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Le triangle d'or de la flexisécurité danoise sous la loupe du Roi

Le Roi Philippe s'est adjoint les quatre ministres de l'Emploi du pays pour une visite exploratoire au Danemark. ©BELGA

La Belgique a mis le pied au Danemark pour une visite de travail axée sur la thématique de l'emploi et de la flexibilité. Les quatre ministres belges, le Roi Philippe et une délégation composée de partenaires sociaux y resteront jusque mercredi pour tenter de trouver des pistes de solution au problème du chômage en Belgique.

Alors que la Belgique ambitionne plus que jamais d'atteindre un taux d'emploi de 80% d'ici 2030, les régions et le Fédéral peinent toujours à trouver la recette miracle pour y parvenir. Un nouveau paquet de mesures a déjà été fixé lors du dernier conclave budgétaire. Mais il risque d'être insuffisant pour parvenir à mettre au travail 70.000 personnes par an durant les neuf prochaines années.

"Au Danemark, leur politique d'activation est plus soutenue que la nôtre, et leur modèle est aussi fortement basé sur l'enseignement en alternance."
Le cabinet du ministre de l'Emploi Bernard Clerfays

Accompagnés par le roi Philippe, les quatre ministres de l'Emploi (Pierre-Yves Dermagne, Bernard Clerfayt, Hilde Crevits et Christie Morreale), ainsi que des représentants des partenaires sociaux et des administrations se sont donc envolés, ce lundi, vers le Danemark pour une visite d'étude. Dans la délégation, on retrouve des figures comme Pieter Timmermans, l'administrateur délégué de la FEB, le patron du Voka Hans Maertens, ou encore Marie-Christine Van Bockestal, la directrice du Forem.  Ils espèrent y trouver certaines pistes, notamment en termes d'activation des chômeurs et de formation.

Le modèle danois – basé sur ce que l'on appelle le "triangle d’or" formé de la flexibilité, la sécurité, et une politique active du marché du travail, est en effet réputé pour son efficacité. Le taux d'emploi y atteint par exemple 77,8%, contre 70% chez nous. Certaines leçons y sont peut-être bonnes à prendre.

5,2
%
Le taux de chômage danois est actuellement de 5,2%, le pays est quasiment en situation de plein emploi.

Parmi les visites prévues, la délégation  rencontrera les représentants des partenaires sociaux danois. Elle visitera également l'entreprise Novo Nordisk, ainsi que l'agence danoise qui s'occupe d'articuler les formations des demandeurs d'emploi et des travailleurs.

Les aspects de formation des demandeurs d'emploi intéressent particulièrement les Régions. À Bruxelles, le cabinet du ministre de l'Emploi Bernard Clerfayt souligne les difficultés d'adéquation des demandeurs d'emploi avec le marché du travail. "70% des personnes prises en charge chez Actiris ont peu de compétences, il y a là un véritable défi à pour la Région en termes de formation, de mise à l'emploi et de formation continue. Or, au Danemark, leur politique d'activation est plus soutenue que la nôtre, et leur modèle est aussi fortement  basé sur l'enseignement en alternance." Une forme d'enseignement qui reste parent pauvre chez nous, malgré d'autres visites d'études déjà réalisées en Allemagne ou en Suisse, il y a quelques années…

Côté wallon, la ministre en charge du dossier, Christie Morreale, sera particulièrement attentive à la politique d'activation des demandeurs d'emploi, réputée d'une grande efficacité au Danemark. "Après avoir bouclé la réforme du Forem la semaine dernière, nous venons chercher ici de nouvelles approches inspirantes que l'on pourrait tenter de déployer chez nous", précise le cabinet de la ministre wallonne.

Un modèle de concertation interpellant

Le modèle de concertation sociale danois intrigue également la délégation belge. Autant Christie Morreale que son homologue fédéral Pierre-Yves Dermagne examineront de près comment fonctionne le modèle danois, basé sur un interventionnisme très limité du gouvernement. La législation du pays en matière d'emploi et de salaires est, en effet, très pauvre, le Danemark laissant prioritairement la main à la concertation dans les secteurs et les entreprises.

Chez Pierre-Yves Dermagne, on souligne néanmoins la cohérence sociale qui semble doucement mise à mal par le système de la flexisécurité. Durant la crise du covid, le gouvernement a d'ailleurs, pour la première fois de l'histoire du pays, repris davantage la main sur le front social, ouvrant grandes les vannes de l'aide aux entreprises et aux travailleurs (via le versement d'importantes indemnités de salaire aux travailleurs mis à l'arrêt). Une recette qui a permis au Danemark d'éviter de voir son taux de chômage exploser.

Le résumé

  • Les 4 ministres de l'Empoi et le Roi sont arrivés au Danemark pour une visite d'étude.
  • Avec les partenaires sociaux, ils vont explorer la manière dont le Danemark soutient l'activation des demandeurs d'emploi.
  • Le volet de la formation intéresse également fortement la délégation belge.
  • Le Danemark a un des taux de chômage les plus bas de l'UE, et n'a pas été fortement impacté par la crise du Covid-19.

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