Les bleus et les verts se lèvent contre le projet institutionnel de Magnette et De Wever

Bart De Wever et Paul Magnette tentent toujours de rallier d'autres partis à leur projet. ©Photo News

Fini de jouer. Les libéraux et les écologistes du nord et du sud du pays crient en chœur qu'ils refusent le projet des chargés de mission royale qui "conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles". Ils demandent de la clarté pour avancer: veulent-ils travailler avec les bleus ou les verts?

Aujourd'hui, un an et trois mois après les élections, on en est toujours à se demander: qui veut de qui? Les citoyens se posent la question, les politiques aussi visiblement.

Pour l'instant, on en est à une mission royale confiée à Paul Magnette et à Bart De Wever. Ce tandem de président PS et N-VA a réussi jusqu'ici à plus ou moins rassembler, outre leur parti respectif, trois autres partis: le CD&V, le cdH et le sp.a. Ça compte pour 69 sièges à la Chambre, qui en a 150. Qui ajouter pour obtenir une majorité? Les bleus et les verts sont en phase de test, ils ont déjà été reçus par les deux missionnaires. Groen et Ecolo sont encore passés les voir mercredi. On ne sait pas trop ce qui s'est dit.

Préparation et concertation, SVP

Ce jeudi matin est tombé un communiqué envoyé par Ecolo, Groen, le MR et l'Open Vld.

"Leur schéma conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles: un modèle qui n’est pas le nôtre."
Ecolo, Groen, MR et Open Vld

Que disent-ils? Qu'ils s’engagent pleinement à la recherche d’un gouvernement de plein exercice avec une majorité parlementaire. Mais aussi qu'ils sont inquiets concernant les projets des deux chargés de mission, notamment pour le volet institutionnel. Leur schéma, dit le communiqué, "conduit à rendre les institutions plus complexes et moins lisibles: un modèle qui n’est pas le nôtre. Ecolo et Groen, MR et Open Vld veulent évidemment participer à une Belgique qui fonctionne plus efficacement, au service de nos concitoyens et de leurs préoccupations de tous les jours. De telles réformes nécessitent cependant une préparation approfondie et une concertation suffisante. Certaines compétences peuvent être régionalisées, mais d’autres tout autant refédéralisées afin d’augmenter l’efficacité. Les réformes institutionnelles ont toujours été pour nous un moyen, jamais un objectif en soi."

Pas de surenchère

Ce n'est pas une surprise: on sait que les verts et le MR, mené par un Georges-Louis Bouchez à qui la Belgique est très chère, ne veulent pas d'une nouvelle réforme de l'État. Par ailleurs, de nombreuses voix d'experts s'expriment pour rappeler que ce genre de projet doit se préparer minutieusement et qu'aucun parti, hormis la N-VA, n'a vraiment planché sur le sujet.

Alors quoi? Les deux familles "demandent aux missionnaires royaux de la clarté au sujet de la coalition qui a leur préférence et de faire le choix de solutions stables et solides." Stop aux petits jeux, également: ils refusent de "prendre part à une surenchère qui les dresse l’une contre l’autre afin de déterminer qui peut rejoindre le prochain gouvernement".

Pas des pantins...

Cette surenchère, c’est "celui qui veut le moins montera dans le gouvernement. C’est de la surenchère négative, en quoi est-ce nécessaire de diviser les familles?", relève la porte-parole du MR qui assure que les libéraux sont toujours ouverts. Mais que nous voulons un gouvernement majoritaire, stable, de plein exercice et jusqu’à la fin de la législature."

Ce message n’est pas un signe de refus, donc. "Nous restons à disposition." Et hormis l’institutionnel, le reste des propositions PS/N-VA est-il du goût des libéraux? "Ça reste à discuter sur des bases valables… "

La pression change de camp

Les deux préformateurs PS/N-VA revoient le Roi lundi prochain. La pression a donc changé de camp. S'ils veulent des avancées, ils devront sans doute lâcher du lest. Mais piquée au vif suite à la la sortie conjointe des libéraux et des écologistes, la N-VA accuse Georges-Louis Bouchez de tout faire pour maintenir la Première ministre libérale Sophie Wilmès en selle. Une lecture partagée par les socialistes néerlandophones du s.pa. Pour les nationalistes flamands, la séquence démontre également que la Vivaldi -nom de la coalition sans la N-VA qui rassemblerait socialistes, libéraux, écologistes et le CD&V- est à nouveau en vie.

"On continue de travailler sereinement."
Un proche de Paul Magnette

Pas de réaction officielle du PS où l'on perçoit toutefois de l'agacement. "On a toujours répété qu'on voulait un gouvernement sans la N-VA, on a testé différentes formules mais les libéraux préféraient que les deux premiers partis se parlent. On le fait, et de façon constructive. Et maintenant, voilà que ça repart sur autre chose. C'est... étonnant et frustrant", lâche un socialiste.

"Il n'est pas question de la suppression des facilités linguistiques dans la périphérie bruxelloise, ni d'une scission de la Défense ou de la SNCB."
Un proche de Paul Magnette

"On continue de travailler sereinement", poursuit ce proche de Paul Magnette. "Mais ces fuites disant que nous avons un agenda institutionnel très avancé... Ce n'est pas du tout le cas! On parle de sujets qui n'ont même pas été discutés, ou ont déjà été retirés de la table. Nous avons des lignes rouges, et elles ne sont pas dépassées actuellement: il n'est pas question de la suppression des facilités linguistiques dans la périphérie bruxelloise ni d'une scission de la Défense ou de la SNCB."

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