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Le MR propose de décharger les syndicats du paiement du chômage

©BELGA

Le président du MR Georges-Louis Bouchez souhaite transférer à la Capac les sommes que perçoivent les syndicats pour verser les allocations de chômage.

C'est la foire aux idées en ce moment au sein de la Vivaldi. Les cabinets fédéraux turbinent non seulement pour préparer la négociation budgétaire qui doit entrer dans le dur après l'assemblée générale de l'ONU, mais également pour jeter les bases d'un plan de redéploiement économique post-covid. L'ensemble doit donner une feuille de route cohérente au Premier ministre d'ici son discours sur l'état de l'union prévu à la Chambre le 12 octobre.

C'est dans ce contexte que droite et gauche gouvernementales se livrent une guerre de com' qui donne à l'action fédérale un air de cacophonie. Après les anicroches sur les pensions, les économies budgétaires à réaliser, sur la réforme du marché du travail et la solidarité envers la Wallonie sinistrée, un autre sujet qui fâche s'invite à la table d'Alexander De Croo et consorts.

Les capacités de la Capac renforcées

Le MR vient de déposer une proposition visant à soustraire aux trois syndicats une mission qui leur a été confiée au temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître: effectuer pour le compte de l'État le versement des allocations de chômage. Outre les montants des allocations proprement dites, FGTB, CSC et CGSLB reçoivent bien sûr de quoi couvrir les coûts administratifs de cette mission. On parle, pour 2020, de 79,5 millions pour les rouges, 75,2 millions pour les verts et 17 millions pour les bleus.

"Aujourd'hui cette mission incite plus les syndicats à maintenir quelqu'un au chômage qu'à le mettre au travail."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Le MR entend transférer ces sommes à la Capac, l'organisme public qui offre ce service aux chômeurs non syndiqués, a appris L'Écho. Au passage, les capacités de la Capac s'en trouveraient renforcées. Les libéraux francophones y voient une réforme structurelle à inscrire dans la refonte du marché du travail et la relance des entreprises par le gouvernement.

Georges-Louis Bouchez, président des réformateurs, confirme et défend la position. "Les syndicats n'auraient plus à manipuler tant d'argent public et l'État reprendrait la main sur l'ensemble des frais liés à cette mission, dit-il. Aujourd'hui, celle-ci incite plus les syndicats à maintenir quelqu'un au chômage qu'à le mettre au travail." Dernière vertu de la réforme avancée par le Montois: "Cela permettrait aussi d'assainir les relations entre les partenaires sociaux."

"Une provocation libérale'

Après l'idée de sanctionner les demandeurs d'emploi de longue durée refusant par deux fois un job ou une formation dans les métiers en pénurie, cette nouvelle charge libérale est perçue comme "une provocation" dans les rangs de la Vivaldi.

Dès 2015, la N-VA avait entamé les hostilités en proposant exactement la même mesure, sans jamais parvenir à l'imposer.

Rappelons que le front commun organise des actions à l'échelle nationale ce vendredi pour réclamer une réforme de la loi de 96 sur les salaires. D'autres vivaldiens s'émeuvent moins, évoquant une première phase de négociation "où tout le monde vient comme s'il gouvernait tout seul", dit un ténor. "Chacun peut mettre ses propres horreurs sur la table", dédramatise-t-on à gauche. Pas moins de 350 fiches circuleraient.

Déjà sous la "suédoise"

La démarche n'en est pas moins agressive vis-à-vis de la gauche. Les organisations syndicales trouvent, en effet, un intérêt dans cette mission: attirer et fidéliser des affiliés. Renvoyer tous ces allocataires vers la Capac n'aurait pas d'autre effet que d'affaiblir leur assise sociale.

Sur un plan plus symbolique, l'initiative MR rappelle les conflits d'il n'y a pas si longtemps, ceux de la suédoise. Dès 2015, la N-VA avait entamé les hostilités en proposant exactement la même mesure, sans jamais parvenir à l'imposer. Le gouvernement Michel avait réduit les budgets alloués aux trois syndicats pour assurer le paiement du chômage. Ceux-ci réclament aujourd'hui plus de moyens pour un service qui, disent-ils, leur coûte plus qu'il ne leur rapporte.

Le résumé

  • Les partis de la Vivaldi y vont de leurs propositions socio-économiques.
  • Pour le MR, les syndicats ne doivent plus assurer le versement des allocations de chômage.
  • Les trois syndicats perçoivent environ 170 millions d'euros par an pour couvrir leurs frais administratifs.
  • Ils tiennent à cette prérogative et estiment être mal rémunérés pour assurer ce service.

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