Le Groupe des dix promet de ne pas traîner

Le ministre de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne, espère voir les négociations repartir entre partenaires sociaux. ©Photo News

Les partenaires sociaux annoncent au gouvernement vouloir relancer la négociation sur l'AIP.

Les réunions vont s'enchainer à un rythme particulièrement soutenu, entend-on du côté des partenaires sociaux. Objectif? Trouver rapidement un terrain d'entente sur les quatre sujets qui doivent encore être tranchés dans le cadre de l'accord interprofessionnel (AIP): la révision à la hausse du salaire minimum, les fins de carrière, les heures supplémentaires et des éléments d'harmonisation entre statuts d'employé et d'ouvrier. L'information est couchée dans un courrier signé par le Groupe des dix et envoyé il y a peu au gouvernement.

En outre, le même courrier signé par patrons et syndicats, rejette en bloc les termes de la médiation proposée par le gouvernement fédéral concernant la norme salariale. À savoir une norme fixée à 0,4% au-delà de l'indexation et la possibilité d'une prime corona dans les secteurs et/ou les entreprises ayant profité de la crise. Syndicats et patronat confirment donc qu'ils ne trouveront pas d'accord entre eux là-dessus et qu'il n'est donc plus nécessaire de mobiliser la concertation sociale sur le sujet. Cette balle-là est donc définitivement dans le camp gouvernemental qui doit maintenant statuer.

Problème politique?

Ce faisant, les partenaires sociaux pourraient mettre le gouvernement dans l'embarras. En particulier le partenaire PS et son vice-Premier ministre et ministre de l'Economie et du Travail Pierre-Yves Dermagne. Les socialistes avaient en effet indiqué qu'ils ne marqueraient leur accord sur une norme à 0,4% et ces fameuses primes corona qu'à la condition qu'un accord intervienne sur le salaire minimum. L'un n'irait pas sans l'autre.

"On acte l'engagement des partenaires sociaux à négocier les quatre thèmes sur lesquels ils souhaitent avancer sans tarder."
Le cabinet de Pierre-Yves Dermagne
Ministre du Travail

Or ce courrier semble dissocier les deux dossiers même si le Groupe des dix promet un travail rapide. "Cela risque de créer un nouveau problème", glisse un proche du gouvernement. En d'autres termes, le veto du PS empêchera-t-il le gouvernement De Croo de trancher sur la norme salariale avant que les partenaires n'accouchent sur le salaire minimum? Quelles garanties peut-il obtenir alors que le dialogue social est tendu comme rarement? Le cas échéant comment lier les deux dossiers?

Lundi soir, le Conseil des ministres restreint se contentera d'acter la réception du courrier, réagissait le cabinet de Pierre-Yves Dermagne. "Côté PS, on acte donc l'engagement des partenaires sociaux à négocier les quatre thèmes sur lesquels ils souhaitent avancer sans tarder. Dont la question du relèvement du salaire minimum qui est pour nous capital", ajoute son porte-parole.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés