Les cancres du pays? Les ados francophones

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Les élèves belges ont obtenu des résultats supérieurs à la moyenne de la dernière enquête Pisa, sur les 34 pays de l'OCDE. Mais ce bulletin cache d'importantes lacunes au niveau communautaire: néerlandophones et germanophones ont beaucoup plus d'aptitudes que leurs camarades francophones. Dans la foulée, la ministre de l'Enseignement obligatoire a salué les résultats belges, sans toutefois occulter nos faiblesses.

Comme chaque année depuis 2000, le programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) détermine dans quelle mesure les élèves âgés de 15 ans sont capables d’utiliser leurs connaissances dans des situations en rapport ou non avec l’école.

En 2012, les honneurs reviennent aux élèves de Shanghai, avec un score de 613  points. Soit 119  points de plus que la moyenne de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Autrement dit, l’équivalent de près de trois années d’études.

De son côté, la Belgique a vu ses ados obtenir des performances scolaires supérieures à la moyenne des 34 pays de l'OCDE tant en mathématiques, en compréhension à la lecture qu'en sciences.

Et vous, quel serait votre score? Faites le test.

Une erreur technique survenue dans la récolte des données belges par l'OCDE rend les résultats moins précis. Néanmoins,

en math: notre pays se dresse entre le 7e et le 10e rang

en compréhension de l'écrit: les élèves belges occupent entre la 8e et la 14e place. Signalons que plus de 10% sont très performants, contre une moyenne de 8% dans l'ensemble des pays de l'OCDE.  Ces jeunes sont capables d’aborder des textes dont la forme ou le fond ne leur sont pas familiers, et de les soumettre à des analyses nuancées.

en sciences: nos élèves évoluent entre la 15e et la 18e position.

Problèmes financiers à venir

Ces résultats généraux ne démontrent pas moins la dégradation continue des aptitudes mathématiques depuis 2003 (de 15 points à 515). Alors qu'aucun changement notable n'apparaît dans la maîtrise de la lecture ou des sciences. Or, le niveau de compétence en mathématiques "influe sur leur faculté  de suivre des études post-secondaires et sur leurs perspectives financières une fois dans la vie active", rappelle le rapport de l'OCDE.

Près d'un élève belge sur cinq accuse des résultats inférieurs au seuil de compétence en math. C'est néanmoins mieux que la moyenne (23,1%). Tandis que, en baisse depuis 10 ans, la proportion d'élève très performants en mathématiques est comparable à celle d'insuffisant (19,5%). Le contraste avec la tendance des 34 économies développées est d'autant plus marquée puisque le score de l'OCDE s'élève seulement à 12,6%. 

 

Divergences communautaires

Une observation plus en détails se révèle toutefois préoccupante puisque ce bulletin globalement positif renferme des fortes disparités au niveau communautaire. 

  • En mathématiques, les élèves de la communauté flamande enregistrent une performance moyenne de 531 points, contre 511 pour les germanophones et 493 pour les francophones. Les jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles se retrouvent ainsi juste en deçà de la moyenne à 494.
  • Les divergences sont tout aussi notables en compréhension de l'écrit. Les jeunes de 15 ans de Flandre affichent 518 points, contre 499 points pour ceux de la communauté germanophone et 497 pour les wallons et bruxellois.
  • Dans les matières scientifiques, les élèves de la capitale et du sud du pays creusent davantage l'écart avec la moyenne de l'OCDE (487 points). Leurs condisciples flamands et de langue allemande s'en sortent avec respectivement 518 et 508 points.

 

Effort louable selon Schyns

La ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Martine Schyns (cdH) a accueilli avec satisfaction les résultats de l’enquête sur les performances de nos jeunes de 15 ans, saluant notamment les progrès réalisés par la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2009.

"Je souhaite adresser un message positif et de confiance aux différents acteurs scolaires, mais sans occulter nos faiblesses", a réagi la ministre lors d'une conférence de presse.

Marie-Martine Schyns a notamment salué la progression qui "nous place au-dessus de la moyenne de l'OCDE et de l'Union européenne".

Elle a toutefois reconnu qu'il restait "du chemin à parcourir" dans le domaine des sciences.

"Ces résultats sont encourageants et je voudrais les dédier aux enseignants. Je veux prendre le contre-pied d'une tendance actuelle à nous complaire dans un discours fataliste", a-t-elle ajouté.  

A ses yeux, le résultat de l'étude Pisa doit être perçu comme "un encouragement à poursuivre le travail".

 

L'honneur est toutefois sauf, ironiseront certains, les résultats de l'ensemble des élèves du pays sont meilleurs que ceux de nos voisins français.

 

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