Le danger à la Chambre? Un soutien entre extrêmes

Souvent isolé, le Vlaams Belang se serait trouvé un allié dans le PTB. Ensemble, les deux formations votent des propositions à la Chambre.

Alors que des majorités avec ou sans la N-VA naissent en fonction des dossiers, une alliance plus pernicieuse voit le jour entre PTB et Vlaams Belang.

Gouvernement minoritaire oblige, avec 38 sièges sur 150, MR, Open Vld et CD&V ne peuvent avancer seuls à la Chambre. En effet, "la majorité Wilmès est une minorité, il faut donc parfois aller chercher un soutien", souligne Benoît Piedboeuf (MR). "Alors, quand cela reste en ligne avec ce qui a été décidé sous Michel, on est pas mal soutenus par la N-VA", dit-il.

"La majorité Wilmès est une minorité, donc il faut parfois aller chercher un soutien ailleurs."
Benoît Piedboeuf
Chef de groupe MR à la Chambre

Mais cette vision est loin d'être partagée à gauche où Ecolo, par exemple, constate énormément de majorités se développer sans les nationalistes. "On voit au quotidien des votes se faire autour d'un arc-en-ciel élargi au CD&V", avance Gilles Vanden Burre (Ecolo). "Sauf sur les sujets éthiques où là, on est plutôt dans une configuration progressiste", alliant les Verts, les socialistes, les libéraux, "voire Défi et le PTB". De quoi se poser une question, dès lors, pour le député: "pourquoi ne pourrait-on pas voir naître cette coalition de manière plus structurelle", renvoyant à l'idée d'une éventuelle coalition Vivaldi pour le gouvernement fédéral. "CD&V, Open Vld, socialistes et écologistes votent très souvent ensemble. C'est un constat".

Alors, qui a raison? En réalité, le vote se fait le plus souvent au cas par cas, dossier par dossier, tranche-t-on dans le camp démocrate-chrétien.

Exemples concrets au coût certain

Par contre, là où une tendance de fond est identifiée à peu près partout, c'est autour des extrêmes. Qui se rapprochent. Et pour cause, "l'on constate souvent une alliance objective, même si non voulue, entre PTB et Vlaams Belang", dit-on au MR.

"L'on constate souvent une alliance objective, même si non voulue, entre PTB et Vlaams Belang."
Benoît Piedboeuf

Dernier exemple en date, un soutien de l'extrême-droite cette semaine à la proposition de résolution du PTB voulant augmenter de 30 millions d’euros le montant alloué annuellement au financement du Fonds Gaz et Électricité, ces aides octroyées par les CPAS aux ménages en difficulté de paiement de leurs factures énergétiques. "A part eux, tout le monde s'est abstenu ou a rejeté le texte. On voit la logique. Comme ils sont anti-système et savent très bien qu'ils ne seront pas au gouvernement, ils peuvent porter des textes juste pour plaire", martèle Benoît Piedboeuf. Sans se soucier du coût derrière.

1
milliard €
Près d'un milliard d'euros de dépenses nouvelles ont été décidées sur base des propositions avalisées par le Parlement depuis huit mois.

Ce fut déjà le cas sur le fonds blouses blanches, par exemple, où il est "clair qu'ils se sont parlés", tacle-t-on à gauche. Mais aussi sur les propositions de loi visant à ramener la TVA sur l'électricité à 6%. "A un moment donné, cela peut partir dans tous les sens". Au MR, on ajoute même: "on est aujourd'hui quasiment à un milliard de dépenses nouvelles suite aux propositions validées par le Parlement".

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