Les bonus salariaux seront plus nombreux et plus élevés en 2020

Le montant moyen des bonus a atteint 5.000 euros en 2020. ©Westend61

Le nombre de travailleurs qui ont touché des bonus a augmenté de 18% cette année. En outre, le montant moyen de ces gratifications a grimpé.

Qui l'eût cru? Lors d'une année 2020 morose, plombée par une interminable crise sanitaire, le nombre d'employés du secteur marchand qui ont bénéficié d'un bonus a augmenté. Alors qu'ils étaient 21% à se voir octroyer une telle gratification en 2019, ils sont aujourd'hui 25% dans le cas, soit une hausse de 18%, observe, dans une enquête, le prestataire de services RH Acerta.

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euros
De près de 3.000 euros en 2019, le bonus moyen est passé à environ 5.000 euros cette année.

Étonnant? Eh bien non! L'explication est simple: les bonus alloués en 2020 reviennent principalement sur les prestations des entreprises durant l'année 2019, exercice particulièrement bon pour nombre d'entre elles. "Étant donné que 2019 était une année prospère sur le plan économique et que la pénurie sur le marché de l’emploi se faisait sentir dans de nombreux secteurs, il est également logique que le montant moyen des bonus ait augmenté", observe Catherine Langenaeken, consultante senior chez Acerta.

Car c'est là un autre élément frappant de l'enquête: le montant moyen des bonus a grimpé en flèche. De près de 3.000 euros en 2019, il est passé à environ 5.000 euros cette année. Une croissance de 69% en moyenne.

Une évolution qui s'explique aussi par la part grandissante des entreprises qui renoncent à mener une politique salariale traditionnelle et décident plutôt de "compléter le salaire fixe avec une partie variable - souvent sous la forme d'un bonus - généralement associée aux résultats", précise Catherine Langenaeken.

Le bonus non récurrent a la cote

En se penchant plus en détail sur les données de l'enquête, on constate que le bonus non récurrent (CCT 90), comprenez un bonus collectif dépendant d'objectifs prédéterminés par l'entreprise, reste le plus populaire. Cette année, près de 15% des employés ont perçu une gratification de ce type.

3.413
euros
Bien qu'avantageux, le bonus non récurrent est assorti d'un plafond fixé cette année à 3.413 euros brut.

Cette popularité s'explique principalement par le fait que ce bonus reste le plus avantageux: l’effort brut de l’employeur fournit le rendement net le plus élevé pour le collaborateur. Jugez plutôt: sur un coût total de 1.000 euros pour le patron, 653,61 euros atterrissent dans la poche du travailleur. Avec le bonus salarial individuel, option fiscalement la moins intéressante, seuls 380 euros terminent dans le portefeuille de l'employé.

Bien qu'avantageux, le bonus non récurrent est assorti d'un plafond fixé cette année à 3.413 euros brut. Une restriction qui pousse certaines entreprises à porter leurs choix sur des bonus sous forme de warrants, comprenez des instruments financiers qui donnent le droit à leur détenteur d’acheter ou de vendre des actifs après une période donnée, à un prix prédéterminé.

Ce système a aussi l'avantage de pouvoir être accordé individuellement. En 2020, environ 6,3% des employés en ont bénéficié, contre 5,9% l'an dernier. Le montant moyen des warrants s'élevait à 11.320 euros en 2020.

"Ce sont surtout les bonus collectifs associés aux bénéfices ou à l’augmentation du chiffre d’affaires de l’entreprise qui seront inférieurs ou disparaîtront dans de nombreuses entreprises l’année prochaine."
Catherine Langenaeke
Consultante senior chez Acerta

Crise sur les bonus en 2021

Si vous avez reçu un bonus cette année, profitez-en car la probabilité que cela se reproduise en 2021 est mince. Bien que l'impact de la crise ne pourra être évalué avec précision qu'à l'issue du premier trimestre 2021, les perspectives paraissent bien sombres. "Ce sont surtout les bonus collectifs associés aux bénéfices ou à l’augmentation du chiffre d’affaires de l’entreprise qui seront inférieurs ou disparaîtront dans de nombreuses entreprises l’année prochaine", précise Catherine Langenaeken.

Lorsque les bonus sont octroyés sur la base d’autres objectifs, par exemple la réduction du nombre d'accidents de travail, les travailleurs peuvent, par contre, se permettre d'être un brin plus optimistes.

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