Le nouveau gouvernement Wilmès obtiendra la confiance

Sophie Wilmès reste à la barre du gouvernement fédéral. ©Sierakowski©Isopix

Alors que 5 nouveaux décès étaient officialisés ce lundi soir, les 10 partis souhaitant donner les pouvoirs spéciaux au gouvernement se sont opposés sur l'opportunité d'un vote de confiance à la Chambre. Au final, seule la N-VA ne votera pas.

Réunion sous haute tension hier entre les 10 partis qui, dimanche, avaient annoncé accorder au gouvernement de Sophie Wilmès les pouvoirs spéciaux. Pour rappel, ceux-ci permettent à l'exécutif de prendre des décisions sans l'aval du Parlement (et ses lenteurs...), par exemple, en cas de crise sanitaire empêchant la Chambre de se réunir.  

Mais ce n'est pas cela qui a miné la confiance entre les partenaires, réunis au Lambermont, résidence de la Première ministre. C'est la question de savoir si un vote de confiance doit intervenir avant celui des pouvoirs spéciaux à la Chambre. On croyait cette étape acquise dimanche soir mais lundi, sp.a et N-VA ont fait savoir que ce vote de confiance n'était pas compris dans l'accord. Bart De Wever, président de la N-VA, a annoncé dans la foulée que son parti ne la voterait pas. 

"Un gouvernement peut faire en affaires courantes ce que le parlement lui dit qu'il peut faire. C'est le parlement qui délègue."
Johan Vande Lanotte
Ex-vice-Premier ministre sp.a

Alpagués par la presse à leur arrivée à la réunion, les représentants des autres partis n'ont pas caché leur agacement de voir la belle unanimité de dimanche ainsi ruinée suite à la crainte, exprimée par N-VA et sp.a, que le vote de confiance n'installe de façon trop formelle un deuxième gouvernement Wilmès. Car comment le déboulonner pour installer un gouvernement définitif une fois la crise sanitaire passée? 

120 députés sur 150

À croire plusieurs sources proches des négociations, il semble que l'accord de dimanche n'ait pas été aussi clair que l'affirment les défenseurs du vote de confiance. "Lier un vote de confiance à un besoin absolu de plus d’espace politique pour faire face de manière décisive à la crise du coronavirus, c'est essayer de tricher", tweetait Theo Francken (N-VA) alors que la réunion était toujours en cours. 

Pour accorder les pouvoirs spéciaux, un vote de confiance est nécessaire, assurait par exemple l'Open Vld. À noter: la confiance peut se passer des 25 députés de la N-VA puisqu'au total, les 10 partis en présence disposent de 120 députés sur les 150 de la Chambre.

La Belgique réfléchit à fermer ses frontières avec le Royaume-Uni, dont la politique tranche avec la plupart des décisions de type "confinement" prises sur le continent.

Johan Vande Lanotte (sp.a), ex-vice-Premier ministre affirmait dans la journée qu'un gouvernement en affaires courantes n'avait nullement besoin d'un vote de confiance.  

Au moment de boucler cette édition, il semblait que l'horizon était en train de se dégager pour un vote de confiance qui doit intervenir dès ce mardi avec des prestations de serment à la Chambre, avant les pouvoirs spéciaux dont le vote est attendu dans la journée de jeudi. 9 partis sur 10 accorderont la confiance au gouvernement. La N-VA reste donc à quai. 

Plus tôt dans la soirée, il avait été proposé que Sophie Wilmès, après avoir obtenu son vote de confiance, solliciterait un nouveau vote dans les six mois. Une proposition qui n'a apparemment pas fait consensus.

Pas (encore) de confinement généralisé

Faut-il renforcer dès les prochaines heures les mesures destinées à freiner l'épidémie? La question était sur la table alors que, durant la journée de lundi, 5 décès supplémentaires étaient déclarés, doublant le nombre total de victimes du virus en Belgique. Aucune mesure en ce sens n'est sortie de la réunion. 

Ceux qui espéraient que les mesures fortes annoncées par le président français sur le coup de 20h auraient une influence sur le gouvernement belge en furent pour leurs frais. 

1 milliard
d'euros
Le gouvernement belge a débloqué un milliard d'euros afin de faire face rapidement aux besoins de l'État en matière de lutte contre le coronavirus.

À bonne source, on apprend, par ailleurs, que la Belgique réfléchit à fermer ses frontières avec le Royaume-Uni, dont la politique tranche avec la plupart des décisions de type "confinement" prises sur le continent. Le gouvernement Johnson table en effet sur l'immunisation naturelle de la population. Il était suivi hier par le gouvernement néerlandais qui décidait néanmoins de fermer écoles, bars et restaurants.

Tôt dans la journée, David Clarinval (MR), ministre du Budget, annonçait débloquer un milliard d'euros afin de faire face rapidement aux besoins de l'État en matière de lutte contre le coronavirus. Cette provision "permettra de faire face très rapidement à toute dépense qui sera jugée indispensable pour protéger la santé des citoyens dans un premier temps, mais également aux conséquences des fermetures décidées", précise-t-il.

Pas (encore) de nouvelles mesures économiques

Les milieux économiques attendaient également un renforcement des dispositions prises pour soulager les entreprises touchées de plein fouet par les fermetures décrétées fin de semaine dernière. Pour l'heure, rien de nouveau à signaler à ce niveau. Des mesures comme la baisse de la TVA pendant un an et des reports et annulations de cotisations sociales sont dans le pipe-line du gouvernement

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