Le cdH restera sur la touche

Maxime Prévot, le président du cdH. "Aucun des trois partis francophones ne souhaite nous faire monter sur le terrain." ©BELGA

Souhaitée par le CD&V, la présence du cdH ne l’est pas du côté francophone, estime Maxime Prévot. Ce sera donc l'opposition au Fédéral, comme en Wallonie et à Bruxelles.

Pas mathématiquement indispensables et pas politiquement souhaités." Voilà comment Maxime Prévot, le président du cdH, résumait la situation de son parti ce vendredi, à l’issue des contacts qu’il a eus avec les sept autres partis prêts à négocier la formation d’un gouvernement fédéral.

Souhaitée par le CD&V (12 sièges à la Chambre), la présence du cdH (5 députés) ne l’est pas du côté francophone, a résumé le Namurois. "Aucun des trois partis francophones ne nous offre la garantie de pouvoir participer au gouvernement. Ils ne souhaitent pas nous faire monter sur le terrain. Le cdH ne peut raisonnablement pas s’impliquer dans la rédaction d’un accord de gouvernement dans lequel il ne serait pas représenté."

"Ils ne souhaitent pas nous faire monter sur le terrain."
Maxime Prévot - cdH
à propos des partis francophones PS-MR-Ecolo

Côté francophone, il aurait fallu attribuer un poste ou l’autre au cdH dans un gouvernement où il n’était pas nécessaire. Compliqué. Et côté flamand, si le CD&V a tenté de ramener le cdH dans le jeu pour modifier le rapport de forces, on imagine bien que la présence d’un quatrième parti du sud du pays ne plaisait pas outre mesure.

Enterrée, donc, l’idée de regrouper la famille chrétienne-humaniste, comme le sont dans ces pourparlers PS et sp.a (28 sièges), MR et Open Vld (26), Ecolo et Groen (21). Le cdH revient donc à la ligne qu’il s’était fixée après les élections: "se régénérer depuis les bancs de l’opposition" où le parti se voit comme "le principal parti francophone crédible".

"J’espère que cette fois-ci sera la bonne car nous avons tous collectivement besoin d’un gouvernement."
Maxime Prévot - cdH

Et Maxime Prévot de souhaiter "plein succès à cette tentative" gouvernementale. "J’espère que cette fois-ci sera la bonne, car nous avons tous collectivement besoin d’un gouvernement."

Au passage, le président du cdH pointe le côté "surprenant" de la désignation de deux préformateurs flamands, le libéral Egbert Lachaert et le socialiste Conner Rousseau. On se serait attendu à un duo NL-FR qui eût été "préférable", estime Maxime Prévot. "Ce n’est peut-être pas le reflet de la capacité d’influence de Messieurs Lachaert et Rousseau, mais plutôt de la capacité de nuisance d’autres." Les "tensions" entre présidents francophones n’auraient pas permis de confier le rôle à l’un d’eux... Serait-ce là la première saillie de l’opposant Prévot?

En attendant, le cdH se retrouve sur la touche au Fédéral tout comme à Bruxelles et à Namur. Quel peut être l’avenir de ce parti dont les résultats électoraux s’effritent régulièrement et dont le positionnement au centre ne facilitera pas la visibilité dans l’opposition? Le "renouveau" annoncé du cdH a un côté opération survie...

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