Le Fédéral met brutalement fin à un contrat de location de jets privés

©Photo News

Le gouvernement était prêt à débourser 124 millions d’euros en douze ans pour la location de deux avions de luxe.

Un mois après sa signature, le gouvernement a mis fin à un contrat portant sur la location d’avions privés destinés à transporter le Roi et les ministres. Le 10 septembre, le ministre de la Défense Didier Reynders (MR) avait décidé de louer deux avions de luxe auprès de la firme Abelag Aviation.

Ce contrat portait sur 124 millions d’euros, répartis sur 12 ans. Le Conseil des ministres avait donné son feu vert à la signature de ce contrat. Mais un des autres candidats, Flying Group, a immédiatement introduit une requête auprès du Conseil d’État, estimant que l’attribution du contrat était entachée d’irrégularités. L’affaire devait être présentée ce vendredi devant le Conseil d’État. Mais la Défense a entre-temps informé les autres parties qu’elle souhaitait annuler sa décision.

Motivations insuffisantes

Le cabinet de Reynders s’est refusé à tout commentaire sur ce qu’il adviendra du contrat. Il refuse de confirmer sa résiliation, même si cette information a été communiquée officiellement par le Conseil d’État. "Nous ne pouvons rien révéler à propos d’une procédure en cours", nous a-t-on répondu. Le cabinet reconnaît cependant qu’il est stipulé dans la procédure que la Défense n’aurait pas suffisamment motivé la raison pour laquelle elle avait attribué le contrat à Abelag.

Dans un communiqué diffusé après la publication de notre article, le ministère de la Défense explique ne pas avoir mis fin de manière brutale aux contrats de location en question, précisant qu'il a l'intention de "rédiger une nouvelle décision motivée d'attribution, plus détaillée", ce qui suspend une procédure de recours au Conseil d'Etat.

La Défense aurait omis de contrôler la fiabilité des compagnies aériennes candidates pour la fourniture des avions.

 Un des autres points d’achoppement – qui selon nos informations serait également repris dans la procédure devant le Conseil d’État – c’est que le gouvernement aurait donné son accord sur un prix anormalement bas. La Défense aurait également omis de contrôler la fiabilité des compagnies aériennes candidates pour la fourniture des avions, alors que cette vérification faisait partie des recommandations, pour des raisons de sécurité.

Bernard Van Milders, patron et propriétaire de Flying Group, s’est refusé à tout commentaire. Son concurrent Abelag Aviation a accepté de nous répondre: "Nous sommes certains que le dossier trouvera une issue favorable pour Abelag. Notre offre est considérée comme la meilleure et la plus avantageuse."

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