Les communes wallonnes exigent 220 millons du gâteau Belfius

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A la veille de la mise en Bourse de la banque Belfius, les municipalistes wallons montent au front et exigent des compensations suite au deal négocié entre le Fédéral et Arco.

Les communes wallonnes s’invitent dans l’IPO de Belfius! A l’approche de l'IPO de la banque d’Etat par la Belgique cet été, les municipalistes wallons donnent de la voix. Ils réclament aujourd’hui une part du gâteau qui sera récolté par le gouvernement fédéral.

Bras de fer avec le fédéral

Cette irruption dans le dossier n’est pas forcément une surprise. Titillés par le deal en préparation entre le gouvernement fédéral et les 800.000 coopérants d’Arco qui pourraient toucher une partie du produit de la privatisation de Belfius suite à l’effondrement de Dexia, les municipalistes wallons exigent aussi leur dû.

"L’Union des villes et communes de Wallonie n’entend pas que ses membres, actionnaires historiques du Holding communal, soient discriminés par rapport à d’autres."
UVCW

"L’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) n’entend pas que ses membres, actionnaires historiques du Holding communal (qui détenait une participation dans Dexia, NDLR), soient discriminés par rapport à d’autres et exige une compensation par rapport au geste qui semble vouloir être consenti en faveur des ex-coopérateurs d’Arco", explique l’organisation.

Pour bien comprendre l’enjeu qui se cache derrière ce nouveau bras de fer, il faut remonter à la crise de 2008 et l’effondrement de la banque Dexia. La faillite de Dexia en 2011 a entraîné la chute de l'un de ses gros actionnaires Arco, coopérative financière du mouvement ouvrier chrétien (Moc en français, ACW en néerlandais), et ses 800.000 coopérateurs en majorité flamands. Avec une perte totale pour eux de 1,5 milliard d'euros.

Suite à un refus de la Commission européenne de voir l’Etat belge payer une garantie en 2016, le gouvernement de Charles Michel se dirige vers une autre solution pour dédommager les actionnaires d’Arco: la constitution d’un fonds de 600 millions d’euros, alimenté pour 400 millions par la privatisation de la banque Belfius. Les 200 millions devraient quant à eux provenir de la liquidation d’Arco et d’une contribution apportée par l’ACW.

Inégalité de traitement

Pour les communes wallonnes, ce deal avec Arco est jugé discriminant. "Pour l’UVCW, il ne fait pas de doute qu’une telle opération constituerait une inégalité de traitement flagrante entre les anciens coopérateurs d’Arco et les actionnaires historiques du Holding communal, à savoir les communes", estime l’UVCW.

"Une telle opération constituerait une inégalité de traitement flagrante entre les anciens coopérateurs d’Arco et les actionnaires historiques du Holding communal, à savoir les communes."
UVCW

Au front, les municipalistes espèrent récupérer pas moins de 220 millions d’euros. L’estimation repose sur le manque à gagner suite à la recapitalisation de Dexia et sa débâcle. "En 2009, les pouvoirs locaux wallons ont recapitalisé Dexia à hauteur de 80 millions. Beaucoup de communes se sont endettées pour recapitaliser le Holding communal. Aujourd’hui, on évalue le manque à gagner à près de 550 millions d’euros si on intègre les dividendes  perdus. Si l’Etat couvre 40% du capital perdu par les coopérateurs d’Arco, il serait juste qu’il couvre également 40% des 550 millions perdus par les pouvoirs locaux wallons. Cela représente plus ou moins 220 millions", estime un conseiller de l’UVCW.

Pour appuyer sa demande, le lobbying municipal en appelle "au respect des articles 10 et 11 de la Constitution (principes d’égalité et de non-discrimination), dans la mesure où il n’existe pas de raison objective justifiant un traitement des anciens coopérateurs Arco plus favorable que celui des anciens actionnaires du Holding Communal".

Garder un ancrage public dans Belfius

En marge de cette revendication, l’UVCW plaide également pour le maintien d’un ancrage public de la banque. "Le CA de l’UVCW s’est penché sur le sujet en date du 6 février dernier. Afin de préserver l’intérêt de ses membres, il s’exprime résolument pour la nécessité de maintenir une offre de services adaptée aux besoins des pouvoirs locaux, et insiste sur l’indispensable sauvegarde d’un actionnariat majoritairement public dans le patrimoine et dans le contrôle de la banque."

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