Le Ducroire a dû multiplier par dix ses indemnisations

L'an passé, les indemnités payées par l'assureur-crédit sont passées à 319 millions d'euros contre 28 millions à peine en 2008, un record. Les montants déboursés ont heureusement retrouvé des niveaux plus "normaux" au premier semestre de cette année.

Éloquente illustration de la crise économique: en un an, les indemnités payées par l’Office national du Ducroire sont passées de 28 à 319 millions d’euros. Il faut remonter vingt-cinq ans en arrière pour retrouver une telle ampleur de sinistres. "Historiquement, c’est vraiment énorme", lâche Dirk Terweduwe, le nouveau CEO de l’ONDD. Mais il souligne aussitôt "la forte amélioration" constatée au premier semestre 2010, où les indemnisations sont retombées à 46 millions d’euros.

Les principaux sinistres pour lesquels l’Office a payé ou provisionné l’an dernier sont localisés à Dubaï (avec des espoirs de récupérations), en Corée du sud (chantier naval) et en Russie (leasing de camions).

L’ONDD s’est aussi retrouvé face au phénomène plutôt inédit pour lui de faillites bancaires au Kazakhstan, en Ukraine ou en Arabie saoudite. Dans ces cas-là, on protège les dépôts des épargnants et on oublie parfois les créanciers étrangers… "Nous avons retenu la leçon et désormais nos analyses sont beaucoup plus sévères avec les banques, assure Terweduwe. Même si une banque est importante dans son pays, nous restons très vigilants."

Expertise pour l’ocde

Autre évolution importante en 2009: l’actualisation trimestrielle du risque commercial systémique des pays (auparavant seul le risque politique était suivi d’aussi près). Cela a conduit à fermer la couverture de certains pays (Ukraine, Islande et pays baltes) et à la restreindre pour d’autres (Russie, Roumanie, Hongrie, Mexique…), en raison de la récession et de la volatilité des taux de change.

La Grèce n’a pas été touchée car ses difficultés financières concernent surtout le secteur public.

Les analyses-pays de l’ONDD sont des informations très recherchées. Elles servent de base à la fixation du niveau minimal de primes (par pays) pour l’ensemble des assureurs-crédits publics de l’OCDE. 

Année déficitaire

L’ONDD sort de deux années consécutives avec un résultat d’exploitation négatif (-40 millions en 2009). "Qui pouvait imaginer le contraire dans une telle crise?, dit Dirk Terweduwe. Il ne faut pas s’inquiéter, nous avons les reins suffisamment solides pour résister."

Paradoxalement, la crise peut aussi avoir des effets bénéfiques pour le Ducroire. D’une part, vu la contraction du crédit bancaire, "on peut espérer que ceux qui finissent par atteindre le financement sont des bons projets", sourit le CEO. D’autre part, des exportateurs et des banques se sont tournés vers l’Office pour assurer leurs arrières. Le carnet de clients s’est donc étoffé.

Les montants assurés au cours de l’exercice s’élèvent à 19,2 milliards d’euros. C’est une baisse de 30% par rapport à 2008 mais cela reste en phase avec les années antérieures (le volume était de 12,3 milliards en 2005).

Les principales transactions assurées l’an dernier sont des travaux de dragage (Dubaï, Qatar, Ghana, Philippines, Cameroun…), des contrats de locations de bateaux, des livraisons de bus en Jamaïque et un contrat d’équipement de télécoms en Turquie.

Pour l’avenir, le Ducroire entend renforcer son attractivité auprès des PME, notamment avec son produit "forfaiting". Il s’agit de financements de 1 à 5 millions d’euros, qui visent à soulager une entreprise dont les contrats tardent à être honorés.

CDC

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