"Le problème Francken risque de devenir un problème Michel"

Kristof Calvo, député Groen! à la Chambre ©BELGA

Le groupe Ecolo-Groen à la chambre exige des explications de Charles Michel sur ce qu'il savait - ou pas - du dossier soudanais. "S'il ne tire pas cela rapidement au clair, le problème Francken deviendra un problème Michel", prévient Kristof Calvo, député Groen!.

Après les explications fournies vendredi soir par le secrétaire d'État Theo Francken (N-VA) dans le dossier d'expulsions de ressortissants soudanais, Ecolo-Groen a réclamé samedi matin au Premier ministre Charles Michel des éclaircissements dans la journée sur la connaissance qu'il avait du dossier.

Si le Premier ministre ne tire pas cela rapidement au clair, le problème Francken deviendra un problème Michel.
Kristof Calvo
Député Groen!

"Seul le Premier ministre peut tirer cette situation au clair. Il doit préciser aujourd'hui ce qu'il savait et ce qu'il ignorait du dossier soudanais", affirme le groupe Ecolo-Groen à la Chambre, dans un communiqué.

Les Verts relèvent que le CD&V "reconnaît que Theo Francken a retenu des informations". "Si le Premier ministre ne tire pas cela rapidement au clair, le problème Francken deviendra un problème Michel", lance le député Kristof Calvo.

Une séance de la commission des Affaires intérieures de la Chambre convoquée vendredi soir en urgence à la demande de l'opposition a démontré aux yeux d'Ecolo-Groen que le secrétaire d'État N-VA à l'Asile et la Migration n'avait pas toujours fourni les informations correctes à son chef de gouvernement, ce qui a poussé ce dernier à formuler de "fausses déclarations" à la Chambre jeudi.

"Le CD&V aussi en tire cette conclusion", font observer les Verts, qui rappellent que le dossier porte sur une question de droits de l'homme. "Coopérer avec le régime (du président soudanais) Omar el-Béchir, c'est aller un pont trop loin".

Francken fragilisé

M. Francken est fragilisé politiquement depuis trois jours par des accusations de mauvais traitements voire de tortures qu'auraient subis des Soudanais rapatriés à Karthoum depuis la Belgique, à la suite d'une mission d'identification controversée des migrants, menée à Bruxelles par des officiels soudanais à l'invitation du secrétaire d'Etat N-VA. Une enquête a été ordonnée pour évaluer le fondement des témoignages.

Dans ce dossier, M. Francken a en outre qualifié d'absurdes des propos du Premier ministre qui venait d'annoncer un moratoire sur les rapatriements de ressortissants soudanais. Il s'est vu contraint de présenter des excuses à M. Michel. Il a aussi reconnu avoir tu au Premier ministre l'existence d'au moins une expulsion programmée en janvier, apprise tardivement et qu'il avait fait annuler.

M. Francken a également été accusé par l'opposition d'avoir menti en indiquant que les expulsions vers le Soudan s'exerçaient en collaboration avec l'ONU et l'Organisation internationale des Migrations (OIM), ce qu'ont démenti les deux institutions. Le secrétaire d'Etat affirme que sa politique était menée dans le cadre général des Nations unies, les personnes expulsées bénéficiant d'un document avec un numéro de téléphone d'un correspondant de l'OIM, organisation de l'ONU. 

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