Les coulisses de la rédaction

©Nicolas Vadot

Quand un ministre ucclois retrouve tout son mordant/Un responsable wallon titillé dans son orgueil/Un patron SBF… ou sans bureau fixe/Une convention dans la Ville Lumière/Grand saut virtuel pour une CEO qui a les pieds sur terre/Le brainstorming des patrons des cercles d'affaires

Didier Reynders, les Ucclois et Knokke-le-Zoute.

Ne dit-on pas que les plus courtes sont les meilleures? Celle-ci a été lâchée par le vice-Premier ministre Didier Reynders en personne à la faveur d’un petit caucus ministériel cette semaine. Le matin même dans la presse, le comte Léopold Lippens a ouvert les vannes et déversé son fiel sur les réfugiés qui pourraient venir perturber la vie si tranquille de Knokke. Et voilà donc le libéral qui met son grain de sel, devant son collègue Jan Jambon entre autres. "Bon, on doit donc s’apprêter à avoir de nouveaux des ennuis et des plaintes avec les riverains ucclois", lâche Reynders, lui-même — est-il besoin de le rappeler —, résident d’Uccle. Froncements de sourcils des quelques éminences qui ne voient pas bien où Reynders veut en venir. "Eh oui", embraye-t-il, "s’ils ne vont plus à Knokke en été à cause des réfugiés, ils resteront à Uccle. Du coup, ils vont à nouveau se plaindre des avions"… Qui avait dit que le cynisme du libéral s’était émoussé ces derniers temps?

Tous chez Lidl?

Mardi, la chaîne de hard discount Lidl posait en grande pompe la première pierre de son nouveau centre logistique à Marche-en-Famenne. Du bien beau monde pour pareil événement puisque le Premier ministre Charles Michel en personne, flanqué de Willy Borsus, le ministre fédéral des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, avaient honoré l’événement de leur présence. La participation annoncée des deux excellences MR dans l’invitation à la presse a visiblement titillé l’orgueil du ministre wallon de l’Economie, le PS Jean-Claude Marcourt. Retenu au Parlement, le n°2 du gouvernement wallon s’est fendu la veille d’un communiqué rappelant son implication dans un dossier qu’il porte, dit-il, depuis trois ans. Résultat: des articles dans la presse. Visiblement, le Liégeois aurait bien aimé se glisser sur la photo immortalisant l’événement…

"S’ils ne vont plus à Knokke en été à cause des réfugiés, ils resteront à Uccle. Du coup, ils vont à nouveau se plaindre des avions…" didier reynders

Le patron d’Electrabel bientôt sans bureau.

De gros changements se préparent à la tour Engie, à Bruxelles. Le groupe va progressivement supprimer les bureaux attribués au profit d’espaces de travail flexibles. Et Philippe Van Troeye, le patron d’Electrabel, qui est aussi depuis le 1er janvier le CEO d’Engie Benelux, a décidé de montrer l’exemple. Dès ce 1er mars, il va donc faire partie des premiers "sans bureau fixe" dans l’entreprise. Un choix plutôt spectaculaire, même s’il passe près de 80% de son temps en réunion. Etienne Davignon et Jean-Pierre Hansen, qui occupent toujours des bureaux dans la tour Engie, dans lesquels il flotte parfois une odeur de pipe ou de cigare, raconte-t-on, devraient, eux, être épargnés par le grand chambardement. C’est qu’ils sont là à titre de conseillers spéciaux du président Gérard Mestrallet, et pas en tant que membres du personnel d’Electrabel, nous explique-t-on.

Paris payera la note.

Paris vaut-il une (grand-)messe? Comme Henry IV en son temps, les 240 personnes qui travaillent chez Laborelec, le centre de recherche belge du géant français Engie, se posent aujourd’hui la question. Alors que le groupe Engie a réalisé l’an dernier une perte de 4,6 milliards d’euros, les collaborateurs de Laborelec se voient tous priés de s’inscrire pour participer à une convention "recherche et technologie" qui se tiendra la semaine prochaine à Paris. L’opération comprendra le déplacement de tout ce beau monde en Thalys et leur logement une nuit à l’hôtel dans la Ville Lumière. À vue de nez, cette petite équipée aux allures de "team building" coûtera plusieurs centaines de milliers d’euros, frais de parking à la gare du Midi inclus. Etonnant, alors que la direction d’Engie vient d’annoncer que les "achats, voyages et frais généraux" seront désormais "passés au crible"… Chez Laborelec, beaucoup se demandent à quoi tout cela rime. Seule consolation (si l’on peut dire): à défaut de payer d’exemple, Paris payera la note…

©Nicolas Vadot

Le grand saut…

Dominique Leroy aurait-elle froid aux yeux? Lors de l’annonce à la presse des résultats 2015, la CEO de Proximus s’est laissé aller vendredi à une confidence sur l’expérience qu’elle a faite, récemment, en chaussant des lunettes de réalité virtuelle. Le programme 3D qui se présentait à elle était un saut à ski. Parvenue en haut du tremplin, elle a été saisie par le caractère hyperréaliste des images.

"C’était très impressionnant, a-t-elle déclaré. Le tremplin était énorme. Je n’ai pas osé sauter et j’ai ôté les lunettes." Un témoignage dont on saluera la franchise, mais qui laisse perplexe car juste après, Dominique Leroy a ajouté: "Si vous caressez des rêves fous, vous pouvez les vivre désormais via la ‘virtual reality’. " On en conclura que le saut à ski ne faisait donc pas partie de ses propres rêves. Au fond, pour l’Etat actionnaire, c’est une info rassurante: la CEO de l’entreprise semi-publique a bien les pieds sur terre… et entend les y garder.

United Business Clubs…

Tous les patrons (ou presque) des grands cercles d’affaires (B19, Cercle de Lorraine, Cercle de Wallonie…) réunis en un seul lieu. Cela se passe chaque année au printemps au Cercle du Lac à Louvain-la-Neuve. L’occasion pour tout ce petit monde d’échanger des idées, un verre à la main. L’an dernier, on y avait parlé abondamment de la sécurité lors des conférences. Il faut dire que Charles Michel avait subi un "attentat à la frite/mayo" au Cercle de Wallonie. Pour la petite histoire, le club flamand "De Warande" avait même été invité aux discussions, mais n’a pas envoyé de réponse à une missive pourtant rédigée en néerlandais. Nul ne sait de quoi discuteront les patrons de cercle cette année… puisqu’il n’y a pas d’ordre du jour. L’an dernier, les divers responsables avaient aussi évoqué une coopération entre cercles pour la venue d’orateurs étrangers de grand format. Et dire que l’on pensait que ces cercles d’affaires se livraient à une concurrence impitoyable entre eux…

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