Le gouvernement doit économiser 5 milliards d'euros pour 2018

Sophie Wilmès et Charles Michel ©Photo News

Le Conseil Supérieur des Finances vient de publier son avis sur la trajectoire budgétaire en préparation du programme de stabilité 2017-2020. L'effort demandé est de 5 milliards d'euros. Si on reporte le retour à l'équilibre à 2019, l'effort ne serait que de 4,3 milliards.

D’après le Conseil supérieur des Finances (CSF), les différents gouvernements du pays devront trouver 5 milliards d’euros supplémentaires s’ils veulent atteindre l’équilibre structurel en 2018. L’avis du CSF sert de point de départ pour le gouvernement pour la confection du programme de stabilité qui doit être remis pour le 30 avril 2017 à la Commission européenne. Un exercice qui permet à l’exécutif européen de vérifier à quel rythme la Belgique mène son désendettement.

La plus grosse part de l’effort devra être réalisé par le gouvernement fédéral, tandis que les entités fédérées pourront se contenter de produire un effort nettement plus limité.

Et quand bien même le gouvernement parviendrait à boucher ce trou de 5 milliards, on n’est pas encore certain que le budget 2018 sera effectivement en équilibre. Cela dépendra de l’appréciation fournie par la Commission européenne. Celle-ci est traditionnellement plus pessimiste que le gouvernement Michel. Dans son dernier, rapport, la Commission chiffre le déficit structurel de la Belgique à 2% ou 8,6 milliards d’euros. C’est le double de l’estimation utilisée par le gouvernement.

Scénario alternatif

Le Conseil supérieur des Finances utilise également un scénario alternatif. Si le gouvernement opte pour un report d’un an, c’est-à-dire à 2019, du retour à l’équilibre, il pourra se contenter de réaliser un effort budgétaire de 4,3 milliards d’ici la fin de l’été.

Un tel scénario rendrait la tâche du gouvernement fédéral nettement moins ardue. Il n’est d’ailleurs pas exclu que l’Europe approuve la manœuvre. La Belgique doit en principe assainir chaque année son budget à hauteur de 0,6% du PIB, soit 2,6 milliards d’euros. Cela permet en principe de réduire la dette publique à un rythme satisfaisant.

Ceci étant, un report du retour à l’équilibre n’est pas idéal en termes d’image dans la mesure où il s’agit d’un objectif inscrit dans l’accord de gouvernement. De plus, il sera nettement plus difficile de réaliser de substantielles économies en 2018, l’année qui précède les élections.

Progrès

  

"Ces chiffres démontrent en tout cas que nous progressons dans l’assainissement des finances publiques. Il reste cependant encore du chemin à faire avant de renouer avec l’équilibre structurel. Le gouvernement se basera sur ces nouveaux chiffres pour aborder les travaux budgétaires de 2018."
Johan Van Overtveldt (N-VA)
ministre des Finances

"Cet avis confirme que l’objectif d’équilibre est un objectif ambitieux et qu’il faudra encore réaliser des efforts supplémentaires dans les prochaines années pour atteindre cet objectif", a pour sa part souligné la ministre du Budget Sophie Wilmès (MR).

Sécurité et asile

Elle relève toutefois des différences dans les estimations de l'effort entre celui-ci et le SPF Stratégie et Appui. "Cette différence de lecture concernant l'effort éventuel encore à réaliser en 2017 s'explique par le fait que la section Besoins de financement des pouvoirs publics se base sur les projections à moyen terme du Bureau du Plan qui ne tiennent pas compte de l'ensemble des rendements des mesures prises en 2017, ni de l'application de la clause de flexibilité pour les dépenses exceptionnelles de sécurité et d'asile. En outre, le Bureau du Plan n'a pas les mêmes chiffres de solde structurel pour 2015 et 2017, ce qui amène à une autre lecture des efforts déjà consentis durant cette période", souligne-t-elle.

Des groupes de travail techniques se réuniront dès la semaine prochaine. Ensuite, le gouvernement fédéral et les gouvernements des entités fédérées entameront les discussions relatives à la trajectoire du programme de stabilité et à sa répartition entre l'entité I (Etat fédéral et Sécu), l'entité II (Communautés, Régions) ainsi qu'au sein même de l'entité II. Un Comité de Concertation consacré à ce dossier se tiendra dans le courant du mois d'avril.

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