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Les Affaires étrangères se cherchent toujours un patron

La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès (MR) n'a toujours pas pu nommer quelqu'un à la tête de son ministère. ©BELGA

La procédure de sélection est largement critiquée et dissuade bon nombre de candidats.

Ce mardi se clôture l'appel à candidatures auprès du Selor pour le poste de président du comité de direction du SPF Affaires étrangères. C'est la deuxième fois que cette procédure est lancée pour ce mandat de six ans. Une première sélection, en début d'année, n'avait pas permis de faire émerger un lauréat parmi les candidats.

"Si vous n'êtes pas un littéraire, vous n'avez aucune chance de réussir."
Un ancien candidat recalé par le Selor

Le même problème se pose pour Belspo, l'instance qui chapeaute la politique scientifique fédérale, où une deuxième procédure de sélection est en cours. D'où la question: pourquoi est-il si difficile de trouver un candidat pour de tels postes ?

Procédure inadaptée

Aux dires de certains observateurs, la procédure de recrutement est inadaptée. La procédure se déroule en deux étapes. La première est une épreuve informatique pour tester les compétences en matière de management, d'esprit d’équipe, etc. "Tout est dans la dialectique et le vocabulaire. Si vous n'êtes pas un littéraire, vous n'avez aucune chance de réussir", nous glisse un ancien candidat malheureux.

"Le management était un concept très à la mode à l'époque de la réforme Copernic, en 2001."
Michel Legrand
Président du Gerfa

Michel Legrand, président du Gerfa (groupe d'étude et de réforme de la fonction administrative), juge cette épreuve informatique "peu pertinente" par rapport à la fonction. "Le management était un concept très à la mode à l’époque de la réforme Copernic, en 2001, alors que ce qui importe avant tout, ce sont les compétences dures du candidat, que ce soit dans le domaine économique, juridique ou des affaires étrangères."

La deuxième étape est une épreuve devant jury dont sortiront une série de lauréats, parmi lesquels le ministre opère un choix final. Ce faisant, on évite les travers de la politisation, puisque le candidat a préalablement été jugé apte. Mais le procédé a ses limites. "Les trois quarts des candidats proviennent des cabinets. Ils ont donc une étiquette partisane et connaissent peut-être certains membres du jury. Un cabinettard aura toujours plus facilement accès à certains réseaux", explique Michel Legrand.

"Le renouvellement du mandat est du ressort du ministre, alors qu'auparavant, c'était un poste à vie."
Michel Legrand
Président du Gerfa

"De plus, le renouvellement du mandat est du ressort du ministre, alors qu'auparavant, c'était un poste à vie", rappelle-t-il. La politisation n'est donc jamais bien loin.

Dissuasif pour le privé

Un dernier écueil touche plus particulièrement les candidats issus du secteur privé. Le lauréat désigné est toujours à la merci d'un éventuel recours devant le Conseil d'État. Or il s'agit d'un mandat et non d'un contrat, de sorte que si l'arrêté de nomination est cassé, le candidat issu du privé se retrouve sur le carreau. C'est pourquoi ce sont souvent des fonctionnaires qui se présentent, car en cas de pépin, ils retrouveront leur poste.

En attendant, l'intérim à la tête des Affaires étrangères est aujourd'hui assuré par Theodora Gentzis, directrice générale des affaires européennes (DGE).

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