analyse

Le pari risqué de Paul Magnette

Moment de vérité pour les présidents du PS et de la N-VA. ©Photo News

Un accord PS/N-VA serait de nature à redorer l'image des socialistes en Flandre et qui sait, d'ainsi affaiblir la N-VA qui a fait de son opposition au PS un fonds de commerce.

C'est donc parti pour un round de négociation ferme entre PS et N-VA. En ligne de mire, la mi-septembre où le gouvernement Wilmès, à défaut de nouvel exécutif, devrait solliciter le Parlement pour obtenir sa confiance.

Pour le PS qui a multiplié les déclarations hostiles à toute alliance avec les nationalistes flamands, l'exercice s'annonce d'autant plus périlleux que l'instabilité politique fait planer le spectre d'élections anticipées au-dessus de sa tête. Sur les réseaux sociaux, militants et syndicalistes ne cachent pas une amertume qui va parfois jusqu'à menacer de manger sa carte de parti et passer au PTB.

Dédiaboliser le PS en Flandre

On l'a lu et relu, le parti reste divisé sur cette option, ce qui laisse imaginer un congrès de participation haut en couleurs en cas d'accord aves les nationalistes. En interne, on assure que le président Magnette assume son choix et se dit prêt à affronter la rage de certaines de ses fédérations. Les arguments des partisans de cette négociation à risque sont connus: comment sortir gagnant d'une nouvelle cure d'opposition alors que les moyens budgétaires sont de retour pour mener une politique sociale?

Pour Paul Magnette, l'idée est aussi de dédiaboliser son parti au nord du pays en montrant qu'il n'est pas si infréquentable que cela.

Pour Paul Magnette, l'idée est aussi de dédiaboliser son parti au nord du pays en montrant qu'il n'est pas si infréquentable que cela puisque la N-VA est capable de se mettre d'accord avec lui. La N-VA pourrait, au passage, y perdre quelques électeurs. Au pouvoir, le PS serait un meilleur rempart contre les risques de scission du pays. Attention à ce que la N-VA ne perde pas au profit de l'extrême droite, préviennent d'autres PS.

La N-VA a, elle aussi, besoin de se présenter en "parti qui prend ses responsabilités" pour défendre les intérêts de la Flandre au plus haut niveau de l'État. Mais ses coups de Jarnac passés au sein du gouvernement Michel gardent le PS méfiant.

Quant aux autres partis, ils n'ont plus la main. On évoque toujours un écartement des libéraux flamands pour satisfaire le sp.a. Mais côté MR, on se dit à l'abri. Les liens MR/Open Vld allant jusqu'à garantir une négociation commune en vue de remettre les troupes de Georges-Louis Bouchez au pouvoir en Région bruxelloise en 2024.

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