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Le niveau scolaire des jeunes francophones s'améliore

©Photo News

La Belgique se distingue dans l'étude Pisa, avec une 8e place. La Communauté française a amélioré ses performances en matière de lecture. Mais pas en maths, ni en sciences…

En 2000, la Communauté française, confrontée pour la première fois à une évaluation externe de son enseignement par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avait reçu une gifle. Les performances de nos élèves en lecture, comparées à celles de la Flandre, et des autres pays, étaient catastrophiques. Situés en 24e position avec 476 points, nous étions plus proches des résultats du Mexique ou du Portugal que de la Finlande, grande gagnante, ou de la Flandre (qui caracolait en 3e position).

Dix ans plus tard, les jeunes francophones peuvent redresser la tête. Ils ont amélioré leur score en lecture de 14 points, prenant la 20e position du classement. Une progression qui n’est pas négligeable. "Cela correspond, d’après l’OCDE, à une demi-année scolaire", précise Dominique Lafontaine, professeure à l’Université de Liège.

Une bonne nouvelle qui doit être nuancée. Les francophones frôlent la moyenne de l’OCDE – qui est de 493 points – mais restent très loin de la tête du classement détenue par Shangaï (556 points).  La Flandre, elle, reste aussi mieux classée que le sud du pays, même si elle dégringole de 13 points par rapport à 2000 en ne réalisant "plus que" 519 points. 

La Belgique 8e

La remontée de la Communauté française permet malgré tout à la Belgique de se positionner en 8e place dans le classement général de l’OCDE (11e si l’on tient compte d’entités économiques comme Shangaï ou Hong Kong). Pas de quoi rougir, donc, même si pour le ministre-président de la Communauté française, Rudy Demotte, il faut poursuivre le travail.  Aux côtés de la ministre de l’enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet, Rudy Demotte a ainsi salué le travail réalisé sur le terrain par les enseignants. "Mais le but n’était pas de se raccrocher à la moyenne, il faut viser plus haut", a-t-il insisté.

Pour ce faire, les deux ministres insistent sur la nécessité de continuer la lutte contre les inégalités. Car sur ce plan, l’enquête Pisa montre que rien n’a changé sous le ciel wallon. "La Belgique francophone reste une terre où le spectre des inégalités est l’un des plus large de l’OCDE", constate Rudy Demotte. 

En effet, les résultats montrent que les disparités sont beaucoup plus grandes entre élèves francophones qu’entre le pays le plus fort et le pays le plus faible de l’OCDE… À titre d’exemple, un jeune de 15 ans en 4e secondaire dans l’enseignement général obtiendra un score de 573 points alors qu’un jeune de 15 ans de 3e technique ou professionnel n’aura que 401 points.

Grand écart

Dans le même esprit, l’OCDE a calculé que l’écart entre les 25 % de jeunes les plus défavorisés et les 25 % de jeunes les plus favorisés – socio-économiquement parlant – ­ était de 135 points en Communauté française, contre 100 points en Communauté flamande et 89 points en moyenne OCDE. Idem pour les écarts entre écoles plus fortes et plus faibles: c’est la Communauté française, à nouveau, qui affiche les écarts les plus importants. 

Les filières en cause

Pour Dominique Lafontaine, ce n’est pas très étonnant. "Entre 2000 et 2009, le paysage de la Communauté française n’a pas changé", signale-t-elle.  Notre enseignement est toujours organisé en filières, qui sont assez nombreuses. Or, là où il y a pléthore de filières, les inégalités seront plus fortes. L’Allemagne ou les Pays-Bas rencontrent d’ailleurs le même problème.  "C’est un élément sur lequel il faut réfléchir", admet Rudy Demotte. Une première amorce a été faite avec la réforme du 1er degré de l’enseignement secondaire, ou le tronc est commun entre tous les élèves. 

L’autre ombre qui reste encore au tableau de Pisa, c’est le résultat dans les autres matières, les maths et les sciences. Si ces branches ne faisaient pas l’objet d’une évaluation en profondeur (ce sera pour dans trois ans), les performances enregistrées restent très mauvaises en Communauté française. "C’est un travail de longue haleine, confirme Marie-Dominique Simonet. Nous avons commencé par améliorer les résultats en lecture, cela nous semblait le plus logique, il faut à présent poursuivre avec le reste."

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