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analyse

Le "stop ou encore" des aides corona au menu de la Vivaldi

Pierre-Yves Dermagne veut prolonger le chômage temporaire corona. ©SISKA VANDECASTEELE

PS et Écolo plaident en faveur du maintien du chômage temporaire "corona" au-delà du 30 septembre. Un dispositif transitoire est sur la table pour l'an prochain.

On annonce un automne particulièrement chargé pour le gouvernement De Croo. On attend de lui des éclaircissements sur la réforme des pensions, du marché du travail, de la fiscalité avant un rendez-vous politique pour le moins glissant sur la question nucléaire au mois de novembre. Autant de sujets qui, sous réserve d'une nouvelle dégradation de la situation sanitaire, doit sortir la coalition Vivaldi d'une gestion presque exclusivement liée à l'épidémie de Covid. Pour franchir ce cap, il s'agit aussi pour le Premier ministre de marquer le coup au niveau du soutien aux entreprises et aux indépendants.

Alors qu'en France, le débat est lancé sur la fin du fameux "quoi qu'il en coûte" présidentiel, la Belgique avait dès avant l'été balisé sa rentrée: au-delà du 30 septembre, chômage temporaire et droit passerelle pour les indépendants, seraient accordés de manière ciblée aux secteurs qui sont concernés par les mesures de restriction.

L'échéance approchant, les sept partis de la Vivaldi entament leurs discussions avant un débat au sein du conseil des ministres prévu vendredi. Car la tonalité gouvernementale semble évoluer. Le PS, via son vice-Premier ministre et ministre de l'Économie et du Travail, souhaite que le chômage temporaire "corona" soit prolongé tel quel jusqu'à la fin de l'année, confirme son cabinet. Pierre-Yves Dermagne a mis une proposition sur la table en invoquant les incertitudes quant à l'impact de la rentrée et des retours de vacances sur la situation sanitaire. Le socialiste base son argumentation sur la chute du recours au chômage temporaire qui suit l'évolution de la pandémie en Belgique. En juillet dernier, 39.000 entreprises y avaient recours contre 77.000 en avril. En juillet toujours, le nombre de travailleurs concernés a chuté à 193.000 contre presque 255.000 en juin.

Les inondations dans le débat

Conclusion, ce sont bien les secteurs qui sont réellement dans le besoin qui font appel au dispositif: le transport, le commerce de détail, la construction et les coiffeurs. Pierre-Yves Dermagne propose de mettre en place, à partir du 1er janvier prochain, un chômage temporaire transitoire (pour 12 mois) accessible aux entreprises qui peuvent attester d'une baisse d'au moins 15% de leur chiffre d'affaires par rapport au même trimestre de 2019. Ce droit serait assorti de contrôles et soumis à une limitation dans le temps. Une fin trop brutale du soutien public à l'économie pourrait freiner la relance, prévient le PS depuis des semaines.

Contacté par L'Écho, le vice-Premier ministre Écolo Georges Gilkinet se prononce également en faveur de la prolongation du chômage temporaire comme du droit passerelle. "Nous sommes favorables à leur extension également aux zones victimes des inondations", ajoute le ministre de la Mobilité. "Nous serons attentifs à ce qu'elles soient réellement ciblées sur les secteurs encore fermés ou en net ralentissement économique, ainsi qu'à la définition d'un cadre d'extension, en fonction de l'évolution de la situation sanitaire." Et de plaider pour le maintien de mesures de soutien au fret ferroviaire via des réductions de droit de sillon (la rémunération de la circulation sur le réseau Infrabel).

Du côté de la ministre du Budget, Eva De Bleeker (Open Vld) on freine les ardeurs socialistes. "Notre ligne est toujours la même, les aides ne pourront plus concerner que les secteurs touchés par des mesures de restriction covid", dit sa porte-parole. Aujourd'hui, il n'y a plus que le secteur des boîtes de nuit qui demeure contraint à la fermeture, une situation appelée à s'éteindre le mois prochain. Selon le comité de monitoring, l'État a déjà dépensé 2,416 milliards pour le droit passerelle et 1,566 milliards pour le chômage temporaire corona en 2021. Quant au MR, il plaide pour la prolongation du droit passerelle via son ministre David Clarinval. Dans la droite ligne des demandes de l'Union des classes moyennes.

"Il faudra se pencher sur la question des reports de paiement. Certains indépendants ont une masse de dettes devant eux, il faudra les aider."
Thierry Evens
Porte-parole de l'UCM

"D'après les derniers sondages, 4% des entrepreneurs estiment courir un risque de faillites dans les six mois", rappelle Thierry Evens pour l'UCM. C'est évidemment beaucoup mieux que les 10% de la fin de l'année dernière, mais cela reste important, dit-il. Selon l'UCM, 2% des indépendants ont encore recours au droit passerelle, soit 15.000 personnes. "Nous devons aider ces gens-là." Pour l'Union des classes moyennes, si le tsunami de faillites n'a finalement pas eu lieu, les deux mesures doivent être maintenues jusqu'à la fin de l'année pour un atterrissage en douceur. "Il faudra ensuite se pencher sur la question des reports de paiement", complète Thierry Evens. "Certains indépendants ont une masse de dettes devant eux, il faudra les aider en prévoyant des plans d’apurement et un accès à du capital."

Le résumé

  • Le gouvernement doit se pencher vendredi sur la fin annoncée au 30 septembre du chômage corona et du droit passerelle.
  • PS, Écolo et MR plaident pour une prolongation au moins jusqu'à la fin de l'année, mais la ministre du Budget risque de résister.
  • Le ministre Dermagne propose un chômage temporaire basé sur une baisse de chiffre d'affaires.

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