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Les coulisses de la rédaction

©vadot

Des banquiers toujours mal-aimés / Quand Belga parle de Belga / Rencontre entre deux animaux médiatiques / Histoires de libraires à Knokke / L'économiste anglais qui adore le football / Un parlement européen très déserté / Des "private bankers" quelque peu anxieux.

Des banquiers masochistes…

Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants? Eh bien, les banquiers du Royaume l’ont sans doute appris à leurs dépens.

Febelfin, qui réunissait jeudi soir ses membres pour la traditionnelle assemblée générale, a envoyé une caméra dans des écoles de Flandre et de Wallonie pour sonder les enfants sur leur avenir. On entend ainsi que nos établissements scolaires regorgent de futurs kinés, médecins, policiers, danseuses, chanteuses et même un futur Premier ministre. Et des banquiers? La réponse est unanime: non! Pourquoi? "Mes parents ne les aiment pas beaucoup", lance un premier. "Ils sont égoïstes", tente un deuxième. La palme de l’explication revient quand même à: "Ils boivent beaucoup pour oublier" (sic).

À l’issue de cette projection, Rik Vandenberghe, président de Febelfin et CEO d’ING Belgique, a déclaré désormais mieux comprendre la mine surprise de ses enfants quand le soir, il leur dit qu’il a passé une bonne journée au bureau. Il faut dire que poser une question sur le métier de banquier, alors que le secteur peine à se refaire une image auprès du citoyen, revient peut-être aussi à dire que les banquiers sont masochistes! Allez, cela ira mieux demain.

… et d’autres qui se posent bien des questions.

De très nombreux banquiers privés étaient présents à la cérémonie desFund Awardset à la Global Investors Conference organisées mardi soir par "L’Echo" et le "Tijd". Dont ceux de Petercam et de la Banque Degroof. On sait que les deux firmes sont en voie de fusion. Et, bien entendu, chacun se demande qui fera quoi dans le futur organigramme, qui gérera quoi, et même qui sera encore présent l’an prochain à la même soirée…

Dans l’intervalle, les équipes des deux maisons bruxelloises passent pas mal de temps à répondre aux requêtes des régulateurs, de la Banque nationale de Belgique bien sûr, mais aussi de la Banque centrale européenne.

Il faut savoir que la Banque Degroof, active dans plusieurs pays, fait partie des sept banques belges supervisées par l’institution de Francfort. C’est même, dit-on, la toute première opération de fusion à être arrivée sur la table du nouveau superviseur bancaire européen, né en novembre dernier. Bref, la Belgique essuie les plâtres. En coulisses, certains se demandent s’ils devront bientôt répondre à un contrôleur letton ou slovaque de la BCE. Voire grec…

Lucky Belga.

Cette semaine, le cigarettier belgo-luxembourgeois Torrekens Tobacco a perdu une manche devant le tribunal de commerce d’Anvers dans la bagarre qui l’oppose au géant British American Tobacco (BAT) sur les marques "B" et "Belga". Le tribunal a estimé que sa nouvelle marque B faisait trop d’ombre à la marque Belga de son concurrent, en dépit du fait que ce dernier l’ait retirée du marché pour lui substituer ces bonnes vieilles Lucky Strike.

"J’ai entendu que l’info avait été donnée par l’agence… euh, l’agence Lucky Strike."
Le patron de torrekens tobacco à propos de la décision concernant les marques "B" et "belga".

L’agence de presse Belga a fait partie des premiers médias à relayer l’information mardi dernier. Belga parlant de Belga, c’était déjà amusant. C’est devenu plus drôle encore lors d’une conversation téléphonique à bâtons rompus avec le patron de Torrekens Tobacco Belgium: "J’ai entendu que l’info avait été donnée par l’agence… euh, l’agence Lucky Strike", nous a dit l’homme! Tant qu’à faire, c’est vrai qu’on pourrait continuer d’interchanger les marques, quels que soient les secteurs. Accessoirement, on pourrait aussi méditer sur le caractère éminemment distinctif (hum) d’un nom de produit qui réfère au mot latin désignant le Belge gaulois ("Belga, Belgae")… L’observation vaudrait aussi pour "B", certes, mais tel n’était pas l’objet du jugement.

Conclusion? Au pays de Magritte, où les pipes ne sont pas des pipes, les cigarettes Belga n’en sont plus, et les B non plus. Bref, tout fout le camp…

Non, le papier n’est pas mort.

John-Alexander Bogaerts, le très actif patron du Cercle B19 Country Club, ne tient pas en place. Le 3 avril, en pleines vacances de Pâques, il ouvrira au Zoute, face à l’Église des Pères Dominicains — pas très loin non plus du golf et du tennis — une librairie. De quoi concurrencer Corman by Filigranes, initiée par le tout aussi remuant Marc Filipson?

L’homme jure que non et que les deux enseignes seront complémentaires. Lui vendra essentiellement de la presse (1.000 références), alors que Corman by Filigranes est focalisé sur les livres. Mais qui a dit que le papier allait disparaître?

VIP, champagne et photos.

Autre idée lancée par ce grand communicateur qu’est John-Alexander Bogaerts: étendre sa franchise de magazines de photos de "pipoles". Après "Zoute People", "Art People", "Golf People", "Hockey People" et "RSCA People" (du nom du Sporting d’Anderlecht), il s’apprête à lancer "KVO People", pour le club de foot d’Ostende, détenu par un autre animal médiatique, Marc Coucke.

John-Alexander Bogaerts s’est même mis en tête de sortir le concept (des photos, sans textes ni commentaires, de VIP sabrant le champagne lors de manifestations artistiques et sportives…) hors de nos frontières puisqu’il négocie actuellement avec les clubs de foot de Lille et de Bordeaux. À quand le PSG?

Strasbourg, morne plaine. Près de vingt ans après sa construction, le Parlement européen de Strasbourg n’a rien perdu de son lustre. Son magnifique hémicycle, incrusté dans un œuf de bois surplombé d’un arc de verre, brille comme un sou neuf. Et, au rythme où les députés européens fréquentent ce temple de la démocratie, les centaines de sièges de la grande salle ne sont pas près de s’user.

Lors de la session strasbourgeoise, qui a eu lieu cette semaine, les 750 élus se sont réunis… deux fois pour voter, le mardi et le mercredi de 13h à 14h. Le reste du temps, une vingtaine d’entre-eux, aux meilleures heures, ont débattu dans une pièce quasi vide. Triste…

Un vrai supporter.

Jim O’Neill, 57 ans, l’homme qui a créé le concept des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) chez Goldman Sachs est désormais retraité. Il enseigne aujourd’hui à l’Université de Manchester. Quoi de plus normal pour ce natif de la cité mancunienne et surtout ardent supporter de Manchester United?

Un banquier belge qui l’a rencontré lorsqu’il était chez Goldman Sachs confirme qu’un maillot des "Red Devils" trônait même dans son bureau.

Présent mardi soir à Bruxelles pour une conférence, Jim O’Neill a fait référence à son amour du foot, dévoilant sa cruelle désillusion après l’élimination de son club préféré, la veille, en Coupe d’Angleterre face à Arsenal. Il a décerné pour l’occasion un zéro pointé à Adnan Januzaj, joueur belge qui évolue à Manchester United, tout en saluant les prestations d’Eden Hazard à Chelsea (c’était avant l’élimination européenne face au PSG).

Après son concept des BRIC, Jim O’Neill avait encore lancé celui des "Next Eleven", les onze nouveaux pays émergents. Mais pourquoi onze? "Mais parce que j’aime le foot". On vous le disait, un vrai fanatique…

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