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Les coulisses de la rédaction

©VADOT

Quand GDF Suez jette des fleurs à Lampiris/Du prix des crevettes de la Mer du Nord/En Normandie, au-dessus de tout soupçon/Networking à Deauville… ou pas/Comptes d'apothicaire au MR-Hainaut/Comment ne pas attirer les assesseurs/Et si on découpait la Loterie en lots?

Médiation impossible

On aura lu par ailleurs tout ce qu’il faut savoir sur le débat entre Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) organisé jeudi soir par notre journal. Juste une anecdote: alors que les deux hommes s’affrontaient sur le ring de l’Hôtel de la Poste à Tour & Taxis, les mieux placés des spectateurs pouvaient lire, sur le mur derrière eux, une affichette manifestement rescapée d’un précédent séminaire et annonçant: "Au secret des sens — Coaching amoureux". Pas sûr qu’entre ces deux-là, un coach aurait suffi…

Le grand frère et le Petit Poucet

Ce n’est pas tous les jours que le Petit Poucet d’un secteur reçoit des fleurs de la part d’un grand frère. Et quand cela arrive, cela mérite d’être relevé. C’est arrivé lors d’un colloque "Énergies à tout prix", organisé mercredi 2 avril (ce n’est donc pas un poisson) aux HEC-ULg à Liège par l’ASBL Études & Expansion. L’orateur du jour, Jean-Pierre Hansen, ex-patron d’Electrabel et aujourd’hui conseiller de la maison-mère (GDF Suez), a ainsi salué la stratégie de tarif unique de Lampiris, le fournisseur d’électricité verte, en présence de son jeune cofondateur, Bruno Venanzi. Celui-ci devait participer au débat qui a suivi la présentation de Jean-Pierre Hansen. Les deux hommes avaient d’ailleurs l’air de bien s’entendre et semblent partager beaucoup de points de vue sur la matière énergétique et son avenir en Europe! Encore un peu, on aurait oublié que Jean-Pierre Hansen a piloté une entreprise qui tire encore une grande partie de sa production d’électricité du nucléaire et que Lampiris ne mise que sur le renouvelable. Sur un autre registre, Jean-Pierre Hansen a salué la "correction" de la présidente de l’ASBL, organisatrice de l’événement, Marie-Laure Moreau, qui dans sa présentation, ne les a pas présentés comme le "vieux" et le "jeune", mais a plutôt évoqué Electrabel (GDF Suez) comme un "grand" du secteur énergétique et Lampiris comme le "petit"…

Les crevettes coûtent cher à l’environnement

Lors du même colloque, Jean-Pierre Hansen a glissé quelques touches d’humour dans ses réponses lors de la séance d’échanges de vue avec l’assistance. C’est ainsi qu’il a fait un rapprochement entre la problématique des émissions de gaz à effet de serre et la consommation de crevettes pêchées en Mer du Nord, envoyées au Maroc pour être épluchées avant de revenir en Belgique. D’après ses calculs (et on peut faire confiance à l’économiste qu’il est), il faudrait l’équivalent de quatre éoliennes pour compenser les tonnes de CO2 envoyées dans l’atmosphère par le trajet aller-retour effectué par les crevettes de la Mer du Nord entre notre pays et le Maroc. À cette allure, il se demande si les Européens ne devraient pas se contenter de repas frugaux au lieu de maintenir des habitudes de consommation qui ne sont plus en adéquation avec la protection de l’environnement. Pour également illustrer les dégâts de la pollution, il a indiqué que les travailleurs des grands groupes japonais envoyés en Chine pour des raisons professionnelles ont vu leurs primes doubler pour faire face à la hausse des bronchites dues aux particules fines. Une idée pour les grands groupes européens qui souhaitent préserver leurs expats dans l’Empire du Milieu?

Réveil tardif

Généralement, l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles tient sur une page A4. Mais pour la séance de mercredi dernier, il comprenait quatre pages avec quelque 17 points au programme et l’examen de pas moins de 16 propositions et projets de résolution et de décrets, compilés dans un compte-rendu de près de 50 pages. Que les députés fassent preuve d’une telle activité à quelques semaines des élections n’est évidemment qu’un pur hasard. Et ceux qui pensent le contraire sont de pures mauvaises langues!

À ses frais

Les Rencontres au Sommet qui réunissent chaque année à Deauville quelque 300 membres du gratin des affaires et de la politique belge sont aussi connues pour la qualité de leurs intervenants. Lesquels ont parfois des idées bien arrêtées. Ainsi, le ministre des Finances Koen Geens (CD & V) a accepté la voiture avec chauffeur mise à sa disposition par l’organisation, mais il a refusé d’être invité gracieusement et a préféré prendre une chambre d’hôtel à sa charge en dehors de Deauville. Il est vrai que la Normandie ne manque pas de bonnes adresses.

En petit comité

L’un de ses prédécesseurs aux Finances, Didier Reynders, avait lui aussi fait le déplacement pour donner quelques conférences, emmenant pour l’occasion une partie de sa garde rapprochée, dont son porte-parole David Maréchal et son chef de cabinet Olivier Henin (qui participait personnellement à un débat organisé par L’Echo et De Tijd). Ce petit monde, avec les accompagnants, occupait toute une table du restaurant de l’hôtel, lors du petit-déjeuner. Or, un coup d’œil sur le programme des Rencontres permettait de constater que le petit-déjeuner était considéré comme un moment de "networking". Networking en interne, sans doute.

Voiture partagée. Voilà qui contrastait avec la (petite) bande de la coprésidente d’Ecolo Emily Hoyos, venue en voiture ("mais en covoiturage", était-il aussitôt précisé) pour une conférence avec Günther Pauli sur l’économie "bleue", et apparemment ravie de tenir table ouverte et de faire de nouvelles connaissances. Avant un retour express sur Bruxelles pour participer au débat dominical sur la RTBF. Retour dare-dare aussi, d’ailleurs, pour le ministre des Affaires étrangères, attendu à Pairi Daiza pour la visite du président chinois à ses deux compatriotes à poil blanc et noir.

Sombre histoire de panneaux bleus

Les pontes du MR en Hainaut sont-ils des ingrats? C’est en tout cas l’avis de leur désormais ex-coreligionnaire libéral Bernard Beugnies, qui affiche à son compteur pas moins de… 36 ans, dont 25 dans l’opposition, sur le (petit) banc libéral du conseil communal de Mons. En cause, un arrêt de la Cour d’appel de Mons datant de novembre dernier et une facture de 3.825,70 euros que les instances libérales hennuyères refusent d’acquitter au bénéfice de Beugnies. Rétroactes. Aux élections communales et provinciales de 2006, Bernard Beugnies a vu ses panneaux d’affichage systématiquement arrachés par le MET (direction générale des routes en Wallonie) sur le boulevard de ceinture de Mons. Après une procédure en 1ère instance lancée en 2011 (!), la "facture d’arrachage" envoyée par le MET a été ramenée à 1.398 euros. Mécontent de cette diminution, le MET est allé en appel, mais la Cour a confirmé le premier jugement.

Fort de cette double victoire judiciaire, Bernard Beugnies présente un décompte de 3.825,7 euros (principal, intérêt, frais et dépens ainsi que ses frais d’avocat) à Olivier Chastel, président du MR en Hainaut dans le cadre d’un "conflit d’affichage électoral opposant le MR au MET". En vain. Le même courrier, adressé aux leaders MR montois que sont Jacqueline Galant et Richard Miller, n’a pas eu plus de succès. Dans le même temps Bernard Beugnies était averti, "par lettre circulaire", que sa candidature (1ère suppléance à la Région) n’était pas retenue pour l’élection de mai prochain. Furieux, Beugnies a déploré, dans un courrier à la presse, "le manque total d’humanité dont font preuve les dirigeants du MR qui me jettent comme un chien et font comme si je n’avais jamais existé". L’homme, atteint d’un cancer, est convaincu que tous ces tracas n’ont pas été sans conséquences sur son état de santé.

Dites-le avec des fôtes

Elles sont arrivées. "Elles", ce sont ces petites missives qui, à l’occasion d’une élection, vous invitent à remplir votre devoir de citoyen comme assesseur. Gasp! Un beau dimanche du mois de mai qui tombe à l’eau. Tout cela contre quelques malheureux sandwiches et une indemnité rikiki. Au fait, elles ont été distribuées un 1er avril, ce ne serait pas un beau poisson des voisins, par hasard? À Nivelles, certains citoyens l’ont pensé un court instant. Le rédacteur de ces lettres tant redoutées était en effet quelque peu fâché avec l’orthographe. La date d’abord: "30 mar 2014". Un nouveau mois du calendrier? Ensuite, quelques traits d’union oubliés "par ci par là", et un ou deux participes passés qui refusent obstinément tout accord. Enfin, la menace d’une "ammende" en cas d’absence le 25 mai. Bref, une lettre qui vous donne une furieuse envie de répondre: "Désaulé. Je ne suie pa libr le 25 mei".

Casse-tête à la Loterie Nationale

Compliquée, la mission de régulation confiée à la Commission des jeux de hasard… Cette semaine, la Commission s’est penchée sur l’octroi d’une licence F1 + (pour l’exploitation de paris sportifs sur internet) à la Loterie Nationale. Les représentants du ministre des Finances ont dû quitter la réunion. Pourquoi? Parce que ce sont les Finances qui ont la tutelle sur la Loterie, par ailleurs détenue par l’État, alors que la Commission émarge au cabinet de la ministre de la Justice, et que dès lors, la neutralité du régulateur pourrait être mise en doute par d’aucuns si la tutelle de la Loterie interférait dans une décision qui la concerne. Important, car plusieurs concurrents du secteur privé sont à l’affût du moindre faux pas: le Conseil d’État en sait quelque chose, lui qui est régulièrement saisi par l’un d’eux contre l’entreprise publique… Plus largement, les relations entre la Commission et la Loterie sont un véritable casse-tête. Le contrôle de la Loterie elle-même relève du ministre des Finances (loi de 2002), mais celui de son activité de paris sportifs relève de la Commission des jeux de hasard. C’est d’autant plus épineux que jusqu’à présent, la Loterie ne scinde pas ses activités dans ses comptes: comment effectuer un contrôle sur une partie de celles-ci sans avoir de visibilité sur elles? Il existe toutefois une solution, relativement simple à mettre en œuvre: il suffirait que la Loterie filialise son activité de paris sportifs. Il paraît qu’on y songe sérieusement à la Loterie. Cela reviendrait en somme à découper celle-ci en deux lots… Mais cela devrait évidemment passer par la case des décideurs politiques.

Peu de chance qu’on y arrive avant les élections.

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