Le Musée de Tervuren fait peau neuve

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La rénovation du Musée royal d’Afrique centrale est terminée. Il attend à présent le retour des collections et rouvrira ses portes au public le 8 décembre prochain.

Edifié en 1898 à la gloire de la "mission civilisatrice" de la Belgique au Congo, le Musée de Tervuren sera dorénavant "un espace de dialogue sur un pied d’égalité entre Européens et Africains". C’est ce qu’a indiqué la secrétaire d’Etat Zuhal Demir (N-VA) qui, flanquée des responsables de la Régie des Bâtiments, a reçu ce jeudi les clés du majestueux bâtiment complètement rénové.

Il ne reste plus qu’à y installer les inestimables collections rangées dans les caves du musée ou prêtées à d’autres musées. Ce sera chose faite pour le 8 décembre prochain, date de l’ouverture officielle du musée pour le grand public.

Cette date marquera l’aboutissement d’un processus entamé en 2006, lorsque le gouvernement fédéral a donné son feu vert à un projet de rénovation entamé en octobre 2013. Le chantier, qui devait être terminé pour juin 2017, a été finalisé avec un an de retard. L’enveloppe budgétaire de 66,5 millions d’euros a par contre été respectée.

On attend 200.000 visiteurs par an en rythme de croisière contre 130.000 avant la rénovation

Pavillon en verre

Vu de l’extérieur, la grande nouveauté, c’est le pavillon d’accueil en verre où sont logés billetterie, boutique, cafétéria et espaces de conférences, dont un impressionnant amphithéâtre situé au moins deux. Ce dernier est relié aux caves du musée par une galerie souterraine longue d’une centaine de mètres qui accueillera des expositions temporaires.

L’ensemble de la transformation a été pensée par l’architecte Stéphane Beel et les travaux ont été exécutés par l’entrepreneur Denys, qui réalise d’ailleurs 30% de son chiffre d’affaires sur le continent africain, principalement dans l’épuration de l’eau.

L’installation du nouveau pavillon a nécessité l’abattage de plusieurs dizaines d’arbres du parc, à l’exception d’un imposant séquoia situé entre le musée et le pavillon.

Dans le musée, on peut d’ores et déjà admirer des fresques murales, superbement restaurées, qui représentent des paysages d’Afrique ainsi que des immenses cartes du début de l’ère coloniale.

La phase muséale peut à présent débuter avec l’installation des collections ainsi qu’une présentation remaniée en profondeur. Fini le paternalisme et la glorification de l’œuvre de Léopold II. Place à une approche critique de l’ère coloniale, a promis le directeur du Musée, Guido Gryseels. Et il n’aura pas le droit à l’erreur car il est attendu au tournant par des associations et représentants de la diaspora congolaise qui militent activement ces derniers temps contre tout ce qui a trait à l’héritage de Léopold II. Certains vont même jusqu’à exiger que les collections du Musée de Tervuren soient rendues au Congo.

Pas de parking

D’ici au 8 décembre, il s’agira également de régler le problème du parking, actuellement inexistant. L’idée première était d’aménager un parking souterrain, avant que l’Inspection des Finances, jugeant la facture trop élevée (15 millions d’euros), ne mette son veto. Un parking provisoire de 220 places devrait être installé pendant 4 ans à proximité, près de la statue de l’éléphant blanc, au grand déplaisir des riverains, qui redoutent que le parking ne devienne définitif. Or dans l’état actuel, c’est le terminus du tram 44 qui est pressenti pour accueillir le parking définitif. Problème: le terrain du terminus appartient à la SNCB et il est sur la commune de Wezembeek, qui d’après les autorités communales de Tervuren, ne montre pas d’empressement à faire avancer le dossier.

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