Le gouvernement prendra l'AIP à bras-le-corps dès lundi

©BELGA

Le gouvernement se penchera sur la norme salariale à partir de lundi. Il s'agit de la conséquence de la rupture des négociations entre les partenaires sociaux. L'enjeu se concentre sur les primes au sein des entreprises qui ont tiré profit de la crise.

Le kern réuni ce vendredi a dû manié avec prudence la bâton de dynamite lancé par les socialistes flamands et francophones ce mercredi, avant les célébrations du 1er mai.

"S'il n'y a aucune marge sérieuse pour une augmentation salariale, il n'y en aura pas non plus pour les dividendes et les bonus des patrons", a estimé Conner Rousseau. Ce vendredi, alors que les membres du comité ministériel restreint se réunissaient à la résidence officielle du Premier ministre, le président du Parti Socialiste Paul Magnette déclarait sur Radio 1 que "si le gouvernement ne parvenait pas à un accord, ce serait la guerre sociale". "Ce n'est pas ce que nous voulons, nous souhaitons un accord", a-t-il ajouté.

Dans une interview au Nieuwsblad publiée ce vendredi, il a été encore plus incisif à l'égard de la FEB: "Sous l'exécutif précédent, c'était 'open bar', mais maintenant que nous sommes à nouveau dans le gouvernement, c'est 'game over' pour les employeurs."

"Le plus gros parti du gouvernement menace d'une 'guerre sociale' et fait culpabiliser les entrepreneurs qui créent nos jobs."
Bart De Wever
Président de la N-VA

La rhétorique belliqueuse des socialistes et les réactions courroucées du patronat ont incité la N-VA à sortir du bois ce vendredi. Le parti nationaliste s'en est directement pris au Premier ministre: "Le plus gros parti du gouvernement menace d'une 'guerre sociale' et fait culpabiliser les entrepreneurs qui créent nos jobs." "Le fait que le Premier ministre prétendument fédéral n'ose pas condamner cela en dit beaucoup sur cet exécutif fédéral", a tweeté Bart De Wever.

C'est dans cette atmosphère que les principaux ministres ont dressé un agenda éreintant ce samedi. Des dossiers aussi sensibles que le programme de stabilité, le plan de relance, les mécanismes de subsides pour les centrales à gaz ou les articles à réviser de la Constitution figuraient ainsi au menu. Tout comme les discussions relatives à la norme salariale, à la suite de la rupture des négociations entre employeurs et syndicats. Ceux-ci entendent poursuivre le dialogue relatif aux fins de carrières et au salaire minimum dans les prochains jours, mais pour ce qui concerne la norme, la patate chaude est renvoyée au gouvernement.

0,4%, le point de départ

Au cours de la conférence de presse donnée ce samedi, le Premier ministre a tâché de cacher un minimum ses cartes. Il a d'abord tenté de montrer que les échanges musclés par presse interposée entre les partis du gouvernement n'ont pas encore eu raison de l'atmosphère au sein de celui-ci. "Nous avons besoin d'un accord équilibré pour les travailleurs et les entreprises. Pour l'instant, nous sommes parvenus à garder la tête froide", a fait valoir Alexander De Croo?

Selon une source bien informée, l'objectif est toujours de maintenir l'augmentation salariale de 0,4% en sus de l'index, complété par des primes dans les entreprises qui ont continué de bien tourner pendant la crise.

Les négociations sur la norme salariale devraient reprendre dès ce lundi. Selon une source bien informée, l'objectif est toujours de maintenir l'augmentation salariale de 0,4% en sus de l'index, complété par des primes dans les entreprises qui ont continué de bien tourner pendant la crise.

Les tensions se cristallisent sur ce dernier point: quels critères conserver pour déterminer quelles sociétés peuvent fournir une prime supplémentaires? Quelle sera son montant? Ou encore, à quel niveau ces discussions doivent prendre place?

Pau Magnette a fait comprendre que des primes substantielles dans les entreprises qui ont performé pendant la pandémie accompagnée d'un rehaussement du salaire minimum seraient suffisantes pour son parti.

Pour les libéraux, l'offensive médiatique socialiste est surtout destinée à éviter que l'extrême gauche ne s'approprie le 1er mai. "Pas un seul mot n'a été prononcé sur les dividendes au cours du kern de vendredi", indique une source.

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