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Le PS veut un accès au chômage même en cas de démission

©SISKA VANDECASTEELE

Pierre-Yves Dermagne (PS) a concocté un menu de 25 propositions pour répondre aux pénuries sur le marché de l'emploi. Le débat au gouvernement s'annonce intense.

Afin de permettre aux travailleurs de changer de job plus facilement, le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) suggère de permettre aux salariés qui démissionnent d’avoir accès aux allocations de chômage. Cette idée figure dans un menu de propositions que le socialiste a élaboré en vue de répondre aux pénuries sur le marché du travail et qu’un vent favorable nous a fait parvenir. Cette longue liste d’ingrédients va désormais servir de base à des négociations au sein de la Vivaldi.

Favoriser la mobilité professionnelle

Aujourd’hui, une personne salariée n’a droit aux allocations de chômage que si elle se fait licencier par son employeur. Comme un tel licenciement a un coût pour les patrons, ceux-ci rechignent toutefois souvent à y procéder et ce, même si le travailleur ne convient plus.

Conséquence selon Dermagne: des travailleurs se retrouvent prisonniers dans des jobs où ils n’apportent pas satisfaction, ce qui peut les rendre malades et les écarter du marché de l’emploi. Afin de favoriser la mobilité professionnelle, il propose donc d’offrir la possibilité aux salariés de se réorienter un nombre limité de fois durant leur carrière. En résumé, ceux-ci pourraient, à condition d’occuper un emploi depuis plusieurs années, avoir accès aux allocations de chômage s’ils quittent volontairement leur job.

25
propositions
Le ministre Dermagne a élaboré un menu de 25 propositions pour répondre aux pénuries sur le marché de l'emploi.

Avec une telle idée, Dermagne mise visiblement plus sur la carotte que le bâton pour booster le taux d'emploi. Sera-t-il suivi par ses partenaires de gouvernement ? Cela reste à voir… Si les Verts, qui ont fait une proposition similaire il y a quelques années, devraient se montrer enthousiastes, il n’en sera probablement pas de même chez certains libéraux, pour lesquels une telle suggestion paraîtra probablement imbuvable.

25 propositions sur la table

Avant de nous pencher sur quelques autres des 25 idées de ce menu, remettons-le rapidement en contexte. Pour l’heure, le gouvernement fédéral travaille à un plan  de "redémarrage et de transition" pour l’après-crise. L’ambition affichée est de présenter quelque chose de concret à la mi-octobre dans le prolongement du conclave budgétaire. Outre des investissements supplémentaires pour le climat et la transition numérique, ce fameux plan devra donc contenir une série de mesures visant à répondre aux pénuries sur le marché du travail, mais aussi à se rapprocher progressivement de l’objectif de 80% de taux d’emploi d’ici 2030.

80%
Taux d'emploi
A l'horizon 2030, le gouvernement fédéral mise sur un taux d'emploi global de 80%.

Afin de lancer une véritable discussion au sein de la coalition fédérale, le ministre a rassemblé dans une note des idées qu’il a récoltées auprès des partis de la coalition, des partenaires sociaux, mais aussi d’autres acteurs. Celles-ci concernent la mobilité professionnelle, mais aussi la formation et la revalorisation des métiers en pénurie.

Vers des politiques asymétriques?

Mais fermons cette parenthèse et revenons sur le contenu. Parmi les points intéressants, on notera que le ministre semble disposé à octroyer une plus grande autonomie aux Régions dans leur manière de déterminer les chômeurs qui doivent être disponibles pour le marché de l’emploi et ceux qu’il convient de sanctionner. Alors que ces questions sont actuellement régies par des règles fédérales, le socialiste n'exclut visiblement pas que des politiques asymétriques puissent être menées dans certains cas précis, ce qui devrait probablement plaire à la Flandre.

Rendre obligatoire l’investissement d’un tiers des coûts de préavis dans des mesures visant à favoriser l’employabilité, stimuler les plans de formation en entreprises ou encore améliorer les trajectoires de réintégration des malades de longue durée sont quelques autres propositions avancées qui ont de bonnes chances de susciter un certain enthousiasme au sein de la Vivaldi.

Certaines pistes, visiblement sorties en ligne droite des programmes socialistes et écologistes, risquent par contre d’être plus dures à avaler pour l’aile droite de la coalition. A l’instar de celle sur l’accès aux allocations de chômage en cas de démission, une proposition relative aux chômeurs qui suivent une formation en pénurie risque de susciter bien des remous. Concrètement, le ministre propose que les demandeurs d’emploi qui prennent part à une telle formation puissent à son issue avoir accès automatiquement à la première période d'indemnisation des allocations de chômage. Autrement dit, la dégressivité des allocations reviendrait à son point de départ pour ceux qui se forment à un métier en pénurie. "Ce sera un No Go", prévient-on déjà dans les rangs CD&V.

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