Le Roi rappelle le monde politique à l'ordre

"Le moment est venu (...) de laisser tomber les exclusives et d’installer un gouvernement de plein exercice", a lancé le roi Philippe dans son discours aux corps constitués. ©Photo News

Pour le roi Philippe, le moment est venu de constituer un gouvernement fédéral. Dans son discours aux corps constitués, il a insisté sur la nécessité des compromis à réaliser. Il a également demandé une "vision d'avenir au Fédéral".

Le discours du Roi aux "corps constitués" (autorités politiques, juridiques, économiques et académiques) était fort attendu, vu le blocage politique. Et de fait, le souverain s’est montré plutôt ferme, jouant le chef d’équipe qui siffle la fin de la récré.

Le moment est venu de cristalliser les efforts de ces huit derniers mois.
Le roi Philippe

Le roi Philippe a ainsi réclamé une "vision d’avenir au niveau fédéral" et des "solutions réfléchies pour l’ensemble du pays", après avoir rappelé que des équipes avaient pu être mises en place au niveau européen et régional… Alors que les élections législatives ont eu lieu le 26 mai, le processus de formation d’un gouvernement fédéral semble toujours dans l’impasse, alors que plusieurs formateurs se sont succédé. "Montrons-nous réalistes et responsables", a-t-il réclamé là où l’on sent poindre un certain agacement.

Pour celui qui a encore reçu les informateurs mardi et est donc au courant des avancées, reculs ou stagnations des négociations, c’est maintenant que cela doit se débloquer: "Le moment est venu de cristalliser les efforts de ces huit derniers mois, de laisser tomber les exclusives et d’installer un gouvernement de plein exercice." Rappelons que, dans son discours de Noël, il demandait déjà un gouvernement "le plus rapidement possible". Un mois a passé depuis lors…

Un bon sens partagé

Le Roi a également évoqué de "vrais" compromis, mot pour lequel il préfère préciser la définition: "des accords où chacun renonce à quelque chose pour que l’ensemble y gagne". Il a aussi rappelé les thèmes importants pour la société: le réchauffement climatique et l’épuisement de la Terre, la pauvreté, les finances publiques et la transition économique.

Bref, le Roi, dont on n’a guère l’occasion d’entendre l’avis sur les questions politiques mais qui est pourtant au premier rang dans son rôle de sélectionneur d’émissaires divers, a clairement fait parler son impatience.

Vadot sur le discours du Roi. ©Vadot

Philippe l’a cependant enrobée d’éloges sur la citoyenneté et le vivre-ensemble, ainsi que sur le niveau de vie dans notre pays. Preuve que quand on veut on peut… "Grâce à notre esprit de collaboration et la confiance réciproque, notre pays réussit à offrir à ses habitants des services de qualité et un niveau de vie élevé", a-t-il dit avant de passer à la crise politique. Après quoi il a rappelé que "le bon sens partagé" était une qualité qui s’exerçait déjà sans souci dans la société: "Chaque jour, l’action de citoyens engagés prouve notre force et l’immense potentiel de notre pays. Ils agissent ensemble avec ce bon sens partagé, qui est aussi notre nature profonde, au nord comme au sud du pays."

Notons aussi l’appel à moyen terme de Philippe Ier, qu’on n’a pas senti dénué d’une certaine crainte: "Dans dix ans, notre pays fêtera ses deux cents ans. Nous pourrons, alors, être fiers de ce que nous aurons accompli et voir l’avenir avec confiance. Ce rendez-vous de 2030, préparons-le ensemble."

 

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