Les coulisses

©Nicolas Vadot

Reconversion florale pour une ex-Belgacom/Petit coup de sang syndical sur le réseau Twitter/Le truc de la Banque nationale pour respecter les horaires/La curieuse logique de la SNCB/Rencontre entre Paris et Bruxelles/Le retour du jeune génie belge qui a séduit le grand Microsoft

Dites-le avec des fleurs. On ne fera pas l’injure à nos lecteurs de leur rappeler que ce samedi, c’est la Saint-Valentin. Et qu’un beau bouquet de roses reste un moyen infaillible pour réaffirmer leur amour à leur dulcinée. Et pourquoi pas celles de l’enseigne Rosa Più ("plus que des roses") qui vend des roses "éternelles", qui conservent leur éclat naturel au moins trois années durant. L’autre jour, sa fondatrice en faisait l’article à Thomas Van Hamme sur les antennes de Bel RTL. Celle-ci n’est pas une inconnue puisqu’il s’agit de Concetta Spitaleri, mieux connue sous le nom de Concetta Fagard-Spitaleri. Mais oui, c’est bien de l’ex-bras droit de Didier Bellens, l’ancien patron de Belgacom, (pardon, Proximus) dont il s’agit. Celle qui a joué un rôle central dans la célèbre affaire Bellens avant de quitter la société pour une sombre affaire de harcèlement semble avoir parfaitement réussi sa reconversion professionnelle. Ses roses "haut de gamme" (en fonction de la taille, de 15 à 25 euros l’unité tout de même…) importées d’Equateur sont aujourd’hui vendues dans cinq boutiques en Belgique, dont une à sa propre enseigne dans la très chic commune de Lasne, ainsi que sur internet aux Etats-Unis et au Moyen Orient où elles seraient très prisées. Comme quoi, Belgacom, c’est comme les études de droit: cela mène à tout à condition d’en sortir.

Énervement syndical. Lundi soir alors que syndicats et direction de Delhaize mettaient la dernière main au texte mettant fin au conflit social chez le distributeur au lion, les premières fuites sur un protocole d’accord se sont rapidement répandues sur Twitter puis sur les sites web des médias, ce qui a eu le don d’énerver Myriam Delmée, la vice-présidente du Setca. "J’adore les journalistes qui annoncent des accords alors que les réunions sont toujours en cours. C’est plus que du scoop!" a-t-elle tweeté. Pourtant, ledit protocole allait être bien signé peu avant minuit. Allez, on mettra ce coup de sang sur le compte du stress inhérent à pareils palabres…

Pas de quart d’heure académique à la BNB. Certains journalistes ont la fâcheuse habitude d’arriver systématiquement en retard aux conférences de presse. La Banque nationale de Belgique (BNB) semble avoir trouvé une parade efficace pour contrer cette mauvaise habitude. Les conférences de presse de la Banque ont lieu au quatrième étage dans une grande salle barricadée par une double porte. Une longue table ovale offre environ 35 places assises équipées d’un casque avec traduction simultanée et d’un écran pour visionner les "Powerpoint". Or l’expérience montre que le nombre de places est insuffisant. Cela s’est à nouveau vérifié lors de la présentation du rapport annuel de la BNB, mardi dernier. Pour espérer une place assise, il faut arriver à l’avance. À moins d’accepter de suivre la présentation sur un petit strapontin dans un coin de la salle. Résultat: 5 minutes avant le début de la conférence de presse, tout le monde est déjà là, pratiquement au garde-à-vous. Le gouverneur peut alors tranquillement entrer dans la salle de presse à l’heure H, passer en revue les journalistes présents et zapper le quart d’heure académique.

Les voies (et la voix) de la SNCB seraient-elles impénétrables? Jeudi matin, huit heures quarante-cinq, gare de Gembloux: dans le haut-parleur, une voix chaude rappelle pour la énième fois aux voyageurs qu’en raison du Sommet européen, personne ne pourra embarquer ou débarquer aujourd’hui en gare de Bruxelles Schuman de 9h30 à 22h. La veille, le même message avait déjà été diffusé en boucle. Les passagers s’apprêtent donc à "zapper" la gare de Schuman en se frottant, mentalement, les mains: les perspectives d’arriver à l’heure à destination se renforcent puisque le train gagnera forcément du temps en ne s’arrêtant pas entre Bruxelles Luxembourg et Bruxelles Nord. Logique… Sauf qu’à la SNCB, il n’y a plus grand-chose de logique. Quelques dizaines de minutes plus tard, à neuf heures quarante-cinq précisément, le train entre en gare de Schuman et s’arrête! Les portes des voitures s’ouvrent: des voyageurs descendent. À l’intérieur des wagons, les autres passagers se regardent, perplexes. À quoi bon tout cet effort de cette communication si, au final, la compagnie n’en fait quand même qu’à sa tête? En vérifiant ensuite sur l’agence Belga, on constatera que le message qu’y avait diffusé la SNCB différait quelque peu: le début de l’opération "Schuman closed" y était annoncé à 10h et non pas 9H30… N’empêche, les voyageurs de la ligne Bruxelles-Namur y ont perdu leur latin. "Tempus fugit"… Ou bien faut-il en conclure que la perception du temps est différente d’une station à l’autre?

Gare aux voisins dans le Thalys. Décidément, quand on voyage en Thalys, surtout en première classe, mieux vaut jouer la discrétion. Pas seulement parce que les documents examinés ou les conversations peuvent être captés par des concurrents. Aussi parce qu’on peut tomber sur le duo d’humoristes français Eric et Ramzy. Qui, entre deux joutes verbales sur leur prochain scénario, évoquent les plantureux bénéfices d’Apple. Puis, l’œil en coin sur les résultats de Total sur lesquels vous êtes en train de plancher, vous prennent gentiment à partie. "Apple, encore, ce n’est rien à côté de Total! Oh, pardon Madame, excusez-nous!"

Une même allure d’étudiant. Il y a un an, "L’Echo" réalisait l’interview de Jeremy Le Van, co-fondateur belge de Sunrise, depuis New York, via Skype. Ce vendredi 13 février, dans les locaux de la rédaction, le tout jeune millionnaire arbore la même veste kaki, le même sourire timide et la même allure d’étudiant. Il ne réalise pas encore très bien pourquoi son visage se retrouve en manchette d’une brassée de quotidiens belges et de sites d’informations. "C’est plutôt inattendu", reconnaît-il. "Ce retour en Belgique était planifié depuis un petit temps pour mon anniversaire, le reste n’était pas prévu". À 31 ans, Jeremy Le Van a vendu il y a trois jours à Microsoft la start-up qu’il a fondée il y a tout juste deux ans pour un prix d’environ 100 millions de dollars. "Sunrise est née à Uccle, près du parc de Wolvendael, dans un appart loué à une copine. On avait présenté notre projet au Betagroup et personne n’avait l’air d’y croire. L’intérêt de Microsoft représente beaucoup pour nous parce que cela valide totalement notre projet. On n’était pas complètement fou de penser qu’il y avait un marché", déclare-t-il un brin soulagé. L’idée de génie de Jeremy Le Van et de son acolyte français Pierre Valade, rencontré chez Foursquare où ils travaillaient tous les deux, c’est d’avoir créé un agenda électronique intelligent et connecté, capable notamment de fournir des informations sur les personnes que nous rencontrons quotidiennement. "Jusqu’à présent, les applications de type calendrier étaient terriblement isolées, il n’y avait aucune évolution depuis plusieurs années. Nous sommes partis du zéro et nous avons totalement repensé l’agenda", explique encore le Bruxellois, qui se souvient y avoir pensé pour la première fois lors d’un trajet en taxi. Comme quoi, les idées originales tiennent parfois à de simples détails de la vie quotidienne.

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