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Le MR fourbit ses armes en vue de la réforme des pensions

Georges-Louis Bouchez plaide, à terme, pour un statut unique en matière de pensions. ©BELGA

Le MR veut que la pénibilité des métiers soit à nouveau sur la table lors de la réforme des pensions. Et si les partenaires sociaux ne s'entendent pas, le politique devra imposer, estime Bouchez.

Annoncée pour septembre dans l'accord de gouvernement, la future proposition de la ministre Lalieux (PS) sur la réforme des pensions agite déjà le landerneau politique. En début de semaine, Open VLD et CD&V ont marqué leur territoire en traçant certaines lignes rouges. Georges-Louis Bouchez, le président du MR, a également quelques idées à partager, n'en déplaise aux ministres socialistes de la Vivaldi.

Premier constat, son parti adhère sans réserve à ce que préconise l'Open VLD, soit une condition de travail effectif de 20 ans et une carrière d'au moins 30 ans, avec les périodes assimilées, pour accéder à la pension minimum.

"Si vous êtes indépendant et que vous avez travaillé 29 ans, vous avez une pension plus faible qu'un demandeur d'emploi qui l'est resté pendant 30 ans. On doit accepter qu'il y ait un problème et s'y attaquer."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

"C'est en fait une proposition MR. Il s'agit d'un volet de la réforme que nous avons entrepris lors de la législature précédente, mais que nous n'avons pas pu mener à son terme", explique-t-il. "Aujourd'hui, si vous êtes indépendant et que vous avez travaillé 29 ans, vous avez une pension plus faible qu'un demandeur d'emploi qui l'est resté pendant 30 ans. On doit accepter qu'il y ait un problème et s'y attaquer. C'est d'ailleurs prévu par l'accord de gouvernement", poursuit Bouchez.

Une formulation vague

Si la bible de la Vivaldi prévoit en effet d'aborder ce point, elle ne se montre pas particulièrement précise. "Outre une durée de carrière minimale pour
la pension minimum de 30 ans, une condition d’emploi effectif d’une
taille encore à déterminer ou une mesure équivalente sera introduite
", peut-on y lire. Une formulation vague qui promet un intense débat, d'autant que le PS a déjà qualifié la proposition libérale de provocation.

Pas de quoi inquiéter Bouchez, lequel invite ceux qui ne veulent pas d'une telle mesure à suggérer des alternatives. Quand on objecte qu'une condition de travail effective trop élevée pourrait nuire aux femmes et à certains publics précarisés, sa réponse fuse: "Ce raisonnement repose sur le fait que la précarité et les difficultés d'insertion sur le marché du travail seraient des fatalités insurmontables. Il ne faut pas s'attaquer à cela via la réforme des pensions, mais bien via celle du marché de l'emploi, pour laquelle le PS est d'ailleurs aussi à la manœuvre". Vous l'avez compris, le libéral attend de pied ferme les propositions des socialistes sur ces deux chantiers majeurs, qu'il juge indissociables.

Sur les pensions, il rappelle en outre que son parti s'opposera à toute modification du régime fiscal des deuxième et troisième piliers. "C'est un non absolu. L'accord de gouvernement stipule qu'on n'augmentera pas la fiscalité pour ceux qui travaillent, épargnent et investissent. Si Mme Lalieux a vraiment pour projet de faire cela, elle ferait mieux de relire au préalable cet accord", lance-t-il.

Mécanisme de pénibilité

D'accord, pas touche à la fiscalité des pensions complémentaires et de l'épargne-pension pour le MR.

"À terme, il faudra abroger tous les régimes spéciaux et arriver à un mécanisme de pénibilité."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Passons à autre chose: le régime des fonctionnaires, plus favorable, doit-il encore être réformé? "La seule issue, c'est de tendre vers une convergence des statuts. À terme, il faudra abroger tous les régimes spéciaux et arriver à un mécanisme de pénibilité. Un chauffeur qu'il travaille pour un privé, en tant qu'indépendant ou pour le TEC devrait pouvoir prendre sa pension, éventuellement plus tôt sans perte de revenus, en fonction de critères basés sur le métier et non le statut", illustre-t-il.

Daniel Bacquelaine a toutefois échoué à mettre cela en œuvre sous la législature précédente, lui rappelle-t-on.

"Je pense que tout le monde s'accorde désormais sur le fait que le système est injuste et intenable sur le plan financier."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

"Je pense que tout le monde s'accorde désormais sur le fait que le système est injuste et intenable sur le plan financier, ce qui devrait amener chacun a plus de raison. Par ailleurs, si la négociation avec les partenaires sociaux devait à nouveau être impossible, il faudra que le politique prenne ses responsabilités et impose quelque chose", conclut-il.

Le résumé

  • Comme l'Open VLD, le MR estime qu'il faut avoir travaillé au moins 20 ans et avoir 30 ans de carrière pour accéder à la pension minimum.
  • Son président Georges-Louis Bouchez plaide en outre pour une convergence des statuts à terme.
  • Afin d'y parvenir, il estime qu'il faut remettre la question de la pénibilité des métiers sur la table.

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