Publicité

Le G10 promet à Charles Michel de s'attaquer aux pénuries d'emploi

©BELGA

Fait rare, le Premier ministre et le ministre de l’Emploi ont convoqué les partenaires sociaux au Lambermont. Le gouvernement demande aux partenaires sociaux de l’aider à lutter contre les pénuries d’emplois.

"Jobs jobs jobs". Le slogan est réutilisable à l’infini. Et donc, le Premier ministre Charles Michel ne s’en est pas privé, lundi après-midi, en débriefant devant la presse la réunion qu’il a organisée avec les représentants patronaux et syndicaux réunis au sein du Groupe des Dix. Le thème du jour: la lutte contre les métiers en pénurie.

Les "jobs", il y en a. Beaucoup. 130.000 postes de travail ne trouvent pas candidat, malgré un taux de chômage qui reste élevé. Eurostat nous le rappelle encore ce lundi. Notre pays caracole en tête des statistiques de vacance d’emploi. Avec un taux qui a grimpé à 3,5% au 1er trimestre de cette année, on figure loin de la moyenne européenne, établie à 2,2%.

"Il faut veiller à ce qu’il y ait de la cohérence dans les décisions prises pour que les mesures ne s’annulent pas les unes les autres."
Charles Michel
Premier ministre (MR)

Cela valait donc bien la peine de convoquer le G10 dans les salons dorés du Lambermont. Cela n’arrive pas tous les jours. "Ce n’est pas très courant, concède sourire aux lèvres la patronne de la CSC, Marie-Hélène Ska à son arrivée à la résidence du Premier ministre. C’est peut-être cela le changement", dit-elle, en guise de pique envers ce gouvernement qui, aux yeux, des syndicats, a tendance à boycotter le dialogue social. 

C’est dire si l’heure est grave sur le front de l’emploi. "Il faut agir, et vite, explique Charles Michel. Sans attendre le prochain accord interprofessionnel qui devra se négocier cet automne." "L’AIP pourra aussi être un lieu où les partenaires sociaux pourront soutenir la lutte contre la pénurie, mais nous leur demandons d’y réfléchir dès maintenant."

On va tous s'y mettre

"Toutes les propositions qu’ils feront viendront alimenter les décisions à prendre", renchérit le ministre de l’Emploi Kris Peeters. "On va tous s’y mettre pour trouver des solutions et de bonnes idées", promet le président du Groupe des Dix, Bernard Gilliot, en guise de réponse aux ministres fédéraux.  

Aucune proposition concrète n’est donc encore sortie de ce premier contact entre le gouvernement et le G10. L’objectif premier de la réunion était de présenter aux partenaires sociaux le résultat du travail que le gouvernement fédéral et les entités fédérées ont mené au sein du comité de concertation."Il faut veiller à ce qu’il y ait de la cohérence dans les décisions prises pour que les mesures ne s’annulent pas les unes les autres", explique Charles Michel. 

La cohérence, c’est le maître-mot qui devra guider la politique de lutte contre les pénuries d’emploi. Car tous les niveaux de pouvoirs sont concernés. Lors du comité de concertation qui s’est tenu sur le sujet il y a deux semaines, les Régions étaient venues avec de premières pistes de solutions, comme un bonus financier pour les chômeurs qui se formeraient aux métiers en pénurie. Le patron de la FEB, Pieter Timmermans, avait lui aussi lancé un ballon d’essai en évoquant une allocation de chômage plus élevée pour la personne qui se réorienterait et suivrait une formation dans l’un des 40 métiers listés comme étant en manque de main-d’œuvre qualifiée. Pour l’UCM, Pierre-Frédéric Nyst insiste, lui, sur le soutien à la formation en alternance (école-entreprise). 

"Il y a pas mal de thèmes à approfondir, comme les incitants fiscaux, les moyens à mettre en œuvre pour améliorer les formations", confirme Kris Peeters. Tout le monde étant d’accord sur le principe, ne reste plus qu’à atterrir. 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés