Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

Les bronzés du monde du voyage et les autres | Histoire de pneu crevé et de taximen en colère | Nouvel accrochage sur la ligne | De quoi nous en mettre plein la vue | Quand le big boss parle des réfugiés plutôt que du business | En anglais dans le texte

Quand Uber crève un pneu devant RTL

La scène se passe mercredi alors que la corporation des taxis a décidé de bloquer la Région bruxelloise, en guerre qu’elle est contre la société Uber et ses chauffeurs. Le grand patron européen d’Uber, Mark MacGann, s’est déplacé jusqu’à RTL pour faire valoir ses arguments et étriller le lobby des taxis bruxellois, "un monopole qui coûte cher aux Bruxellois", dit-il sur antenne. Il en profite (aussi) pour lâcher une pique aux socialistes bruxellois, les plus fidèles protecteurs du secteur des taxis. "C’est avec les socialistes francophones que nous avons le plus de problèmes", martèle-t-il.

"Il se pourrait que j’aie frôlé une bordure."
le chauffeur de la limousine du patron d’UBER
après la découverte d’un pneu crevé qui a fait le buzz

L’interview dans l’émission matinale terminée, MacGann, qui enchaîne les interviews et doit se rendre chez Euronews, se dirige vers les ascenseurs, descend les trois étages, se trouve devant sa limousine avec… un pneu crevé. Est-ce une attaque éclair de la part de chauffeurs de taxis? Y aurait-il eu un raid éclair sur le pneu du grand patron d’Uber? La rumeur se propage. MacGann file dans une voiture de remplacement. Reste le chauffeur de sa limousine. On l’interroge. Et le voilà, du bout des lèvres, qui concède: "Il se pourrait que j’aie frôlé une bordure en arrivant chez RTL"…

Voyage, voyage…

L’événement de la rentrée dans le monde du voyage a eu lieu mercredi soir dans les salons du Dolce à La Hulpe. On y fêtait les 20 ans du Fonds de Garantie, cet organisme qui garantit aux voyageurs qui passent par une agence de voyages ou un tour-opérateur de se voir rembourser leur voyage ou d’avoir leur retour assuré en cas de faillite des intermédiaires. Une garantie qui s’ajoute aux autres et où la Belgique fait œuvre de pionnière.

Globalement, le Belge qui part en voyage via un voyagiste ne risque plus rien, contrairement à l’individualiste qui joue tout seul sur internet.

Sans doute en manque après les longs mois d’été sans activités ludiques (mais pas sans travail!), ils étaient plus de 200 T-O, agences, offices de tourisme et autres à être venus au Dolce, les uns blancs comme des cachets d’aspirine (ils ont travaillé), les autres bronzés (parce qu’ils ont accompagné des groupes à l’étranger, prétendaient-ils).

Au menu des discussions, la Tunisie ou la surcharge Lufthansa, mais aussi le prochain congrès de l’Upav, l’Union professionnelle des agences de voyages francophones, qui vient de se doter d’un nouveau président au nom céleste: Benoît Dieu (BT Tours). Il remplace Jean-Philippe Cuvelier (Rainbow) que l’on croyait inamovible et qui a beaucoup donné à la profession.

Et puis, l’événement a été la présentation de l’animateur Bob Delbecque qui a alterné le rire et le sérieux sur la crise du secteur et des opportunités à saisir sur le thème: "Vous n’êtes pas responsable de la tête que vous avez, mais de celle que vous tirez." Et puis cette formule de Jack Welch (CEO de General Electric): "You have to change before you have to", ce qu’on pourrait traduire par: "Il vous faut changer avant que vous n’y soyez contraint" (mais ça sonne mieux en anglais).

Jo et les cheminots

Nouvel accrochage sur la ligne entre le CEO de la SNCB et les dirigeants de la régionale bruxelloise de la CGSP-Cheminots. Le secrétaire régional du syndicat socialiste, Philippe Dubois,accuse Jo Cornu de court-circuiter les négociations sociales au sein de l’entreprise. Il cite deux exemples démontrant l’intervention intempestive du premier responsable de l’entreprise ferroviaire. Il serait intervenu pour demander le maintien d’une enquête administrative à propos de dirigeants syndicaux soupçonnés d’avoir fait fuiter dans la presse ("L’Echo" du 3 septembre) une étude révélant le mal-être des agents du service des ventes (BMS). Or, d’après Philippe Dubois, des négociations entre le directeur de la division et le secrétaire général de la CGSP-Cheminots ont permis de régler la situation en renonçant à l’enquête. D’un autre côté, Jo Cornu serait intervenu dans un dossier disciplinaire afin de maintenir une décision de révocation d’un agent pour faute grave (utiliser une fois le GSM professionnel à des fins privées). Or, le président national de la CGSP-Cheminots, Michel Abdissi, avait réussi à négocier avec HR Rail (société des ressources humaines de la SNCB) une punition moins sévère. Pour Philippe Dubois, le patron de la SNCB met inutilement "de l’huile sur le feu" dans un climat social déjà tendu. Il demande sa démission. Dans un communiqué, Jo Cornu a démenti les accusations de la CGSP-Cheminots et indique que "ce n’est pas la première fois que l’on doit constater que Monsieur Dubois répand des propos mensongers sur la SNCB et les membres de sa direction". Ira-t-il plus loin en portant l’affaire en justice? À voir…

Petite leçon de calcul

Fin août, on apprenait que le groupe de private equity américain TA Associates rachetait près de la moitié du capital de Physiol, une ancienne spin-off de l’Université de Liège spécialisée dans les lentilles intraoculaires traitant la cataracte. Jolie consécration pour cette société belge innovante, fondée il y a trente ans et affichant un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’euros. Comme souvent dans ces cas-là, ni TA ni Physiol n’ont dévoilé le prix de la transaction. Seulement voilà, votre quotidien favori a entre-temps découvert que les deux groupes d’actionnaires de Physiol, les Belges et TA, ont fait remonter leurs participations dans un holding de création récente. Ils ont dû préciser la valeur de ces parts pour les enregistrer en augmentation de capital de ce holding baptisé Willow Forest International. Du coup, on sait combien de pourcent a souscrit TA Associates dans Physiol et à quel prix. Les réponses: le fonds américain a pris 48,75% de la (grosse) PME wallonne pour 38,9 millions d’euros. Physiol vaut donc dans les 80 millions, soit un peu moins de sept fois le bénéfice opérationnel (12,7 millions). De quoi nous en mettre plein la vue – normal, pour un spécialiste de l’œil.

Surprise allemande

Dire que le show d’ouverture de Mercedes-Benz au Salon de Francfort lundi était grandiose est une litote tant les grands constructeurs allemands ont à cœur d’en mettre plein la vue. Mais alors que Volkswagen et Audi dévoilaient de tout nouveaux modèles, le patron de Daimler, Dieter Zetsche, a détonné.

Entre les réflexions sur l’avenir de l’industrie automobile et la présentation d’un modèle futuriste, le patron a longuement évoqué la crise des migrants. Expliquant clairement qu’il fallait aider et accueillir ces personnes, il a retoqué les arguments de ceux qui pensent que les migrants constituent un danger. Il a même estimé que les centaines de milliers de migrants pourraient "être à la base du prochain miracle économique allemand, tout comme les millions d’ouvriers accueillis dans les années 50 et 60 l’ont été à l’époque".

Il a rappelé qu’un quart des compagnies américaines avec la plus forte croissance avaient été créées par des immigrants. "Selon les dernières études, il reste au moins 40.000 contrats d’apprentissage disponibles chez Mercedes."

"Celui qui connaît le passé n’est pas autorisé à rejeter les migrants", a-t-il conclu.

Quelque peu stupéfaites, les équipes de Daimler se posaient visiblement des questions sur la portée d’un discours politique auquel elles ne sont pas habituées. Elles auront été rassurées, leur big boss ayant été chaleureusement applaudi…

My english is…

Voilà une institution financière belge qui fonctionne bien, très bien même… Le Forum financier belge accueillait lundi dernier, pour une conférence, Claudio Borio, qui fait office de chef économiste à la Banque des Règlements internationaux à Bâle. Sujet du jour: les défis de l’économie globale. Gros succès de foule puisque 300 personnes avaient répondu à l’invitation. C’est en 1992 que le Forum a été constitué à l’initiative de personnalités du monde financier et universitaire et sous l’impulsion, en particulier, de la Banque nationale de Belgique (BNB) et de ce qui était encore à l’époque l’Association belge des banques (devenue Febelfin). Lundi, c’est le président du Forum, Jean Hilgers, par ailleurs directeur de la BNB, qui a présenté l’orateur du jour dans un très bel anglais. D’ailleurs, toutes les conférences à Bruxelles se font dans la langue de Shakespeare. Histoire d’attirer les nombreux acteurs internationaux présents dans la capitale, dont les "think tanks", lobbys et représentants de la Commission européenne. Finement joué car cela marche. Alors, ne dites plus Forum financier belge, mais Belgian Financial Forum. Ou BFF pour les intimes…

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