"Le coût salarial pour l'emploi de personnes peu qualifiées reste trop élevé"

Steven Vanackere, vice-président du Conseil supérieur de l'emploi ©BELGA

Investir dans la formation et réduire les coûts salariaux en jouant sur la parafiscalité, voici deux clés pour favoriser la mise au travail des personnes peu diplômées.

Pour parvenir à un taux d'emploi minimum de 80% à l'horizon 2030, les autorités devraient concentrer leurs efforts sur les personnes peu diplômées. Voici le point de départ de l'analyse développée par le Conseil supérieur de l'emploi (CSE) dans son dernier rapport.

De quoi parle-t-on exactement? Aujourd'hui, 1,4 million de personnes disposent au plus d'un diplôme du secondaire inférieur en Belgique, soit environ 21% de la population en âge de travailler. Bien que ce pourcentage ne cesse de diminuer depuis les années 1990 et que la part des emplois peu qualifiés reste stable, le taux d'emploi de ce groupe recule.

1,4 million
Personnes
En Belgique, 1,4 million de personnes disposent au plus d'un diplôme du secondaire inférieur.

Une situation paradoxale qui s'explique principalement en raison de la concurrence accrue des travailleurs moyennement qualifiés. "Les employeurs privilégient les candidats les plus éduqués, même si leurs compétences ne sont a priori pas nécessaires. Ce phénomène d'éviction est renforcé par le coût élevé du travail qui, sans mesure de réduction de charge, limite les possibilités de création d'emplois peu qualifiés à faible productivité", analyse le vice-président du CSE, Steven Vanackere.

Formation tout au long de la vie

Ces constats posés, le Conseil avance une série de recommandations. Dans un premier temps, il préconise notamment d'accentuer la lutte contre le décrochage scolaire, grâce à une revalorisation des formations techniques et en alternance. Celles-ci offrent des débouchés bien plus larges que ceux de l'enseignement général à l'issue du secondaire, mais sont trop souvent vues comme des "filières de relégation", déplore le CSE.

Et après la sortie du système éducatif? Des possibilités d’enseignement de la seconde chance, de formations et de stages existent toujours, mais à peine 20% des peu diplômés y recourent. "Ce sont donc celles et ceux qui en ont le plus besoin qui en disposent le moins", note le ministre du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), qui promet des réformes sous cette législature.

20%
Des personnes peu diplômées
Seuls 20% des personnes peu diplômées participent à des formations continues.

Réduire les coûts salariaux pour les peu diplômés

Au-delà de la formation, le CSE prône d'agir sur les coûts salariaux. S'il reconnaît que l'écart entre le salaire net et le coût salarial total a diminué grâce au tax shift, il estime que des efforts restent nécessaires. "La parafiscalité offre un instrument d'action aux autorités, mais ce seront des choix difficiles", admet Vanackere. D'après l'ancien ministre, il vaudrait en tout cas mieux augmenter le revenu net en situation d'emploi, plutôt que réduire les allocations de chômage, dont les plus basses sont déjà inférieures au seuil de pauvreté.

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