analyse

Le PS craint un rejet dans l'opposition à l'approche du vote sur l'IVG

Paul Magnette, président du PS, est en position délicate vis-à-vis du sp.a. ©BELGA

Selon Paul Magnette, les élections anticipées ne sont plus une option. Pour les socialistes, il ne reste que deux possibilités: négocier ou opter pour l'opposition.

Après les déclarations choc du weekend, les lignes sont toujours mouvantes quant à l'avenir du gouvernement fédéral. Le Parti socialiste tenait son bureau politique ce lundi et le président Paul Magnette y a exposé une nouvelle donne. Il ne resterait plus que deux choix au PS: entrer en négociation, y compris avec la N-VA, ou se mettre dans l'opposition pour une législature de plus.

"Conner Rousseau ne pourra pas refuser encore très longtemps une plénière avec les six partis de l'Arizona."
Une source au sein du PS

"Le président a expliqué qu'il n'y avait pas de majorité pour dissoudre la Chambre et aller aux élections", précise un socialiste bien placé. "Plusieurs ténors se sont exprimés en faveur de négociations", poursuit-il. À leurs yeux, la perspective de rester dans l'opposition n'est pas dans l'intérêt du parti. "Ce n'est pas non plus dans l'intérêt des électeurs qui nous ont placés comme premier parti francophone", ajoute notre source au PS.

Parmi ceux qui s'inquiètent des conséquences d'un nouvelle cure d'opposition (le PS y est depuis 2014 au Fédéral), on trouve des personnalités comme André Flahaut, député fédéral et ex-ministre de la Défense, le ministre wallon Pierre-Yves Dermagne, le ministre communautaire Frédéric Daerden, le député Éric Thiébaut ou encore Christophe Collignon. Parmi ceux qui alertent l'appareil des risques d'une discussion ouverte avec la N-VA, il y a toujours Ahmed Laaouej. Le chef de groupe à la Chambre et président de la fédération bruxelloise du PS craint l'incompréhension des militants, des électeurs, voire de certains élus qui pourraient basculer au PTB ou chez les verts. Bref, le PS est toujours divisé. Quant à l'impossibilité de dissoudre la Chambre, elle ne durera que pendant les vacances parlementaires, soit entre jeudi et la rentrée.

L'Arizona attend toujours le sp.a

Du côté du trio de présidents menant les discussions fédérales, on table toujours sur l'organisation prochaine d'une réunion plénière de l'Arizona (N-VA, Open Vld, CD&V, sp.a, MR, cdH, soit 76 sièges sur 150), pourquoi pas dans la foulée de la séance plénière de la Chambre de jeudi et du possible vote de la réforme de la loi sur l'avortement.

Hautement sensible, le sujet continue de s'immiscer dans le processus de formation du gouvernement fédéral. On devrait savoir mercredi si la réforme sera mise à l'ordre du jour de la séance plénière de jeudi ou pas. Si elle l'est, le texte pourrait à nouveau être renvoyé au Conseil d'État, ce qui paraît peu probable vu qu'il y est déjà passé trois fois. S’il ne l'est pas, le PS annonce le dépôt d'une motion pour passer au vote jeudi. Lundi, certains évoquaient aussi une possible procédure en conflit d'intérêts initié par le Parlement flamand. On rappelle que la réforme de l'IVG est soutenue par une majorité à la Chambre, mais sans majorité dans le groupe néerlandophone de l'assemblée. La N-VA ne rate pas l'occasion de communautariser le débat.

L'échéance de jeudi expliquerait la nervosité du PS, que l'attitude du sp.a peut inquiéter. "Conner Rousseau ne pourra pas refuser encore très longtemps une plénière avec les six partis de l'Arizona", précise un socialiste qui craint une dynamique dont son parti serait exclu.

On le rappelle, la N-VA a rejoint le CD&V ce week-end en faisant de la réforme de l'IVG un point de rupture dans la formation du prochain gouvernement, mettant la pression sur les libéraux. Le président du parti, Bart De Wever, estimant qu'il serait compliqué, voire impossible, de négocier avec les partis qui voteraient le texte. Georges-Louis Bouchez, président du MR, a rapidement indiqué que son parti laisserait, comme prévu, la liberté de vote à ses députés si le texte était soumis au vote cette semaine. Egbert Lachaert, président de l'Open Vld est également sur cette ligne.

Après son bureau politique, le PS a rappelé sa volonté d'enfin passer au vote de cette réforme qui, si elle demeure controversée, a terminé son parcours législatif et jouit d'une large majorité à la Chambre. Le sp.a tient également au vote de cette loi dès cette semaine.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés