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Le PS pourrait signer la mort de la bourguignonne

Ces derniers temps, le président du PS Paul Magnette ne met pas de gants lorsqu'il s'agit de remettre le président de la N-VA à sa place. ©BELGA

Depuis que Bart De Wever a décidé de tacler la note Magnette, la situation entre N-VA et PS ne fait que se dégrader. Jusqu'à acter une rupture, pour de bon? La piste serait sur la table.

Bart De Wever a tiré, Paul Magnette répliqué. Et depuis, la situation est à l’escalade. Avec pour apogée la sortie, ce week-end, du président du PS.

Le Carolo a en effet révélé – au grand dam des informateurs Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V) – sa rencontre avec son homologue nationaliste samedi. Il a dit constater un écart "immense" entre les deux formations, et évoqué un adversaire qui ne fait "aucune proposition de compromis". Avant de profiter de l’occasion pour tacler une nouvelle fois le bourgmestre d'Anvers au sujet des propos particulièrement durs qu'il a récemment tenus à l'égard des francophones dans les médias.

On se souviendra que le président de la N-VA avait notamment déclaré qu’il faudrait une solide dose de "dentifrice flamand" pour se laver de la "bouillie rouge-verte" contenue dans la note rédigée par Paul Magnette lorsqu'il était informateur royal.

Bart De Wever est un peu comme un petit garçon qui insulte les autres dans la cour de récréation et ensuite se plaint que personne ne veut jouer avec lui.
Paul Magnette
Président du PS

Paul Magnette plus cash qu'Elio Di Rupo 

En fait, "Bart De Wever est un peu comme un petit garçon qui insulte les autres dans la cour de récréation et ensuite se plaint que personne ne veut jouer avec lui", ironisait dimanche Paul Magnette sur le plateau d’RTL dans un style qui tranche par rapport à celui de son prédécesseur à la tête du PS Elio Di Rupo. Alors que le jeune patron du PS semble foncer tête baissée dans le combat, le Montois aurait peut-être été plus stratège dans sa manière de rétorquer, préférant jouer par la bande avec un Jean-Claude Marcourt, par exemple.

Ici, le Carolo a retroussé les manches, et renvoie les coups. Rentrant dans le jeu d’un Bart De Wever devenu plus provocateur que dans un passé récent. D’ailleurs, le président de la N-VA était, lui aussi, invité d’une chaîne télévisée ce weekend. Sur le plateau du Zevende Dag, il a souligné qu’un accord arc-en-ciel (alliant socialistes, écologistes et libéraux) serait "complètement en désaccord" avec celui du gouvernement flamand. De même que son attachement à ses deux partenaires régionaux (Open Vld et CD&V) qu’il ne laissera pas tomber.

Rétropédalage du MR

Si vous regardez le schéma politique, il y a deux partis importants, le PS et la N-VA, et cela tombe sous le sens qu'aujourd'hui il faut que tout soit fait pour les mettre ensemble.
Jean-Luc Crucke
ministre wallon du Budget

Alors, très bien, auraient pu penser certains. À commencer par les partis de gauche (surtout francophones), et ensuite le MR dont le ministre fédéral du Budget, David Clarinval, indiquait ce samedi dans La Libre que, selon lui, ce serait "l’arc-en-ciel élargi au CD&V ou les élections". Sauf qu’entre temps, les libéraux francophones ont émis quelques réserves.

David Clarinval a tenu à clarifier ses propos dans un communiqué, rappelant que "la priorité est de responsabiliser la N-VA et le PS". Invité de Matin Première ce lundi, Jean-Luc Crucke (MR) a, lui aussi, tenu à tempérer ces déclarations. Selon le ministre wallon du Budget, ce qu'a voulu exprimer son homologue fédéral, c'est surtout de l'"inquiétude". "Depuis les élections, les pistes semblent difficiles en termes de coalitions possibles et cela fait un an qu'on est sans gouvernement". Alors, "si vous regardez le schéma politique, il y a deux partis importants, le PS et la N-VA, et cela tombe sous le sens qu'aujourd'hui il faut que tout soit fait pour les mettre ensemble". Car "la solution de stabilité, c'est le PS et la N-VA".

Le forcing de Gwendolyn Rutten sanctionné 

Comment expliquer ce que certains voient comme un volte-face? Ce week-end, ce sont aussi les sondages qui sont sortis. Avec une réalité nette qui s’en dégage: la tentative de forcing de Gwendolyn Rutten (Open Vld) de foncer vers un arc-en-ciel, le "16" à la clé, a fait mal. Très mal. Le parti est désormais passé sous les 10% des intentions de vote.

Alors du côté du MR, on a choisi: on temporise. Car peu importe la formule, il faudra de toute façon y aller en famille. D’autant que mieux vaut que l’Open Vld endosse l’image du parti de droite, permettant au MR de jouer au centre – un positionnement qui lui permet de parler à une plus large part de l’électorat de Belgique francophone. Le gouvernement Michel est encore dans les mémoires. Et s’est traduit par un recul électoral.

La N-VA en perte de popularité

Pour le reste, la stratégie de la N-VA peut aussi s’expliquer par ce nouveau coup de sonde. Le parti continue à voir sa popularité se tasser, quand celle du Vlaams Belang, elle, augmente – pour autant, les deux formations pèsent à elles deux quasi 50% des intentions de vote en Flandre aujourd’hui. Alors, il fallait se remonter les manches. Et réactiver les coups de com’ qui ont fait le succès du parti indépendantiste par le passé. D’autant que, d’après Le Soir, le PS serait prêt à endosser la responsabilité de l’impossibilité d’une coalition bourguignonne, qui allierait les antagonistes.

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