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Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

Guéguerre sur le tarmac de Liege Airport / Le chômeur, le pot de peinture et la cigarette… La Justice nous étonnera toujours / Une assemblée où l'on sait manier le verbe / De gentils avocats transformés en stewards? / C'est dans le Limbourg que cela se passe.

Quand José Happart et le ministre Di Antonio s’évitent

Alors que le gratin politique liégeois et pratiquement la moitié du gouvernement wallon avaient fait le déplacement le 4 septembre pour assister à l’inauguration des premières zones d’activités économiques autour de Liege Airport ("L’Echo" du 5/9), on notait une absence de taille: celle de José Happart (PS), président du conseil d’administration de la société gestionnaire de l’aéroport. Il faut dire que le courant ne passe pas du tout entre lui et le ministre wallon, Carlo Di Antonio (cdH), en charge de la politique aéroportuaire. Le ministre humaniste avait indiqué publiquement que José Happart devait faire un pas de côté en raison de son inculpation pour faux en écriture et corruption dans le cadre de marchés publics en tant que président de l’aéroport.

"Le budget est serré. On peut vous envoyer les pots de peinture, mais vous devrez peindre vous-même."
La réponse du SPF au président du tribunal de première instance

Le parquet a d’ailleurs demandé son renvoi devant le tribunal correctionnel dans ce dossier politico-judiciaire. Lorsque le ministre wallon avait publiquement désavoué José Happart, il y a quelques mois dans le journal "L’Avenir", le président de Liege Airport avait immédiatement riposté en déposant une plainte contre lui pour diffamation. Donc, on voit mal comment ces deux responsables peuvent se retrouver au même endroit au même moment. L’absence de José Happart vendredi dernier n’a donc pas tellement surpris les observateurs. Plusieurs d’entre eux faisaient d’ailleurs remarquer que la position du président Happart devient de plus en plus intenable, car en raison de son inculpation et la demande de son renvoi devant le tribunal correctionnel, l’administration fédérale a refusé de lui attribuer un badge de sécurité pour lui permettre d’accéder au tarmac. La conséquence directe est qu’en cas de visite de hautes personnalités étrangères, le président de l’aéroport liégeois ne peut théoriquement pas participer aux cérémonies protocolaires sur le tarmac.

La non-délivrance du badge de sécurité pour raison de problème judiciaire vise aussi le directeur général de l’aéroport, Luc Partoune, lui aussi inculpé (sur aveu) dans un autre dossier pour des comportements (mineurs?) au préjudice de la société gestionnaire du site. Mais vendredi dernier, il était présent et a fait un discours pour souligner le développement de Liege Airport. Il faut dire que lui a observé un profil bas lorsque le ministre Di Antonio avait fait sa sortie il y a quelques mois pour dire ce qu’il pensait de lui et de José Happart pour la direction de l’aéroport.

Le gentil chômeur bénévole

 Tout va bien, braves gens, dormez sur vos deux oreilles, la justice bruxelloise va bien, la toute grande forme. Sincèrement, pas de quoi s’inquiéter en entendant quelques anecdotes racontées jeudi à l’occasion des premiers états généraux de la justice bruxelloise. Tenez, celle-là, pour commencer. La situation au greffe du tribunal de commerce francophone de Bruxelles est catastrophique, le cadre des greffiers est rempli à 20%! Depuis des mois, le président du tribunal, Patrick De Wolf (en passe de devenir champion du monde dans la catégorie reine du retroussage de manches) le crie à qui veut l’entendre. Il le crie tellement fort qu’il a fini par être entendu par… un chômeur! Touché par la situation, ayant du temps à sa disposition et convaincu qu’il en relevait de son devoir de citoyen, il a proposé ses services pour venir dactylographier les centaines de jugements en attente de l’être! Voilà comment depuis près d’un an, à raison de quatre fois par semaine, un chômeur vient bénévolement renforcer le pool des dactylos plutôt dégarni!

Tribunal de commerce, toujours

Toujours dans un souci de tenter de résorber l’arriéré de son tribunal, le président a décidé de faire travailler le greffe à portes fermées l’après-midi, une décision contestée par les avocats. Mais ce n’est pas tout. Dans un souci d’efficacité, le président a pris un règlement d’ordre intérieur limitant le nombre de pauses cigarette des greffiers à deux par jour et d’une durée maximale de dix minutes par pause! Peut-on se permettre une suggestion? La ministre Maggie De Block, en charge de la Santé, ne devrait-elle pas faire glisser une partie de son (maigre) budget vers le (maigre) budget de la Justice pour remercier le président De Wolf de se soucier de la santé de ses greffiers? Allô, Koen Geens?

Les pieds dans le pot…

Luc Hennart, le bouillant président du tribunal de première instance, a récemment fait rénover des salles du conseil pour les rendre plus salubres (moins insalubres, en réalité). Puis, dans un dernier souci d’esthétique, il a demandé au SPF un budget pour effectuer des travaux de peinture. La réponse? Le budget est serré, monsieur Hennart, très serré. On peut vous envoyer les pots de peinture, mais vous devrez peindre vous-même. Mais attention, limitez-vous à peindre à hauteur des yeux, si vous montez sur une échelle ou un échafaudage, vous ne serez pas assuré! Allô, Koen Geens? Houston, Houston…

Un ange passe à l’assemblée…

Dans les sociétés, les assemblées générales se suivent et se ressemblent la plupart du temps. Quand vous avez assisté à deux ou trois d’entre elles, vous en connaissez les modes de fonctionnement et les langages. En voici toutefois une qui sort du lot. Elle s’est ouverte par la phrase suivante: "En la solennité de saint Jean-Baptiste, le Précurseur, après avoir célébré l’Eucharistie, les profès solennels membres de l’assemblée générale…", etc.

Question: de quelle société s’agit-il? La réponse ne surprendra finalement pas grand monde, puisqu’il s’agit de l’ASBL Abbaye de Leffe. Celle-ci réunissait une assemblée générale pour élire son président. N’empêche, on n’est guère habitué à pareille littérature dans le monde des sociétés et associations. Et on serait même enclin à le regretter, parce que tout cela manque d’originalité et de fraîcheur (de poésie?), alors qu’à l’abbaye prémontrée dinantaise, on sait encore manier le verbe…

Méfiance. À l’initiative de l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles, des permanences juridiques ont été installées dans des combis de pompiers aux abords du parc Maximilien pour fournir une première assistance aux réfugiés. Mais ne défend pas pro deo qui veut. En effet, craignant de voir des "avocats infiltrés" venant chasser du client à bon compte ou cherchant à éviter de voir débarquer des "bonnes" âmes se sentant pousser des ailes d’avocats qu’ils ne sont pas, le bâtonnier a exigé que ses avocats, en consultance bénévole, soient clairement identifiables par une chasuble jaune fluo. Bon, ça fait un peu steward de stade de foot, mais comme c’est pour la bonne cause, on ne se moquera pas!

Comment faire plaisir au Limbourg?

Le week-end prochain aura lieu le Sanicole AirShow à Hechtel (près de Bourg-Léopold) dans le Limbourg. Généralement, il s’agit d’un meeting de haute tenue, mais là, il sera particulièrement à la hauteur. Il apparaît en effet que les cinq prétendants au remplacement de nos F-16 seront présents. Soit au sol, soit en vol, soit les deux. Les journalistes aéronautiques spécialisés ont été fort étonnés de recevoir une invitation d’Eurofighter pour venir vendredi après-midi assister à un briefing donné par un pilote du Typhoon, Paul Smith de la RAF.

Renseignements pris, Dassault nous a confirmé que nous étions aussi les bienvenus le vendredi 18 septembre, notamment pour assister aux démonstrations aériennes au soleil couchant, du Rafale et de la Patrouille de France (sur Alpha Jet), "un spectacle particulièrement beau". Et puis, il y a aussi la grande tente VIP où sont réunis Dassault et Eurofighter, mais aussi Boeing (pour le Hornet), Lockheed-Martin (F-35) et Saab (Gripen).

Mais pourquoi cet engouement?

La réponse est toute simple, le ministre de la Défense Steven Vandeput est limbourgeois. Et au passage, la présidente de la Commission de la Défense du Parlement aussi. Participer à un meeting au Limbourg s’impose donc tout… "naturellement", on l’avait bien compris. Seront aussi présents un MiG-29 et un Sukhoï-33, mais n’allez pas trop vite en tirer des conclusions hasardeuses!

Une expo à la Bourse (suite)

La semaine dernière, nous écrivions que pour l’expo "Behind the Numbers" au Palais de la Bourse, Euronext n’avait pas été consulté. Erreur, nous indique-t-on. Le scénographe Christophe Gaeta a bien consulté la Bourse Euronext dès le départ. Et c’est grâce à un responsable d’Euronext que l’on peut retrouver les tableaux, les corbeilles et le dernier tableau noir des cotations. Voilà qui est dit. Reste à en faire une belle expo permanente, non?

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