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Le projet pénibilité floue les pensionnés, dit la FGTB

©Photo News

Le comité de gestion du SPF Pensions se réunit lundi, dans un contexte de crise de la concertation sociale. Pour les syndicats, FGTB en tête, les projets pensions sont imbuvables. Et cela ne change pas depuis 2 ans.

Ca bouillonne dans la marmite syndicale. Dans deux semaines, le front commun retapera du poing sur la table – ou plutôt des pieds sur les pavés des grandes villes – pour protester contre la réforme des pensions et ses nouvelles avancées. Des dossiers qui, s’ils progressent (lentement) au gouvernement, patinent sec au niveau des instances de concertation sociale.

Ce lundi, une nouvelle réunion doit se tenir au comité de gestion du SPF Pensions. Sur les trois dossiers importants actuellement en négociation (pénibilité, pension à mi-temps, cotisation de solidarité), un seul sera abordé. "On n’arrête pas de dire que nous, les syndicats, refusons de discuter. C’est faux. Mais Daniel Bacquelaine veut passer en force et il rend la concertation sociale impossible", nous dit Jean-François Tamellini, secrétaire fédéral à la FGTB et négociateur pensions pour le syndicat.

Devant un plat de pâtes, il égrène les trois dossiers qui préoccupent les syndicats. Et qui, faute d’être assouplis, ont mené à une guerre des tranchées. Sur ces dossiers, seul le troisième sera abordé lundi.

• Le premier, la pénibilité. En juillet, Daniel Bacquelaine a fait passer, en seconde lecture, l’avant-projet de loi-cadre fixant les grands principes régissant le départ en pension anticipée pour cause de pénibilité. à ce projet, il ne manque plus que la liste des fonctions pénibles. Qui doit être discutée entre partenaires sociaux. Et là, ça coince. La FGTB dénonce un texte qui permettrait certes aux travailleurs occupant une fonction pénible de partir plus tôt à la retraire, mais qui amputerait aussi – financièrement s’entend – leur pension. "Il n’y a pas de majoration de pension en cas de pénibilité. Mais si le travailleur perçoit de toute façon une pension plus basse car il part anticipativement à la pension, alors quel sens y a-t-il à négocier une liste?" D’après les calculs de la FGTB, l’impact financier pour un travailleur qui fait état de 40 ans de carrière avec deux critères de pénibilité serait de 135 euros par mois sur base d’une pension minimum de 1.077 euros. Au cabinet du ministre des Pensions, on confirme que la manière de calculer la pension ne change pas comparé à avant.

Pour Tamellini, le bonus offert à ceux qui travailleraient plus longtemps malgré la pénibilité (dans le but de maintenir leur niveau de pension), est juste scandaleux en termes de santé. "Bacquelaine est médecin, il devrait le savoir. Tous les médecins du travail disent qu’il y a un gros souci avec ce projet." Et de conclure: "Si au moins ils revenaient là-dessus, alors la négociation se débloquerait, et on pourrait parler d’une liste de critères. Nous, nous voulons nous baser sur ceux qui ont un impact sur la santé. On rédigerait un répertoire, et au gouvernement, par la suite, à déterminer les seuils."

• Deuxième dossier, la pension à mi-temps. "Je vais être trash, mais elle est intéressante si on meurt vite. Car on gagnera davantage durant la période de pension à mi-temps, mais après, la pension sera plus basse." Le ton est donné. La FGTB dénonce un projet qui, financièrement, mènera à une baisse des pensions les plus basses. Et qui, aussi, exclut les femmes de part des conditions d’accès très restrictives (lire aussi notre dossier Mon Argent, p.41).

• Troisième dossier, la cotisation spéciale de crise. "Avec le relèvement du plafond de cette cotisation de crise pour les pensionnés, cela fera perdre 82 millions d’euros qui étaient affectés aux pensions les plus basses. Cela va encore davantage creuser les inégalités", dit Tamellini, qui craint que la cotisation de crise soit supprimée et que les pensionnés y perdent de toute façon au niveau fiscal.

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