Le "One day clinic" pour soulager l'assurance-maladie

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Le Centre fédéral d’expertise en matière de soins de santé appelle à encourager financièrement la chirurgie de jour.

Les progrès médicaux permettent d’écourter les séjours à l’hôpital. On passe ainsi de plus en plus souvent de l’hospitalisation classique à la chirurgie de jour, où le patient est admis le matin et rentre le soir à la maison. La formule est tout bénéfice pour l’assurance-maladie et devrait dès lors être encouragée.

Le Centre fédéral d’expertise en matière de soins de santé (KCE) observe cependant que d’un hôpital à l’autre, les durées de séjour pour une même intervention peuvent varier considérablement. Ainsi, par exemple, la plupart des personnes qui se font opérer de la cataracte peuvent rentrer chez elles le soir-même de l’intervention. De même pour les arthroscopies du genou ou l’ablation des amygdales et des végétations.

Pour d’autres opérations en revanche, comme l’ablation de la vésicule biliaire, 94% des hôpitaux en Belgique gardent le patient une nuit alors qu’au Danemark, la moitié d’entre eux peuvent rentrer à la maison. Le KCE observe aussi de très grandes variations entre hôpitaux en Belgique. Quelques exemples: l’ablation des amygdales et des végétations oscille entre 2,7 et 100% de chirurgie de jour, la lithotripsie (fragmentation des calculs rénaux par ondes de choc), entre 0 et 99,4% et les opérations du canal carpien entre 42,9 et 100%.

Système peu incitatif

Comment expliquer ces écarts? Il y a la force de l’habitude chez certains médecins: "on a toujours fait comme ça". Alors que la chirurgie de jour est considérée comme tout aussi sûre qu’une hospitalisation classique pour un grand nombre d’interventions. Pour le patient, c’est souvent aussi plus confortable.

Enfin, la formule coûte moins cher à la collectivité. C’est d’ailleurs pour cela que la ministre de la Santé Maggie De Block souhaite, dans sa réforme du financement des hôpitaux, davantage miser sur la chirurgie de jour.

Mais pour ce faire, il faudra vaincre un autre obstacle, à savoir le mode de financement des hôpitaux, qui n’encourage pas spécialement l’hospitalisation de jour. "C’est de loin le principal obstacle à son expansion, parce qu’il pénalise les hôpitaux sur le plan financier", affirme le KCE.

Le système est basé sur des listes d’interventions pouvant être pratiquées en chirurgie de jour. Le problème est que ces listes sont obsolètes. Ainsi, pour les interventions figurant sur la "liste A", les hôpitaux reçoivent une rémunération qui s’élève à 80% du montant attribué en séjour classique.

Les opérations de la cataracte sont sur cette liste A: pour chaque patient opéré en chirurgie de jour, l’hôpital reçoit 80% du montant qu’il aurait reçu pour un séjour classique. Par contre, l’ablation de la vésicule biliaire – qui ne figure pas sur la liste A – donne droit, en chirurgie de jour, à un montant beaucoup plus faible.

C’est pourquoi le KCE plaide pour un dispositif unique et transparent, qui favorise financièrement la chirurgie de jour. Pour cela, il faudra revoir la liste des interventions pouvant être pratiquées en hôpital de jour. Parallèlement, il faudra augmenter les capacités d’accueil en hôpital de jour, ainsi que le suivi à domicile.

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