Les adieux de Charles Michel

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L'ex-Premier ministre Charles Michel a publié dimanche soir sur les réseaux sociaux une lettre de remerciement pour ces cinq dernières années passées à la tête du gouvernement belge. "290.000 emplois supplémentaires et un taux d'emploi de 71% jamais atteint par le passé... C'est notre plus grande fierté", y affirme-t-il notamment.

Charles Michel, qui doit prendre le 1er décembre la présidence du Conseil européen, avait annoncé vendredi qu'il souhaitait quitter ses fonctions actuelles "au plus tard début novembre".

En remettant le badge d'entrée du 16 rue de la Loi à la nouvelle Première ministreCharles Michel a assuré que le gouvernement avait posé, en sa personne, le choix de "la stabilité, la sérénité et la responsabilité". "J'éprouve pour elle une très grande estime, une très grande appréciation. Je connais son sens des responsabilités, sa connaissance des dossiers, son sérieux. À travers elle, le gouvernement a fait un choix de stabilité, de sérénité et de responsabilité", a-t-il affirmé.

"Jobs, jobs, jobs, ce fut mon obsession"

L'ex-Premier ministre a évoqué cinq dernières années "intenses", marquées à ses yeux par les réformes et une priorité principale: "Jobs, jobs, jobs". "290.000 emplois supplémentaires et un taux d'emploi de 71% jamais atteint par le passé... C'est notre plus grande fierté", a encore affirmé Charles Michel en publiant dimanche soir sur les réseaux sociaux une lettre de remerciement pour ces cinq dernières années passées à la tête du gouvernement belge. "Cela ne fut pas de tout repos. Les débats furent vifs, et c'est d'ailleurs l'honneur de la démocratie", écrit M. Michel, dont le gouvernement ultra-minoritaire côté francophone a été contesté par une virulente opposition, au Parlement comme parfois aussi dans la rue.

Les nombreuses réformes engagées, tax shift, impôts des sociétés, zéro cotisation sur le premier emploi, marché du travail, etc., ont soutenu l'embauche par les entreprises.
Charles Michel

"Jobs, jobs, jobs, ce fut mon obsession. Parce que c'est la meilleure assurance pour faire reculer la pauvreté et pour renforcer les solidarités. Les nombreuses réformes engagées, tax shift, impôts des sociétés, zéro cotisation sur le premier emploi, marché du travail, etc., ont soutenu l'embauche par les entreprises", fait-il valoir dans ce courrier.

Charles Michel a rappelé les grandes difficultés auxquelles le gouvernement a été confronté après les attentats terroristes de Bruxelles et Zaventem, des événements qui l'ont profondément bouleversé. "Je ne suis plus le même après ces attentats", a-t-il affirmé en évoquant les familles des victimes.

Les regrets

Le président du MR - pour quelques semaines encore - ne cache pas son amertume d'avoir vu son attelage N-VA, MR, CD&V, Open VLD chuter en décembre dernier, en raison du "cynisme de ceux qui ont fait des choix électoralistes". C'est à eux aussi qu'il attribue la responsabilité du déficit budgétaire actuel, tandis qu'il met en avant l'assainissement réalisé par la Suédoise et les créations d'emplois. Il a reconnu aussi avoir éprouvé des difficultés à "expliquer ce que l'on faisait". Charles Michel revient aussi sur la chute du gouvernement - "l'entrée en affaires courantes a malheureusement stoppé le train des réformes nécessaires et impacté négativement nos finances publiques" - ainsi que sur le traumatisme des attentats terroristes. "Dans ces moments douloureux, j'ai tenté de faire preuve de sang-froid et de garder le cap pour garantir l'État de droit et les valeurs de la démocratie."

Mais dans quelques années, croit-il savoir, "on reconnaîtra les progrès réalisés aux niveaux économique et social". Charles Michel pointe aussi la responsabilité des partis arrivés premiers dans leur Communauté - N-VA et PS - dans le blocage politique des cinq derniers mois. "J'ai le sentiment d'avoir fait de mon mieux dans des circonstances exceptionnellement difficiles. Après les attentats, la Belgique était dépeinte comme un État défaillant. Nous avons travaillé pour redorer l'image du pays, qui a ensuite été plébiscité par les autres pays du monde pour accéder au Conseil de sécurité des Nations unies", a fait valoir Michel.

En partance pour le Conseil européen alors qu'un gouvernement fédéral de plein exercice n'est pas constitué, Charles Michel dit croire dans l'avenir de la Belgique. "Je sais que ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise. Émotion et sérénité, une nouvelle page s'ouvre. Je me prépare à présider le Conseil européen et à prendre une part active dans ce nouvel élan pour l'avenir de l'Europe. J'y mettrai toute ma force, toute ma créativité et tout mon cœur", assure encore Michel.

Sur les réseaux sociaux 

Charles Michel a aussi dressé son bilan, en forme d'adieux, sur les réseaux sociaux dimanche soir.

 

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