Le financement public apporte 25 fois plus que les cotisations des militants

L’analyse du bilan comptable des partis indique que les partis de droite et de gauche ne se comportent pas vraiment de la même manière, tant pour leurs recettes que pour leurs dépenses.

  •  Les recettes des partis. Les dotations publiques représentent 77% des revenus des partis. Ce seuil est largement dépassé pour le cdH et l’Open VLD (90%), ainsi que le Vlaams Belang (89%). Comme quoi, ce ne sont pas forcément les partis qui fustigent le plus l’État qui en profitent le moins… En valeur absolue, c’est le PS qui reçoit la plus forte dotation: 9,9 millions.

Notons que le FDF ne déclare pas de dotation. Il estime en revanche avoir droit à une partie de celle du MR. "Ce litige fait à l’heure actuelle l’objet d’une procédure judiciaire. Le total des créances contestées s’élève à 396.629,60 euros", lit-on dans le rapport du réviseur du FDF. Le parti d’Olivier Maingain était l’une des composantes du MR, avec lequel il formait un groupe politique dans les différents parlements. Il a rompu ce cartel en 2011, quand le MR a accepté l’accord sur la scission de BHV.
L’apport des militants est minime: 2,6 millions d’euros pour l’ensemble des partis, contre 64,95 millions provenant des dotations. Le parti financièrement le plus soutenu par ses militants est le PS (702.000 euros, soit 5% de ses recettes). À l’autre bout de l’échelle, on trouve le VB (20.000 euros, soit 0,33% des recettes).
Les mandataires versent généralement une partie de leurs émoluments à leur parti. Ici, ce sont les écologistes qui se singularisent: ces rétrocessions représentent 23% de leurs recettes (1,6 million). On trouve ensuite le PS, dont 15% des recettes viennent des mandataires (2 millions d’euros). Les élus libéraux rétribuent le moins leur parti. À peine 40.000 euros (1%) à l’Open VLD et 280.000 (3%) au MR.
Ces partis se rattrapent avec le fruit de la vente de publications et de l’organisation de festivités diverses. Là, l’Open VLD engrange 423.000 euros et le MR 254.000 euros, tandis que le PS se contente de… 391,5 euros! Notons les étonnants 382.000 euros gagnés par Ecolo, grâce à la vente des dossiers du centre d’études Etopia ou la participation aux Rencontres écologiques d’été.

  • Les dépenses des partis. Les partis sont loin de respecter les mêmes priorités dans leurs dépenses. À gauche, on opte pour le personnel, notamment dans les centres d’études des partis. Les frais de personnel représentent 43% des dépenses d’Ecolo, 41% au PS et 37% au cdH. Le CD & V et le MR suivent bien derrière avec respectivement 29 et 28% de leurs dépenses consacrées au personnel. On aura constaté, par ailleurs, que ce choix d’une expertise interne est avant tout posé par les partis francophones.

En bonne logique, les partis populistes, qui ont par nature moins besoin de cette expertise technique, limitent leurs dépenses de personnel. Elles représentent 13% du budget de la N-VA et 14% au VB.
Ces partis préfèrent investir dans la propagande, comme le montre le tableau ci-contre. Cela engloutit les deux tiers de leurs dépenses quand le PS, le parti qui a le plus de revenus, n’y consacre que 19% de son budget.

  •  La dette des partis. Au total, les partis belges ont une dette de 10,993 millions d’euros. Le plus endetté est le MR avec 4,5 millions d’euros; le moins endetté est la LDD avec 44.000 euros. Proportionnellement aux recettes, la dette des partis demeure raisonnable. L’exception est ici le MR, dont la dette représente 52% des ressources. Ce ratio indique un plus fort endettement des partis francophones: 25% pour le PS, 22% pour le cdH et 20% pour Ecolo. Les partis flamands ont un ratio situé entre 7% (N-VA) et 20% (CD & V). La LDD est, elle, à 3%.

Le FDF a un endettement de 100%. Il tombe cependant à 54%, si l’on considère que ce parti aura gain de cause dans son litige vers le MR quant à la répartition des dotations publiques.
Notons que les partis les plus endettés ne compensent pas par une trésorerie des plus solides: 302.000 euros pour le FDF et 3,9 millions pour le MR. Les partis socialistes et la N-VA sont ceux qui disposent des plus fortes réserves. Et comme le PS et la N-VA sont également ceux qui recevront les plus fortes dotations pour l’année 2013, l’écart devrait encore croître. Ils auront donc des moyens très conséquents pour l’importantissime campagne de 2014.

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