Le Fédéral trouve la formule pour les métiers pénibles

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La réforme des pensions, qui butait depuis plusieurs semaines sur les modalités de prise en compte des critères de pénibilité, a été approuvé par le gouvernement Michel. Les principes des nouvelles règles encadrant les départs à la retraite sont maintenant connus, reste à s'entendre avec les syndicats sur la liste des métiers dits "pénibles".

Le ministre en charge des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) devait faire avaliser par ses collègues du gouvernement sa proposition en vue de définir ce qu’est un métier "pénible" et donc les régimes qui disposeront d’exemptions et d’allégement à la règle de la pension à 67 ans. Le Liégeois s'est longtemps heurté au veto de la N-VA et l’Open Vld. Les deux partis flamands estimaient que le ministre est beaucoup trop large avec certaines catégories professionnelles.

Le ministre des Pensions est finalement parvenu à s'accorder avec ses partenaires de coalition sur un avant-projet de loi. Celui-ci prévoit que la reconnaissance de pénibilité permettra un départ anticipé à la retraite. Toutefois, le gouvernement Michel encourage les Belges à rester le plus longtemps au travail. Il est ainsi prévu que si le travailleur décide de continuer son activité, le paiement de sa  pension sera agrémenté d'un "bonus" de pénibilité.

Dans tous les cas, la fonction de pénibilité doit avoir été exercée pendant une période minimum de 5 à 10 années. Concrètement, le travailleur exerçant un métier pénible pourra partir à la retraite à partir de 60 ans. Il y aura trois niveaux de reconnaissance de pénibilité.

  

 Les syndicats auront leur mot à dire

Cet avant-projet de loi est soumis à la négociation syndicale. Le gouvernement fédéral a donc donné un mandat au ministre Bacquelaine (MR) pour ouvrir la concertation sociale. Le libéral se chargera de faire régulièrement le point avec le gouvernement

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Alors qui des militaires, des policiers, des enseignants ou encore des fonctionnaires aura droit au titre de "métier pénible"? La réponse sera tranchée "en concertation avec les partenaires sociaux", répond-on au cabinet Bacquelaine. Cette liste des métiers pénibles fera ensuite l'objet d'arrêtés royaux qui seront soumis pour approbation au Conseil des ministres.

L'avant-projet de loi concerne la fonction publique et sera transmis au comité A, qui associe les différents niveaux de pouvoir. Le gouvernement ne s'en tiendra toutefois pas là car il ouvrira également la concertation sociale pour les travailleurs du secteur privé et les indépendants.

Les libéraux francophones étaient prêts au compromis, mais la N-VA et l'Open VLD s’inquiétaient d'une trop longue liste des métiers pénibles qui aurait rendu la réforme des pensions impayable. La N-VA pointait ainsi du doigt la volonté de voir les enseignants repris dans la liste.

Inquiétude patronale

L'union flamande des indépendants (Unizo) s'est dite "déçue et inquiète" après cette annonce du Fédéral. "Le gouvernement veut mettre les secteurs public et privé sur un même pied d'égalité. Nous craignons que les professions dites pénibles soient nombreuses dans le secteur privé également, ce qui annulerait l'impact de la réforme des pensions, dont l'objectif est d'allonger le temps de travail", estime Caroline Deiteren, du service d'études de l'Unizo.

"Cet accord peut porter lourdement atteinte au secteur privé."
Hans Maertens
Patron du Voka

"Cet accord peut porter lourdement atteinte au secteur privé", abonde le patron du Voka (Union des entreprises flamandes), Hans Maertens. Tout comme l'Unizo, le Voka craint que la liste des fonctions pénibles soit trop généreuse. "Les critères permettant de définir la pénibilité d'une profession dans la fonction publique paraissent objectifs", mais selon Hans Maertens de "nombreux métiers seront concernés".

Pour la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), l'approche adoptée par le gouvernement est "fondamentalement mauvaise". "Alors que certains régimes préférentiels ont été supprimés (tels que les tantièmes préférentiels) dans la fonction publique, le gouvernement veut compenser cela par la mise en place d'un autre régime préférentiel - les fonctions pénibles - avec un effet d'entraînement sur le secteur privé", souligne-t-elle.

 Un accord a également été trouvé sur le Pacte énergétique.
> Lire notre article: Le Fédéral confirme la sortie du nucléaire pour 2025

Et le reste? Belfius suspendue à l’Europe

Le gouvernement Michel a également profité de ce vendredi pour valider les notifications budgétaires sous-tendant l’ajustement présenté le week-end dernier. De quoi être capable de transmettre rapidement à la Chambre les tableaux qui se faisaient attendre.

Pas de solution en vue par contre dans l’épineux dossier Arco, qui bloque l’entrée en Bourse partielle de Belfius. Et pour cause: Michel a présenté sa formule à la Commission européenne. Et attend à présent son verdict.


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