Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

Quand c'est "L'Echo" qui le dit…/Une piste d'entente pour deux aéroports concurrents?/De l'huile sur le feu dans le clan libéral wallon/Un roi du champagne qui est vraiment comme chez lui/Cherche économistes marxistes désespérément/Une improvisation très rock.

Quand les infographies de "L’Echo" sont utilisées pour des communications officielles. Étonnement, mardi, à la Chambre, Frank Vandenberghe, responsable d’Elia, a utilisé une infographie provenant de "L’Echo" et du "Tijd" sur les fermetures de centrales annoncées pour l’hiver à venir, lors de son audition par les députés de la commission Économie, dans le cadre de la prolongation des réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2. Une information que nous avions donnée en exclusivité, mais qui se basait pourtant sur une note tout ce qu’il y a de plus officiel, rédigée par l’administration de l’Énergie, en concertation avec la Creg, le régulateur fédéral, et… Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension belge. Un bel hommage à nos infographistes…

Brussels Airport et Charleroi Airport enterrent la hache de guerre. Il y avait du beau monde mardi soir à l’inauguration du Connector, la nouvelle infrastructure de Brussels Airport, qui va faciliter la vie des voyageurs. Et pour la mise en service du nouvel outil, le roi Philippe était accompagné du Premier ministre Charles Michel (MR) et d’autres membres du gouvernement fédéral (Jacqueline Galant, Alexander De Croo, Theo Francken).

Sans oublier l’homme d’affaires Albert Frère et le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS). L’événement était salué comme une belle réussite. Il y avait aussi parmi les invités présents, Jean-Jacques Cloquet, CEO de Brussels South Charleroi Airport (BSCA), gestionnaire de l’aéroport carolo. L’homme a subi une opération au genou, mais il était bien là, avec des béquilles. Sa présence est un point de satisfaction symbolique quand on connaît la concurrence (la guerre?) entre les deux premiers aéroports belges. Brussels Airport reproche à son petit frère carolo de bénéficier de subsides régionaux lui permettant de pratiquer des redevances au rabais alors que BSCA tente par tous les moyens de persuader Brussels Airlines, "home carrier" sur le tarmac bruxellois, d’opérer une partie de ses vols à Charleroi.

BSCA reproche de son côté à Brussels Airport Company (BAC), gestionnaire de l’aéroport national, d’avoir bénéficié de terrains autour du site, sous-évalués par le Fédéral lors de la privatisation partielle, soit une sorte d’aide d’État déguisée.

Mais mardi, c’était la fête et tout le monde en a amplement profité. Sauf que l’on n’a pas vu Jean-Jacques Cloquet et son homologue de BAC, Arnaud Feist, discuter ensemble. Il faut dire que le CEO de Brussels Airport était très demandé ce soir-là et qu’il ne savait plus vraiment où donner de la tête. On attend donc une prochaine occasion de rencontre.

Schizophrénie au MR dans le dossier Kubla. Le dossier de corruption qui a vu l’inculpation de l’ancien ministre Serge Kubla (MR) et des dirigeants de Duferco (Antonio Gozzi, Massimo Croci) a suscité beaucoup de réactions. Il faut dire que le dossier a remis dans l’actualité le cas de FSIH, filiale à 100% de la Sogepa, bras financier de la Région wallonne. Le député wallon Olivier Destrebecq (MR) est monté au créneau en posant plusieurs questions à propos de FSIH. "Comment une entreprise, la FSIH, détenue par la Région via la Sogepa, peut-elle inscrire à son budget 1.193.678 euros de frais de personnel avec seulement 1,1 équivalent temps plein? À quoi sert cet organisme créé en 2003 et dont le but était d’investir au sein de Duferco? Pourquoi avoir réalisé un montage financier sans en avertir l’UE? Pourquoi maintenir le secret au fil des ans?" a-t-il fustigé dans un communiqué. Sa sortie surprend d’autant plus qu’il critique un outil créé à une époque où le MR participait au pouvoir au sein du gouvernement wallon et que le ministre de tutelle était le libéral Serge Kubla. S’est-il rendu compte qu’il mettait de l’huile sur un feu qui lèche un coin de la maison d’un des siens?

"Normal, on rend les honneurs à Paul-François Vranken!"
La garde républicaine a défilé devant son restaurant à Paris

Comme chez lui, comme chez soi… L’autre jour à Paris, Paul-François Vranken tenait table ouverte avec quelques journalistes au "Lucas Carton", un restaurant gastronomique situé place de la Madeleine. Le fondateur du numéro deux du champagne présentait quelques-uns de ses rosés de luxe, parmi lesquels le Domaine de Jaras et le Château La Gordone. À un reporter qui demandait à qui appartient le restaurant, un collègue répondit: "Ici, on est comme chez lui." Incompréhension du premier: "Comme chez lui… Comme chez soi, à Bruxelles?" Réplique: "Non, comme chez lui!" avec un geste invitant à contempler le profil de l’hôte du jour. Eh oui, le "Lucas Carton" appartient à Paul François Vranken, qui y est dans ses petits papiers… Ici, le "soi", c’est lui.

… et garde à vue. Peu après, à travers la baie vitrée de l’établissement, on découvrit un spectacle étonnant: la Garde républicaine défilant à cheval devant la Madeleine. Explication d’un convive: "Normal, on rend les honneurs à Paul-François Vranken!" L’occasion de souligner que ses rosés d’exception sont aussi des vins de garde. Mais baste!, telle n’était pas la raison pour laquelle la Garde défilait… La vraie raison était plus "classique": le Roi d’Espagne Felipe VI était de passage dans la Ville Lumière, visite qu’il fallait honorer en donnant la Garde. Comme à Acedo ou Burgos du temps de Napoléon Ier, en somme. Cela nous rappelle que durant la campagne d’Espagne, l’empereur avait utilisé sa jeune garde dans la région du Douro… précisément là où Paul-François Vranken a investi dans le porto! Simple coïncidence, bien sûr.

Ce n’est pas comme en Chine… Lundi soir, Patrick Artus, le chef économiste de la banque française Natixis, était invité par la banque privée Delen à s’exprimer sur l’évolution des marchés financiers. Quelque 250 personnes assistaient à sa présentation. L’économiste, au terme de celle-ci, s’est étonné que personne ne pose de questions sur l’or, car en France, ce sujet revient beaucoup sur la table. Mais il confie aussi qu’un auditoire de 250 personnes, c’est assez modeste à côté d’un amphithéâtre de 4.000 personnes, en Chine, entouré de généraux de l’armée chinoise. Patrick Artus s’est montré pessimiste sur l’Empire du Milieu, car il a constaté que le nouveau gouvernement méprise les économistes occidentaux, accusés de toutes les crises, et cherche maintenant à imposer l’enseignement de l’économie marxiste dans les universités du pays. D’après lui, le gouvernement éprouve toutefois bien du mal à trouver des enseignants spécialisés dans ce courant de l’économie, quelque peu délaissé il est vrai.

Culture économique et… musicale. William De Vijlder, le chef économiste du groupe BNP Paribas, aime la littérature mais aussi la musique pop rock (U2, Bruce Springsteen, Hooverphonic…). Invité à la tribune de l’Ecofin Club, il a débuté son exposé en parlant de… Jackson Browne, le chanteur américain, tout en évoquant les marchés et la politique monétaire US! Un bien curieux mélange. Quand Jackson Browne chante "Running on empty", c’est un peu, dit-il, comme les marchés boursiers qui commencent à manquer d’essence, car les taux d’intérêt vont être bientôt relevés. Même si, dans le même temps, ces marchés supplient Janet Yellen, de la Federal Reserve, de rester au niveau actuel des taux un peu plus longtemps ("Stay a bit longer").

"Ce soir, en rentrant chez vous, vous pourrez dire que vous avez écouté un économiste vous parler de Jackson Browne…", a glissé William De Vijlder à l’assistance. Une sacrée improvisation en tout cas. Comme dans les bons concerts de rock.

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