analyse

Le pèlerinage socialiste reprend, le superkern s'essouffle

Paul Magnette et Conner Rousseau pourraient passer le relais à Sophie Wilmès. ©BELGA

Paul Magnette et Conner Rousseau annoncent la reprise des travaux préparatoires à la formation d'un gouvernement.

A mesure que baisse la pression sanitaire, croît la pression économique, donc politique. Deux dynamiques fédérales devraient encore se superposer jusqu'à la fin du mois de juin et celle des pouvoirs spéciaux accordés par le Parlement au gouvernement Wilmès. On retrouve d'un côté les discussions préparatoires à l'entame de véritables négociations pour un nouveau gouvernement. Et de l'autre, un exécutif qui finalise la réponse urgente aux impératifs économiques du moment. 

Sur ce volet-là, la méthode change: le fameux kern des 10 partis (PS, sp.a, N-VA, CD&V, cdH, Ecolo/Groen, MR, Open Vld et DéFI) qui se réunit tous les samedis aura désormais lieu le vendredi. Il n'est plus question de tirer en longueur le samedi, entend-on.

Ce sera le cas cette semaine avec au menu une nouvelle série de mesures de soutien aux secteurs en péril. Il se pourrait également que l'équipe affine le dispositif décidé samedi. Il faut encore trancher certaines questions comme celle de savoir ce que l'on va pouvoir acheter avec ce fameux chèque défiscalisé de 300 euros. De l'horeca à la culture en passant par le sport "le spectre sera large", assure une source gouvernementale. Mais le gros du soutien économique d'urgence a aujourd'hui été décidé et cet organe de décision va perdre en importance. 

Juste un plan de relance?

De leur côté, Paul Magnette et Conner Rousseau, les présidents du PS et du sp.a, ont annoncé mardi la reprise des discussions en vue de former un gouvernement fédéral et... un plan de relance digne de ce nom. Après une pause nécessaire pour permettre aux mêmes dix partis de s'accorder sur un package de mesures socio-économiques.  

"Tous les partis ont répondu favorablement à l'établissement de ces contacts. L'objectif de l'initiative de la famille socialiste reste de faire le point sur la façon dont les uns et les autres voient l'après-juin et la fin des pouvoirs spéciaux", a précisé le PS. Sophie Wilmès est citée pour reprendre le flambeau dans le cadre d'une mission royale. 

"Bien sûr que c'est possible de construire rapidement un plan de relance, il faut s'enfermer quelques semaines avec la volonté d'y arriver."
Un ténor socialiste

Les présidents du PS et du sp.a repartent donc du fond des dossiers dans un contexte politique difficile. La réflexion en cours porte sur le plan de relance. "Bien sûr que c'est possible d'en construire un rapidement, il faut s'enfermer quelques semaines avec la volonté d'y arriver", dit un ténor qui ne croit cependant pas à l'échéance du 21 juillet.

Une question se pose toutefois: ce plan permettra-t-il à lui seul de coaliser une majorité? Quid des autres matières comme la justice, l'immigration mais aussi la fiscalité qui peuvent elles aussi donner lieu à des clivages importants? La solution pourrait venir d'un accord sur la relance basé essentiellement sur la dépense publique. Il serait accompagné, ou pas, par de "grandes lignes" pour le reste du programme gouvernemental. 

Ceci posé, la question du casting reste d'actualité. Le PS est divisé plus que jamais sur l'idée de négocier avec la N-VA. D'un côté les pragmatiques, souvent représentés par les figures anciennes du parti "qui contrairement aux plus jeunes, ne risquent pas de payer une erreur d'aiguillage dont les conséquences pourraient se faire sentir pendant des années", dit un ténor socialiste. Quant à Paul Magnette, il veut surout éviter d'être le président d'une erreur historique majeure, dit-il. 

Hier, il a dû informer son bureau que l'option arc-en-ciel élargi au CD&V (la Vivaldi) était impossible et mettait clairement sur la table la possibilité d'élections anticipées à la rentrée.

Le PS tente de lier son sort aux écologistes qui quant à eux, n'ont pas fondamentalement varié sur la N-VA. "Programmes incompatibles", tranche un poids lourd Ecolo dans l'attente "de discussions sur le fond". On n'y est pas encore. 

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