Le Fédéral suspendu au "oui" ou "non" de la N-VA

©Tim Dirven

La gageure des informateurs royaux: attirer la droite et la gauche en mettant la N-VA de côté sans trop de dommages collatéraux.

Les consultations se poursuivront jusqu’à ce mercredi. Il n’est pas exclu qu’un deuxième tour anime la fin de la semaine et le week-end prochain, avant la date du prochain rapport au Roi des informateurs chargés le 10 décembre de jeter les bases d’une formation gouvernementale. Georges-Louis Bouchez (président du MR) et Joachim Coens (président du CD&V) ont commencé à descendre dans l’entonnoir de leur mission royale. A leur suite, on compte toujours dix partis: la N-VA, les duos PS/sp.a, MR/Open Vld, CD&V/cdH, Ecolo/Groen et DéFI.

On l’a dit, leur sera présenté une note qui une fois amendée devra être suffisamment consensuelle pour rassembler un nombre suffisant de partis pour former une majorité. A l’évidence, la piste d’une base entre libéraux, socialistes et écologistes, associée au CD&V (arc-en-ciel élargi ou Vivaldi) semble la plus plausible. L’ambition des informateurs semble être de convaincre Open Vld et CD&V de mettre la N-VA dans l’opposition sans majorité en Flandre.

L’Open Vld se détend

Mais si tel est le plan, encore faudra-t-il que la N-VA sorte du jeu sans fragiliser davantage l’aile flamande de la future majorité. En fin stratège qu’elle est, elle ne le fera pas elle-même. En coulisse, on indique que si la note Bouchez/Coens s’écarte suffisamment de la note de Paul Magnette, informateur entre novembre et décembre, la N-VA n’aurait aucune difficulté à ne pas la mettre aux orties et rester ainsi dans le jeu en maintenant la pression sur l’Open Vld et le CD&V.

"Avec ou sans la N-VA, c’est aux informateurs de dire ce qui est possible ou pas."
Un libéral flamand

"Ce n’est pas si facile que cela pour la N-VA de s’engager dans une discussion", analyse toutefois un député flamand. Une fois dedans, ajoute-t-il en substance, il lui sera plus difficile de sortir sans endosser le mauvais rôle, celui du parti qui ne se montre pas constructif. Côté flamand, on pourrait vouloir mouiller une dernière fois les nationalistes.

Du côté de l’Open Vld, l’heure est plutôt à la détente. Ce mardi, De Standaard disait le parti plus ouvert qu’auparavant à l’option arc-en-ciel élargi sur base d’échos du bureau de parti réuni lundi. En fait, on sent plutôt chez les libéraux un relâchement de voir les présidents du MR et du CD&V reprendre la main et rédiger une nouvelle note qui n’ait plus rien à voir avec le travail de Paul Magnette. La note du président du PS avait crispé au Vld, singulièrement au sein du groupe à la Chambre, qui compte 12 députés.

Aujourd’hui, on précise au Vld qu’aucune option n’a jamais été écartée officiellement. "Avec ou sans la N-VA?, c’est aux informateurs de dire ce qui est possible et ce qui ne l’est pas", confesse un libéral flamand. Le parti veut se concentrer sur le contenu de l’information royale pour se positionner. On l’écrit depuis des semaines, pour convaincre les libéraux néerlandophones, il faudra des victoires symboliques bien ancrées à droite telles que l’accélération de la dégressivité des allocations de chômage ou leur limitation dans le temps. Ce ne sont que des exemples. Le tandem Bouchez/Coens va devoir contenter le Vld sans faire fuir le PS ou Ecolo, voilà l’exercice d’équilibristes qui occupera les informateurs au moins jusqu’au 13 janvier.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés