la notion de famille politique. Le cdH revient dans le jeu. Rouges, bleu et verts du nord et du sud se sont présentés à lui ensemble, a-t-il indiqué. L’informateur a également précisé qu’il continuerait prioritairement avec les 9 partis "qui n’ont pas exclu de participer à une majorité", son deuxième round de discussion. Dans la foulée de ces déclarations, il apparaissait que c’était DéFI, qui ne pèse que deux députés sur 150 à la Chambre, qui sortait du jeu. Une information démentie par le président du parti, Olivier Maingain. Brève maldonne.

Nous avons dit notre disponibilité pour une sortie de crise
Maxime Prévot
Président du cdH

Cette question dirige les projecteurs sur le cdH qui pour rappel, avait annoncé après sa défaite électorale, opter pour l’opposition à tous les niveaux de pouvoir. "Nous avons dit notre disponibilité pour favoriser une sortie de crise, a précisé Maxime Prévot, président du cdH sur Twitter. Notre rencontre avec l’Informateur royal fut constructive et nous poursuivrons donc les discussions avec lui dans les jours qui viennent." Côté cdH, on insiste, la méthode de Paul Magnette veut qu’on parle contenu avant de parler casting et coalition. Il n’empêche, la position du cdH semble s’ouvrir, confirme-t-on dans l’entourage de l’information. Il est loin d’exclure le pouvoir désormais, dit-on, alors que les déclarations récentes de Maxime Prévot vont plutôt dans le sens d’un soutien extérieur à des réformes jugées fondamentales.

Les humanistes, malgré leur poids relatif (cinq sièges) sont utiles pour convaincre éventuellement le CD&V de monter dans un gouvernement sans la N-VA. La réunion de la famille socio-chrétienne rend même non nécessaire la présence des libéraux flamands dans une coalition qui exclurait la N-VA. On sait l’Open Vld rétif à l’idée de monter sans les nationalistes. Pour rappel, une formule sans N-VA a les faveurs du parti de l’informateur, à savoir le PS, mais se heurte pour l’instant au "non" de l’Open Vld et du CD&V.

2. Des priorités communes

Des convergences sur les constats. Cette partie-là de la déclaration de Paul Magnette n’aura pas étonné grand monde. Quelques priorités sont présentées comme communes aux dix partis, au premier rang desquels on trouve la hausse du taux d’emploi. Il s’agit d’un objectif qui va dans le sens d’un meilleur financement de l’État et "à partir duquel l’horizon peut être élargi", insiste Paul Magnette.

La question du budget et des 11 milliards de déficit annoncé pour 2020 est au centre de l’information royale.
Paul Magnette

"Les recettes des partis pour y parvenir peuvent être différentes mais peuvent s’avérer plus complémentaires que contradictoires", estime-t-il. L’informateur a également cité la transition climatique, le soutien à la croissance, la lutte contre la pauvreté, la cohésion sociale, le refinancement de la justice ou encore la question de la migration. Il y voit des convergences qui avaient d’ailleurs été identifiées par Didier Reynders et Johan Vande Lanotte.

3. Le budget

La question du budget et des 11 milliards de déficit annoncé pour 2020 est au centre de l’information royale, assure Paul Magnette qui rencontrera cette semaine Pierre Moscovici (PS français), commissaire européen aux Affaires économiques, pour parler de l’évolution des règles européennes en la matière.

4. L'institutionnel

Paul Magnette n’a pas éludé la question institutionnelle qui traverse, selon lui, les discussions de manière transversale. Il n’y a donc apparemment pas de volet institutionnel proprement dit à son projet alors que la N-VA tente de remettre son confédéralisme dans le débat. Cette question est abordée "sereinement", assure Paul Magnette pour qui il est normal que la répartition des compétences entre les entités belges puisse "être évaluée".

L’informateur produira des notes qui seront présentées aux dix partis. Elles comprendront des données chiffrées et objectives, des objectifs et les moyens d’y parvenir, annonce-t-il. Son premier rapport au Roi est attendu le 18 novembre. L’informateur n’exclut pas que sa mission soit prolongée.

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