Les coulisses de la rédaction

Quand des excellences libérales et socialistes déjeunent ensemble/ Histoires de cercles et de ronds-points/L'arroseur arrosé ou quand la SNCB ne paie pas ses amendes/Un guide peut en cacher un autre/ Impression un peu précipitée/Gardien des traditions/

Au resto, MR et PS se retrouvent… Tiens, il fallait être du côté de la rue de Namur à Bruxelles, mercredi midi, pour assister à un sommet (informel) libéralo-socialiste comme on n’en voit plus beaucoup ces derniers temps. Il y avait là, attablées au "Passatempo", deux excellences MR et PS qui, sans doute, doivent se dire que c’était pas plus mal quand ces deux partis faisaient les 400 coups gouvernementaux ensemble… Allez, on ne vous fait pas languir. En face de Didier Reynders, rien que ça, il y avait Jean-Pascal Labille, rien que ça. Le vice-Premier ministre MR et l’ex-ministre socialiste étaient chacun accompagnés par leur plus fidèle lieutenant: Jean-Claude "Fonfon" Fontinoy pour Didier Reynders et Laurent Levêque, l’ex-dircab de Paul Magnette et big boss du CHU de Charleroi, pour Jean-Pascal Labille. Bref, du lourd. Et c’est Pino, le volubile chef italien, qui a régalé tout ce beau monde.

On ne sait pas si Jean-Pascal Labille, à la tête de Solidaris, a évoqué/négocié avec le libéral une éventuelle montée au gouvernement. Affaire à suivre… Rayon resto – ceci n’est pas un guide gastronomique, quoique… – on a aperçu un autre vice-Premier ministre faire bombance. Le N-VA Jan Jambon était à la brasserie de la Villa Lorraine, lundi soir, attablé, en grande conversation avec… John-Alexander Bogaerts. Le patron du "B19" venait prolonger la conférence que le ministre de l’Intérieur venait de donner dans son business club. C’est clair que si l’étoile du Cercle de Lorraine devait encore pâlir, les stars de la politique pourraient de plus en plus souvent trouver le chemin d’Uccle pour livrer leur message. Bon appétit…

Le monde est petit… Pour fêter ses 140 ans, le vénérable Office des Propriétaires organisait l’autre soir un pince-fesses avec le gratin de l’immobilier au Cercle de Lorraine. Et qui jouait les maîtres de cérémonie? Stéphan Jourdain en personne qui, rapporte un témoin, paradait comme en ses plus beaux jours, serrant la pince à chaque invité. Au point que certains se demandaient s’il fêtait là un double come-back: celui de son retour (provisoire) à la tête du Cercle et/ou celui de son retour aux commandes de l’Office des Propriétaires dont il fut le patron dans une autre vie. Il n’en est évidemment rien puisque l’OP a été récemment racheté par l’homme d’affaires Guillaume Pinte à… Jean-Paul van der Rest, beau-frère de Stéphan Jourdain et un des "putschistes" qui ont fait trembler le prestigieux cercle ces dernières semaines. Décidément, le monde est petit…

"6 ans pour le Tunnel sous la Manche. Déjà 8 ans de chaos Rond Point Schuman pour un tunnel de 1200 mètres #Belgitude #Bxlpasbelle"
Tweet de Jean Quatremer
Libération

Un peu d’énervement à Schuman. On l’a senti un peu énervé, Jean Quatremer, le correspondant européen de "Libération", basé à Bruxelles. Mercredi, il a diffusé le tweet suivant: "6 ans pour le Tunnel sous la Manche. Déjà 8 ans de chaos Rond Point Schuman pour un tunnel de 1200 mètres #Belgitude #Bxlpasbelle". Le journaliste français ne manque jamais d’égratigner notre capitale. Il se demande d’ailleurs toujours comment Dick Annegarn a bien pu chanter au milieu des années 70 "Bruxelles ma belle". Avouons-le, Jean Quatremer met souvent le doigt là où cela fait mal… En réponse à son intervention sur le tunnel Schuman, quelqu’un a alors posé la question relative aux responsabilités d’une telle situation: "L’illustration d’un manque de volonté politique des ministres bruxellois ou lâcheté tout simplement, n’est-ce pas @SmetPascal?"

Interpellé, Pascal Smet, le ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux Publics, n’a pas tardé à répondre sur Twitter: "C’est juste. C’est pourquoi j’ai pris le dossier en main pour offrir rapidement à Schuman une place qualitative". C’est ce grand Européen qu’était Robert Schuman qui doit être flatté par cette place "qualitative"…

Les amendes non payées de la SNCB. C’est une histoire abracadabrantesque (comme dirait l’autre) qui se passe chez les cheminots de la SNCB à Tournai. Les agents d’entretien de l’opérateur ferroviaire sont privés de voiture et sont handicapés dans leur mission parce qu’ils n’ont plus de véhicules pour se rendre sur les chantiers. Et pour cause. Les voitures qu’ils utilisent ont été saisies par la douane pour non-paiement d’amendes liées à des infractions de roulage commises par des cheminots. Au total, la facture s’élève à un montant de 700 euros et quatre voitures ont été immobilisées par les douaniers à Ath. Selon nos informations, la facture aurait été régularisée, mais impossible pour les agents de récupérer les véhicules. L’entreprise ferroviaire aurait oublié de payer les frais de dépannage. Résultat, les agents n’ont toujours pas de "matériel roulant" pour réaliser les entretiens dans les gares, si ce n’est s’y rendre à pied.

Le vrai guide des marchés. Chez JPMorgan Asset Management, un "selfie", vous savez ces portraits de soi-même pris avec un portable, circule dans tous les e-mails internes. Récemment, un des gestionnaires de fonds de la firme d’investissement s’est retrouvé assis à côté de Ben Bernanke, dans un avion survolant les Etats-Unis. Le gestionnaire a voulu montrer à l’ancien président de la Réserve fédérale américaine le guide que sa société publie chaque trimestre à l’intention de ses investisseurs, intitulé "Guide to the markets".

Ben Bernanke n’a pas paru étonné, et a répliqué que c’est lui qui était le "Guide of the markets". Et il s’est gracieusement prêté à l’exercice du selfie à la demande du gestionnaire. Un selfie qui fait désormais le tour de JPMorgan.

Une cravate pour les geeks. Pour réussir, la cravate est-elle toujours nécessaire? C’est ce qu’ont dû se demander les jeunes membres de l’Ecofin Young Club, le cercle d’affaires qui cible les 18/30 ans. Le cercle tient ses réunions au Cercle Royal Gaulois, Artistique et Littéraire. Or, au sein de ce dernier, la cravate reste très vivement recommandée, pour ne pas dire obligatoire. Pour les distraits, un petit stock de cravates est même à disposition au vestiaire du cercle! Pas de quoi troubler des jeunes entrepreneurs comme Maxime Dupont (Spotlinks), Marc Jacobs (M4ke.It) ou Zeki Sever, le CEO belge de PeepMe, dont le siège est à New York. Pour un jour, ces geeks avaient donc troqué leurs vêtements relax pour un "costume cravate", bon chic bon genre. Pour la petite histoire, ils étaient d’ailleurs plutôt honorés de prendre la parole, sous le portrait de nos rois, dans un cercle au passé prestigieux. Allez, voilà des petits jeunes à suivre. Avec ou sans cravate…

Quand une page sur deux s’égare. Le bras de fer continue entre la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) et les parlementaires de l’opposition concernant l’accès à une série de documents. Mercredi, alors que l’on discutait en commission de l’économie du plan de délestage, la ministre avait transmis l’arrêté royal le concernant, mais sans l’avis de la Creg et du Conseil d’État sur cet arrêté. Elle n’avait pas non plus communiqué aux parlementaires l’arrêté ministériel, qui est toujours pour avis au Conseil d’État. Des documents que les parlementaires ont réclamés, et que la ministre a finalement accepté de leur faire parvenir durant la pause de midi. Il s’est toutefois avéré que pour l’avis de la Creg, seules les pages impaires avaient été envoyées. Un scanning un peu précipité, sans doute.

Le bruit qui dérange. La déception commence à poindre le bout de son nez dans les rangs des Bruxellois, victimes du bruit des avions liés au survol de la ville. D’aucuns ciblent le MR qui n’aurait pas réussi à réduire significativement l’impact des nuisances sonores pour les habitants de la capitale. Avec la menace de faire payer le parti libéral aux prochaines élections communales de 2018. Dans un échange de mails très explicite, des responsables d’associations de défense des victimes du bruit des avions ont été très clairs. "Si le MR, qui est le seul parti francophone de la majorité fédérale, joue la montre (…), je ne paierai pas cher des voix MR dans les quartiers de l’est et du sud de Bruxelles, ou du Canal. Nous pourrions par exemple faire front lors des prochaines élections avec un slogan ‘Pour l’avenir de Bruxelles, tout sauf le MR’", a récemment écrit Antoine Wilhelmi, porte-parole de l’association "Pas Question", à Jean-Noël Lebrun, responsable d’une autre association. Il indique que si le MR, par la voix de la ministre libérale Jacqueline Galant, ne prend pas de mesures structurelles, les associations empêcheront le parti de percer à Bruxelles lors des élections, en lui barrant la route avec le soutien des autres partis (PS, cdH, Ecolo, FDF).

Les principales demandes des riverains visent notamment l’allongement immédiat de la nuit de 22h à 7h (au lieu de 23h à 6h actuellement) et l’adoption d’un plan de suppression des vols de nuit avant le 13 juin 2016.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés