Le kern recadre le MR

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Les partenaires de la Vivaldi expriment leur ras-le-bol vis-à-vis des commentaires de Georges-Louis Bouchez. Au ministre Clarinval de passer le message.

Les partis de la Vivaldi en ont marre et l'ont fait savoir jeudi matin lors d'un nouveau conseil des ministres restreints. Un "ça suffit" directement adressé au MR. Pour rappel, dans la foulée du comité de concertation qui a débouché sur un durcissement des mesures de lutte contre la covid, le président du MR a réagi en évoquant un "triple échec".

Georges-Louis Bouchez s'en expliquait encore plus longuement jeudi matin dans les journaux du groupe Sudpresse en s'attaquant directement aux mesures décidées par le Codeco. "On nous explique que le problème est dans les écoles et le télétravail qui n'est pas suffisamment respecté et on ferme les métiers de contact et les commerces non essentiels (...) on aurait pu faire autrement", tranche-t-il.

Ces nouvelles déclarations sont très mal passées au sein de la majorité dont les décisions perdent en crédibilité, offrant des angles d'attaque à l'opposition. Au PS surtout. Ce qui a poussé le Premier ministre à sortir de ses gonds. Il a mis le sujet à l'ordre du jour du kern jeudi matin. Après un tour de table sur les déclarations de Georges-Louis Bouchez, l'exécutif a chargé le ministre David Clarinval, qui remplaçait la vice-Première ministre MR Sophie Wilmès, de passer le message à son président.

En off, les partenaires montent dans les tours. "Le MR est sans doute le parti qui envoie le plus de monde à la table du Codeco, ce sont des personnes responsables pas des poupées de cire, glisse un proche du gouvernement. En réunion, ils ne bronchent pas, acceptent tout et une fois les décisions prises, un dragon les attaque de l'extérieur." Au MR, on assure au contraire batailler ferme pour les indépendants.

"Une pandémie ne tolère pas les jeux politiques."
Alexander De Croo
Premier ministre

La stratégie du MR est claire depuis plusieurs jours: surfer sur le mécontentement dans un jeu de "participopposition" quitte à miner la crédibilité des décisions prises. Une stratégie qui fait des dégâts, y compris pour les ministres MR. "Au final, c'est sur De Croo, Wilmès et Jeholet que cela retombe", entend-on dans les rangs gouvernementaux.

Base électorale frustrée

À décharge, rappelons que les décisions de la semaine impactent surtout les milieux traditionnellement proches du MR. On est au cœur de l'électorat libéral. Au sein des secteurs concernés, certains témoignent d'ailleurs d'une frustration grandissante à l'égard d'un discours MR en contradiction avec les décisions concrètes qui sont négociées par ses ministres.

Jeudi, malgré le sommet européen, Alexander De Croo a tenu à venir s'expliquer à la Chambre, appelant à la solidarité des partenaires du Codeco. "Une pandémie ne tolère pas les jeux politiques", a-t-il notamment lancé.

Georges-Louis Bouchez: "Le rôle d'un parti n'est pas d'être le porte-parole du gouvernement"

"Le rôle d'un parti n'"est pas d'être le porte-parole d'u gouvernement", s'est défendu jeudi soir le président du MR, Georges-Louis Bouchez, dans l'émission de la RTBF "Jeudi en prime". "Nous sommes solidaires du gouvernement mais il est logique que nous gardions notre ligne propre. Et il est important de distinguer la fonction d'un ministre qui doit être dans le compromis et la position du président de parti qui représente la position idéale", a-t-il ajouté en se disant par ailleurs "extrêmement loyal mais aussi très attaché à la liberté d'expression".

"Je fais de la politique pour faire passer des convictions. Dans une démocratie, on a le droit de s'exprimer sans craindre des sanctions", a poursuivi le président du MR dont un tweet, mercredi, à l'issue du Comité de concertation, a suscité de vives critiques au sein de la coalition Vivaldi. "Ce nouveau #lockdown est bien évidemment un triple échec. Il est aussi regrettable que le fardeau pèse essentiellement sur la Belgique qui travaille", avait-il ainsi écrit sur le réseau social.

"Nous avons besoin de dignité et d'empathie en tant que responsable politique. Je me sens responsable à titre personnel. Si l'on ne nomme pas les choses, on ne peut pas les changer", a défendu ce jeudi M. Bouchez. "Ce qui m'indigne, c'est qu'alors que demain, des milliers de personnes vont devoir fermer, on parle pendant des heures du tweet de Georges-Louis Bouchez", a-t-il encore déclaré. Or, "ce qui intéresse les gens, c'est comment on sortira de la crise, quand ils seront vaccinés, plutôt que cette bagarre politique".

Enfin, interrogé sur la réouverture de l'horeca le 1er mai, "je reste confiant et optimiste. Nous ferons tout pour que cet objectif soit tenu", a conclu le président du MR.

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