Le FMI veut une Belgique plus compétitive

Koen Geens, ministre des Finances (à gauche), et Elio Di Rupo, Premier ministre, en juillet 2013 (photo: Kristof Van Accom / Belga Photo) ©BELGA

Le Fonds monétaire international a publié ce mercredi un rapport actualisé sur l'économie belge. Le FMI salue les efforts budgétaires et les mesures destinées à combler l'écart salarial avec les pays voisins mais il estime que la Belgique a besoin de davantage de productivité et de flexibilité. Au point de vue des finances publiques, le FMI suggère de porter l'effort davantage sur les dépenses que sur les recettes.

Bien mais peut mieux faire. C'est, en gros, le bulletin que le Fonds monétaire international (FMI) vient de décerner à la Belgique. Dans un rapport d'environ 70 pages, l'organisation chargée de veiller à la stabilité financière mondiale salue les efforts entrepris ces deux dernières années mais souligne que de nombreux défis restent à relever.

Le FMI insiste particulièrement sur le redressement des finances publiques et l'amélioration de la compétitivité du pays.

"Avec une croissance prévue d'à peine plus d"un pour-cent en 2014, la reprise après la stagnation de 2012-2013 s'avère lente, comme dans la plupart de l'Europe", constate le rapport. "Des bilans privés sains et un couplage avec l'Allemagne ont réduit l'impact de la crise. Toutefois, malgré sa résistance, l'économie a perdu en compétitivité à cause de coûts du travail plus élevés et une croissance de la productivité plus faible que dans les pays de référence."

Sans grande surprise, le comité exécutif du FMI recommande "des mesures pour placer les finances publiques sur une assise durable, y compris en rendant les dépenses sociales plus efficaces, notamment en matière de pensions, en réduisant les rigidités du marché du travail et en préservant la stabilité financière".

Marché du travail

Le FMI reconnaît que l'Etat fédéral a entrepris des réformes importantes mais il estime que ce n'est pas suffisant. "Le gouvernement a pris des mesures pour combler l'écart salarial mais l'économie a aussi besoin de devenir plus productive et flexible" à travers des réformes plus profondes du marché du travail, indique-t-il.

Pour le FMI, le faible taux d'emploi pénalise la croissance. "Le gouvernement a réformé les prestations sociales pour accroître l'activation mais il y a de la marge pour réduire encore les pièges à l'emploi" et transférer des moyens vers une politique plus active du marché du travail, juge-t-il.

Le FMI considère qu'il y a un risque significatif, à moyen terme, de voir échouer des réformes structurelles destinées à résister aux pressions compétitives.

Secteur bancaire

L'organisation internationale attribue un bon point aux réformes dans le secteur bancaire: "Le désendettement a significativement réduit les risques du secteur financier et, bien que le lien entre l'Etat et les banques reste important, les expositions croisées sont en cours de dénouement." Mais, avertit-il, "la capacité des banques à maintenir un matelas de capital approprié en faisant face à une faible rentabilité demeure un risque. Le principal défi pour les banques est de passer d'un redressement des bilans à un ajustement de leur stratégie d'affaires, en faisant face à une faible rentabilité et des changements de la réglementation."

"Le bilan des banques a diminué, passant de 410% du PIB en 2008 à 268% mi-2013", constate encore le FMI. "Les ratios de solvabilité et de liquidité s'améliorent mais la rentabilité a été faible à cause de marges d'intérêt réduites et de coûts opérationnels élevés." Le Fonds souligne l'importance du projet de loi bancaire porté par le ministre des Finances, Koen Geens: "Le cardre de la supervision et de la réglementation s'est renforcé, surtout avec un nouveau projet de loi bancaire qui réduit les activités de marchés" et améliore le cadre relatif au redressement et à la mise en liquidation des banques, y compris en augmentant les amortisseurs financiers pour la protection des épargnants.

Finances publiques

Au point de vue des finances publiques, "en cours de rétablissement", estime le FMI, "un ajustement structurel de 1,1% du PIB a été accompli en 2012-2013 mais un autre, de 3,3%, est toujours requis pour atteindre l'objectif à moyen terme des autorités", souligne-t-il. "Un ajustement structurel progressif mais régulier de 0,75% par an vers cet objectif semble adéquat compte tenu des conditions cycliques actuelles. En même temps, l'effort devrait être redirigé de mesures sur les rentrées vers des mesures sur les dépenses."

Le FMI salue encore la meilleure coopération entre les Régions et le fédéral en matière fiscale. "La consolidation budgétaire reste un défi à cause de la structure fiscale complexe de la Belgique, mais la tâche a été facilité par un nouvel accord de partage des efforts qui clarifie les responsabilités des gouvernements régionaux et fédéral dans la consolidation", dit le rapport.

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