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Le gouvernement De Croo n'en a pas fini avec le dossier Haouach

Après les éléments neufs du week-end, le Premier ministre Alexander De Croo et la secrétaire d'État Sarah Schlitz ont dû revenir s'expliquer à la Chambre ce lundi. ©BELGA

Alexander De Croo et Sarah Schlitz doivent revenir au Parlement pour poursuivre la discussion sur la démission d'Ihsane Haouach et la note de la Sûreté de l’État la concernant.

La démission d’Ihsane Haouach de son poste de commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes n’est pas liée à la note de la Sûreté de l’État, a affirmé lundi la secrétaire d’État Sarah Schlitz (Ecolo). Cette dernière est revenue s’expliquer avec le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) sur le dossier Haouach lundi matin, en commission Santé de la Chambre. Mais les deux membres du gouvernement ont dû quitter la séance à 13 heures 15, et il a été convenu que l’échange de vues avec les parlementaires se poursuivrait dans les prochains jours.

Un long feuilleton

Le mandat d’Ihsane Haouach se termine dans un contexte aussi agité qu’il avait commencé. Rappelez-vous, la commissaire du gouvernement s’était retrouvée sous les feux de la rampe pour son port du voile. Le MR y voyait, vu sa fonction, une contradiction totale au principe de neutralité de l’État.

Après avoir été interpelée au conseil d’administration par le représentant du MR Corentin de Salle, qui lui demandait de retirer son voile ou de quitter la salle, Ihsane Haouach, s’estimant agressée, a donné une longue interview au Soir. Une interview qui a jeté de l’huile sur le feu. Elle évoquait un débat qui avait un fond "sexiste et raciste", et surtout, elle s’y interrogeait sur la manière de décliner la séparation entre l’Église et l’État en fonction de l’évolution de la démographie. Pour ne rien arranger, des déclarations antérieures où elle expliquait que les musulmans devraient mieux s’organiser politiquement pour faire entendre leur voix sur le voile, l’abattage rituel ou le cours de religion ont également refait surface.

Jeudi dernier, Alexander De Croo et Sarah Schlitz avaient déjà dû s’expliquer en séance plénière de la Chambre. Et le Premier ministre avait adressé un carton jaune à Ihsane Haouach. "L’impartialité fait partie intégrante du rôle d’un commissaire du gouvernement. Il n’y a plus de marge pour de nouveaux incidents" avait-il déclaré. Sarah Schlitz ajoutait que la commissaire l’avait assurée qu’elle défendait les droits et libertés fondamentaux et qu’elle ne ferait plus de déclaration publique.

Vendredi, nouveau rebondissement: Ihsane Haouach a remis sa démission. Dans la foulée, on apprenait que le gouvernement était en possession d’informations venant de la Sûreté de l’État sur ses potentiels liens avec les Frères musulmans, considérés comme une organisation terroriste dans un certain nombre de pays.

De Croo et Schlitz pas au courant

De retour à la Chambre lundi matin, le Premier ministre est revenu sur les derniers événements, déclarant avoir été informé jeudi midi d’une note de la Sûreté de l’État sur la commissaire du gouvernement.

Le Premier ministre explique avoir été informé jeudi midi d'une note de la Sûreté de l'État, et n'avoir pris connaissance de son contenu qu'à 15 heures 15.

Il n'a pris connaissance de son contenu qu'à 15 heures 15, lors d'un contact avec le chef de la Sûreté de l'État, après avoir répondu aux questions en plénière.

Sarah Schlitz explique pour sa part que plusieurs messages l’attendaient à la sortie de la séance plénière pour l’informer de l’intention d’Ihsane Haouch de démissionner. Un geste motivé par les attaques personnelles incessantes dont elle se disait être la victime, et non par la note de la Sûreté de l’État, souligne la secrétaire d'État.

Le Premier ministre a alors eu un entretien avec le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, la secrétaire d'État Schlitz et le ministre dont elle relève, Georges Gilkinet. La secrétaire d'État a annoncé qu’elle allait prendre contact avec Ihsane Haouach. "Mais il ne m’appartenait pas de l’informer d’un document classifié" précise-t-elle. Et la lettre officielle de démission a suivi vendredi.

"J'appelle à la prudence par rapport aux extrapolations qui ont été tirées sur base de cette note, et dont certaines ont déjà été contredites."
Sarah Schlitz
Secrétaire d'État à l'Égalité des chances

Les deux membres du gouvernement ont refusé de dévoiler le contenu de la note, celle-ci étant classifiée. "J'appelle à la prudence par rapport aux extrapolations qui ont été tirées sur base de cette note, dont certaines ont déjà été contredites", a toutefois déclaré Sarah Schlitz devant les députés.

Mais le dossier n’est pas clos. Les deux membres du gouvernement vont devoir poursuivre la discussion avec les parlementaires. Le député André Flahaut (PS) réclame la réunion des commissions de suivi des comités P et R. Sarah Schlitz, si elle reste en place, va devoir désigner un nouveau commissaire du gouvernement à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Et la fracture entre le MR et Ecolo sur le sujet du voile islamique demeure, avec de part et d’autre suspicion d’arrière-pensées purement électoralistes. Plusieurs partis ont appelé à un débat de fond, et apaisé, sur la neutralité de l’État. On en est loin.

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