Le MR place le budget 2019 avant le vote de confiance

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Pour le libéral Georges-Louis Bouchez, pas question de plier, "l'opposition n'a qu'à aller au bout de sa logique et déposer un motion de méfiance". Il importe avant tout de mettre le pays sur les rails en 2019.

Pour l'heure, Charles Michel n'a apparemment pas l'intention de se plier à la résolution votée hier conjointement par l'opposition, N-VA comprise, et de demander la confiance du parlement. "On reste sur notre ligne", confiait ce jeudi matin à L'Echo Georges-Louis Bouchez, délégué général du MR, malgré la large majorité qui s'est dessinée hier la Chambre pour une déclaration de politique générale assortie d'un vote de confiance. "L'opposition n'a qu'à aller au bout de sa logique et déposer un motion de méfiance", ajoute-t-il.

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Pour le MR, "il importe avant tout de mettre le pays sur les rails en 2019". Dans cette optique, la question de la confiance ou de la méfiance est toute relative avant le vote du budget 2019 qui doit intervenir la semaine prochaine en séance plénière. Cette étape "donne une feuille de route au gouvernement et chacun devra prendre ses responsabilités", dit-il, singulièrement à l'adresse de la N-VA. Rappel, celle-ci a voté le budget en commission, mais semble vouloir conditionner son soutien en plénière à des garanties quant à d'autres réformes, notamment celles qui sont contenues dans le Jobs Deal. Elle s'appuie sur des déclarations du CD&V et de l'Open Vld qui ont ouvert la porte à de nouvelles inflexions dans la politique gouvernementale. 

Menace sur les minimas sociaux

"À tous ceux qui veulent jouer à paralyser ce gouvernement, qui veulent les affaires courantes ou des élections, je dis que si le budget n'est pas voté, ce sera les 12e provisoires et on ne pourra pas engager des politiques favorables à la population pendant de longs mois, poursuit Georges-Louis Bouchez. En résumé, on ne pourra pas engager de policiers supplémentaires, on ne pourra pas toucher à l'enveloppe bien-être qui est négociée entre partenaires sociaux et doit permettre de relever les minimas sociaux, il en va de même pour la marge salariale."

"À tous ceux qui veulent jouer à paralyser ce gouvernement, qui veulent les affaires courantes ou des élections, je dis que si le budget n'est pas voté, ce sera les 12e provisoires et on ne pourra pas engager des politiques favorables à la population pendant de longs mois."
Georges-Louis Bouchez (MR)


Rappelons que du côté de l'opposition, il y a un consensus pour obtenir un vote de confiance avec pour objectif, au PS, de mettre le gouvernement en affaires courantes et bloquer la politique "droitière" incarnée par l'exécutif Michel. Elle rechigne à déposer une motion de méfiance, car il y a de fortes chances qu'elle n'aboutisse pas faute du soutien des 31 députés N-VA. Si les nationalistes demandent un vote de confiance avec le reste de l'opposition, on n'a pas pour autant la certitude qu'elle soutiendrait une motion de méfiance. 

"À titre personnel, j'estime que Charle Michel n' a pas à demander la confiance", dit encore Georges-Louis Bouchez. Pour lui, une motion de méfiance simple - c'est à dire sans proposition de majorité alternative avec un nouveau Premier ministre -, si elle est votée à la majorité absolue, conduit à des élections anticipées. Ce qui n'est pas aussi évident que cela puisque même après pareil épisode, la décision de dissoudre le parlement et de conduire les Belges aux urnes incombe au Roi sur instruction du Premier ministre. 

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