Le conciliateur retravaille sa note

Après avoir "dissipé les malentendus", Johan Vande Lanotte mettra le week-end à profit pour réécrire sa note en fonction des remarques des partis appelés à négocier une réforme de l'Etat.

La confiance règne autour de la table. Déjà que Johan Vande Lanotte a, paraît-il, "crypté" sa note pour limiter les fuites. Voilà maintenant qu’il a besoin d’une déclaration solennelle des quatre présidents flamands assurant qu’ils n’ont pas un agenda caché et qu’ils recherchent bien "une solution".

En cause: une interview  du ministre-président Kris Peeters (CD&V) au "Standaard", dans laquelle il démolit la proposition du conciliateur. Elle coûterait deux milliards à la Flandre, dit-il, et refinancerait Bruxelles, sans la moindre ébauche de garantie d’avoir une scission de BHV.

Il n’est pas plus tendre avec la méthode: le dépôt d’amendements par les uns et les autres va, tonne Peeters, conduire à "une cacophonie avec des vainqueurs et des perdants", plus qu’à une véritable négociation. Si l’homme le plus populaire du CD&V avait voulu lancer une campagne électorale, il ne s’y serait pas pris autrement...

D’où la clarification de Vande Lanotte et des quatre présidents de partis (Wouter Beke a déclaré que Peeters n’avait pas exprimé le point de vue du parti). Le conciliateur a confirmé que les entités fédérées devraient bien participer à l’assainissement budgétaire et qu’elles ne recevraient dès lors que 90% des moyens afférents aux compétences à transférer lors de la prochaine réforme de l’État. Le coût pour la Flandre serait d’un milliard, calcule le conciliateur.

Il précise aussi, plus à l’adresse de la N-VA cette fois, que l’autonomie fiscale sera bien conséquente puisque, dès 2012, la Flandre devrait être responsabilisée sur 44,3% de son budget. "Les malentendus sont donc dissipés", déclare Vande Lanotte dans un communiqué.

Un geste du PS

Dissipés, les malentendus, vraiment? Pas tant que cela puisqu’il fallut un second communiqué, émanant du PS cette fois, pour éviter que la N-VA ne claque la porte. Elio Di Rupo se dit prêt à "faire un geste supplémentaire". Et cela dans les matières chères aux nationalistes puisqu’il cite "un accroissement de l’autonomie fiscale des Régions". Le PS, qui redoute un appauvrissement des entités francophones et du Fédéral, est pourtant plutôt frileux sur le sujet.

Le Parti socialiste vient donc à la rescousse du conciliateur "pour garantir la stabilité" de la Belgique, pour éviter que "la persistance des incertitudes politiques ne fragilise notre pays". Les mises au point ayant été faites, les présidents des quatre partis flamands conviés à la négociation (N-VA, CD&V, sp.a et Groen) ont pu faire part de leurs remarques à Johan Vande Lanotte.

Celui-ci mettra le weekend à profit pour réécrire sa note en fonction des remarques (à ce stade, on ne parle pas encore "d’amendements") formulées par les sept partis.

Les discussions reprendront lundi, toujours par rôle linguistique. Le Conciliateur recevra d’abord les partis francophones.

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