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Le gouvernement Michel pourrait couler le Belgica II

Après 30 ans de service, l’actuel Belgica connaît des pannes de plus en plus fréquentes, ce qui perturbe les recherches scientifiques qui y sont menées. ©Filip Van Loock

Le navire océanographique Belgica, en service depuis 30 ans, connaît de plus en plus de pannes. Mais le gouvernement Michel ne semble pas prêt à donner le feu vert au Belgica II.

Le A 692 Belgica vient d’atteindre les 30 ans, un âge vénérable pour un navire. Mais son remplacement par le Belgica II, que nombre de chercheurs espèrent depuis des années, semble menacé. L’accord de gouvernement affirme bien qu’"un navire de recherche est nécessaire", mais pour annoncer aussi vite qu’il va étudier la "possibilité de faire appel à un autre navire de recherche". Ce n’est que si cela s’avère impossible que les "différentes pistes pour le financement d’un navire seront examinées".

Le temps presse, pourtant, selon les scientifiques belges. "Le Belgica I est de plus en plus souvent en panne et pour les chercheurs qui devaient partir cette semaine-là, c’est une campagne qui tombe à l’eau", explique un de ses utilisateurs réguliers. Les réparations seraient en outre coûteuses, et même les pièces de rechange se feraient rares, vu l’âge du bateau…

200 jours en mer par an

"Nous avons besoin d’un remplaçant au Belgica I, qui passe 200 jours en mer chaque année, et qui est mis à disposition de tous les scientifiques belges", affirme Sigrid Maepe, responsable de la communication pour la mer du Nord à l’Institut des sciences naturelles. Un bateau qui devrait disposer d’un appareillage plus moderne, d’une plus grande autonomie et mesurer 65 à 70 mètres, contre un peu plus de 51 mètres pour le Belgica actuel. Dont coût: 55 millions d’euros. "Les domaines de recherche ont évolué. Il faut par exemple pouvoir se rendre à des endroits plus profonds, pour préparer l’extraction minière en eaux profondes", argumente Sigrid Maepe.

Les recherches aujourd’hui menées sur le navire fédéral de recherches sont très variées: quelque 300 chercheurs s’y succèdent chaque année, récoltant des données sur les processus biologiques, chimiques, physiques, géologiques ou hydrodynamiques. Ce navire contrôle aussi les zones d’extraction de sable en mer du Nord en collaboration avec le SPF Economie ou celles où sont implantées les éoliennes offshore.

Et la question de son avenir a déjà fait l’objet d’une étude de faisabilité, qui a conclu que le remplacement du Belgica était la meilleure solution — mais le gouvernement précédent avait décidé de laisser la décision à son successeur. "L’étude montrait que la modernisation serait assez coûteuse avec un risque technique élevé, que le navire ne répondrait que partiellement aux besoins des chercheurs, et cela ne durerait que dix ans", explique David Cox, responsable du programme de recherche en mer du Nord à Belspo, le SPP de la Politique scientifique fédérale – une administration que, pour rappel, le gouvernement a purement et simplement décider de supprimer.

Louer des navires?

Recourir à des navires existants ne serait pas non plus une solution. "Le navire flamand, le Simon Stevin, répond à de tout autres besoins. C’est un navire côtier, beaucoup plus petit, cantonné à la mer du Nord, tandis que le Belgica II pourrait non seulement mener des recherches en mer du Nord, mais aussi en Atlantique ou au nord de la Norvège", explique David Cox.

Et la location de navires existants dans d’autres pays poserait d’autres difficultés. "D’abord, ils n’ont pas énormément de temps disponible pour les chercheurs belges. Et ensuite, ce serait très coûteux: après 10 ans, la location revient plus cher que la construction d’un nouveau navire." Un fameux point d’interrogation, donc, pour tous les chercheurs du secteur.

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